Tumeurs cérébrales


Rédigé par Charline D., publié le 12 octobre 2017 et mis à jour le 10 janvier 2022

irm du cerveau

Les tumeurs cérébrales désignent l’ensemble des masses cancéreuses qui se développent dans le crâne. Elles peuvent se nicher dans n’importe quelle zone du cerveau que ce soient les hémisphères cérébraux, le cervelet ou l’hypophyse. Les tumeurs cérébrales rassemblent une grande variété de cancers avec près de 140 types de tumeurs différentes. Chacune portant un nom en rapport avec le type de cellule atteint. Le diagnostic est clinique puis confirmé par divers examens neurologiques, une IRM et un examen anatomopathologique. La prise en charge repose sur la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie.

Définition et symptômes

Qu’est-ce qu’une tumeur cérébrale ?

Le cerveau renferme 85 milliards de cellules de différents types :

  1. Les neurones: qui assurent les fonctions de création, de réceptions et de transmissions de l’information et des sensations. Ils constituent « la matière grise », centre de toutes les aptitudes cognitives humaines ;
  2. Les cellules gliales: qui sont un ensemble de cellules qui viennent soutenir les neurones. Elles jouent majoritairement un rôle de protection et de nutrition. Les cellules gliales sont essentielles aux phénomènes d’apprentissage ainsi qu’à la plasticité neuronale (réarrangement du réseau neuronal en fonction des besoins). Les cellules gliales les plus répandues étant les astrocytes et les oligodendrocytes.

Les tumeurs cérébrales naissent à partir de cellules du cerveau. Elles peuvent être bénignes ou malignes. Il en existe de très nombreuses mais certaines sont plus fréquentes que d’autres :

– Les gliomes

Il s’agit de la forme la plus répandue de tumeur cérébrale. Elle se développe à partir des cellules gliales (astrocytes et oligodendrocytes). Ces tumeurs possèdent plusieurs grades de sévérité. Les gliomes de grade I sont des tumeurs bénignes souvent retrouvées chez l’enfant. Les grades II sont considérés comme des formes précancéreuses et c’est à partir du grade 3 que l’on parle de cancer glial.

– Le glioblastome

Les glioblastomes sont des tumeurs astrocytaires malignes de grade IV. C’est la forme de gliome la plus répandue et représente près de 20 % des cas de tumeurs cérébrales.

monsieur âgé qui a mal à la tête

C’est une des formes les plus agressives de tumeurs cérébrales. En effet, le glioblastome est un cancer d’évolution très rapide (2 à 3 mois) et dont la survie est estimée à quelques mois. Ce mauvais pronostic s’explique par le fait que cette tumeur atteint très vite une taille importante (> 4cm) et qu’elle s’infiltre dans le cerveau. Il est par conséquent difficile ou impossible de pratiquer une ablation complète de la tumeur sans créer trop de dommage au tissu cérébral.

– Les méningiomes

Ce sont des tumeurs se développant à partir des cellules des méninges. Ils représentent environ 30 % des tumeurs cérébrales. Dans une grande majorité de cas, les méningiomes sont des tumeurs bénignes en périphérie du cerveau et sans aucun caractère cancéreux. Les femmes sont plus touchées que les hommes pour cette affection. Enfin, la prise en charge consiste le plus souvent en une surveillance simple afin d’observer une éventuelle évolution.

– Les médulloblastomes

C’est la tumeur du cerveau la plus fréquente chez l’enfant. Elle touche le cervelet, une partie du cerveau qui est le centre de la coordination et du contrôle de la motricité.

– Les neurinomes

Ils correspondent à des tumeurs bénignes provenant d’une anomalie des cellules de Schwann. Ces cellules sont impliquées dans la formation de la gaine de myéline autour des nerfs.

À savoir ! La myéline est une gaine permettant l’accélération du message nerveux. Un nerf amyélinique conduit le message à environ 7 km/h tandis qu’un nerf possédant une gaine de myéline conduit l’influx à 432 km/h !

– L’adénome hypophysaire

C’est une tumeur maligne de l’hypophyse. Cette structure particulière du cerveau est une glande régulant quasiment l’ensemble des sécrétions hormonales du corps. Il est le plus souvent diagnostiqué à la suite de troubles hormonaux comme un hypercorticisme (hyper sécrétion de cortisone).

Les dernières données de l’InVS (Institut National de Veille Sanitaire) datant de 2018 concernant les tumeurs cérébrales malignes sont :

Nombre de casDécès
Femmes25891775
Hommes32972353
TOTAL54273232

 

Les hommes sont plus affectés (56%) que les femmes à l’exception du méningiome (tumeur des méninges). Les tumeurs cérébrales malignes représentent 2 % des cancers de l’adulte. Enfin, l’âge médian de découverte d’une tumeur du cerveau est de 63 ans pour les hommes et 67 ans pour les femmes.

Divers facteurs de risque sont connus pour favoriser la survenue de tumeurs cérébrales :

  • Facteurs liés à l’environnement (substances chimiques, polyvinyles, hydrocarbures et pesticides organochlorés);
  • Facteurs liés aux radiations. Les rayonnements ionisants reçus de la part de l’environnement ou lors d’examen d’imagerie médicale au niveau de la tête et du cou, augmentent très faiblement le risque de développer une tumeur cérébrale plusieurs années après l’exposition.
  • Facteurs liés au virus. Il a été montré que le virus du SIDA (VIH), qui affaiblit le système immunitaire, favorisait l’apparition d’un type de tumeur cérébrale : les lymphomes du cerveau.

Quels symptômes ?

Le cerveau assure ses fonctions grâce à de nombreuses zones spécialisées réparties sur toute sa surface. Les symptômes des tumeurs cérébrales dépendront donc de la localisation de la tumeur et de la/les aires cérébrales touchées. Par exemple, si une tumeur se localise dans l’aire de la vision, le cancer se traduira par des troubles visuels.

L’apparition des symptômes peut être brutale ou progressive selon la taille et la vitesse de croissance de la tumeur. Les tumeurs de petites tailles n’expriment en général aucun symptôme particulier

Il existe trois grands types de symptômes généraux :

  • Les céphalées (ou maux de tête)

L’un des symptômes les plus fréquents quel que soit le type tumoral. Elles sont causées par l’augmentation de pression à l’intérieur de la boîte crânienne et de la compression d’une ou plusieurs régions du cerveau.

Ils sont d’apparition matinale et s’accompagnent souvent de nausées et de vomissement.

  • Les crises d’épilepsie

La croissance tumorale peut perturber le fonctionnement des neurones et ainsi engendrer des crises d’épilepsie. Lors des crises, des groupes de neurones produisent d’importantes « décharges électriques » qui submergent le cerveau et l’organisme d’informations incohérentes créant l’état de mal épileptique. Elles sont imprévisibles et durent en moyenne une à deux minutes.

  • Les troubles localisés

Ces troubles sont révélateurs du lobe contenant la tumeur. De plus, ils permettent aussi d’avoir une idée de l’hémisphère (droite ou gauche) touché. Le cerveau fonctionne de manière croisée, c’est-à-dire que toute atteinte du cerveau droit se répercute sur la partie gauche du corps et inversement. Lorsqu’un lobe est touché, on parle de syndrome, et plusieurs aires et fonctions cérébrales sont touchées.

  1. Atteinte frontale: lorsqu’une tumeur se développe dans le lobe frontal, cela s’exprime souvent par une altération de personnalité, un état confusionnel, une perte de l’odorat, une absence d’émotion, une impulsivité, des difficultés dans les tâches complexes ou dans la planification et une perte des barrières sociales ;
  2. Atteinte temporale: s’exprime par des anomalies de la mémoire, de l’audition et des difficultés à l’élocution ;
  3. Atteinte occipitale: donnant surtout des troubles visuels comme des hallucinations, des troubles de la vision des couleurs, etc.
  4. Atteinte pariétale: traduit par l’aphasie (difficulté dans le choix des mots), des troubles de la lecture, de l’écriture ainsi que des troubles liés à l’orientation.

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

La découverte d’une tumeur cérébrale survient habituellement après la survenue de symptômes neurologiques, comme l’exacerbation soudaine de maux de tête ou l’apparition brutale de crises d’épilepsie. Des examens complémentaires sont nécessaires :

  • Une évaluation neurologique

C’est un bilan clinique (inspection, auscultation etc.) spécifique à l’investigation des troubles neurologiques. Les différents examens permettent d’obtenir un reflet du fonctionnement cérébral.

Différents tests sont à la disposition des médecins pour stimuler des fonctions spécifiques (coordination, sensibilité, réflexe) et détecter les aires cérébrales potentiellement impactées.

  1. Un test de réflexe ;
  2. Un test de sensibilité : au chaud et au froid, le toucher, sensation de piqûre ;
  3. Un test d’équilibre et de coordination du mouvement ;
  4. Des exercices neuromusculaires : marche, préhension, mouvement des muscles du visage ;
  5. Test d’audition ;
  6. Examen des yeux et des mouvements oculaires ;
  7. Un test de langage, d’écriture, de lecture et de dessin ;
  8. Des problèmes simples : addition simple, tests de mémoire, date du jour, année en cours (repérage spatio-temporel).
  • Une Imagerie par Résonance Magnétique (IRM)

C’est l’examen de référence dans le dépistage des tumeurs cérébrales. L’IRM est une technique d’imagerie médicale utilisant des aimants très puissants à l’aide desquels on peut obtenir des images très précises du tissu cérébral.

irm du cerveau

À savoir ! L’IRM avec produit de contraste est toujours préférée au scanner pour l’observation du tissu nerveux. Le cerveau est un organe contenant beaucoup d’éléments graisseux (myéline) et entouré par la boîte crânienne osseuse, rendant le passage des rayons X du scanner difficile, entrainant donc des images de qualités moyennes. L’IRM quant à lui, utilise la résonance magnétique qui supprime toutes ces contraintes et permet des images nettes et précises du cerveau.

Le but de l’imagerie est de préciser la présence d’une masse, mais aussi d’en avoir la localisation exacte ainsi que sa taille. Cependant, une IRM ne peut pas affirmer à elle seule la nature bénigne ou maligne d’une tumeur.

  • Un examen anatomopathologique

C’est l’examen au microscope d’une pièce opératoire ou d’un prélèvement de tissu (biopsie). L’anatomopathologie est le seul examen capable d’affirmer la nature exacte, la composition et le degré d’agressivité d’une tumeur cérébrale.

Il est indispensable pour définir le stade et le grade tumoral qui permettront de choisir le meilleur traitement pour le patient.

Quel traitement ?

Selon le type de tumeur, sa gravité et sa localisation, différents traitements pourront être proposés : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Les objectifs de ces traitements étant :

  1. D’éliminer la tumeur complètement ou partiellement ;
  2. De réduire le risque de récidive ;
  3. De soulager et de prévenir les symptômes de la tumeur ;
  4. De préserver les facultés cognitives du patient.

– La chirurgie

C’est le traitement de référence.

Le but est l’exérèse (ablation) complète de la tumeur ou son ablation partielle. Le retrait complet est toujours préférable, mais il n’est pas envisageable dans le cas de tumeurs mal placées ou dans une zone vitale pour le cerveau. L’ablation partielle permet de diminuer drastiquement la taille tumorale pour réduire les symptômes comme les céphalées ou les crises d’épilepsie.

De plus, l’exérèse partielle augmente l’efficacité des autres traitements comme la radiothérapie et la chimiothérapie car, le nombre de cellules cancéreuses à détruire est plus faible.

– La radiothérapie

Le traitement par radiothérapie est l’utilisation de rayonnements ionisants de fortes énergies pour détruire des tumeurs. Elle vient souvent en support de la chirurgie, afin de supprimer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes après la chirurgie.

Les objectifs de la radiothérapie peuvent être :

  1. La destruction de la tumeur ;
  2. La réduction de la taille du cancer ;
  3. Un traitement complémentaire pour éviter les récidives.

Elle peut aussi être utilisée en tant que traitement principal d’un cancer du cerveau lorsque la tumeur n’est pas opérable. Dans ce cas, la radiothérapie sera complétée par de la chimiothérapie.

–  La chimiothérapie

La chimiothérapie comprend l’ensemble des thérapeutiques médicamenteuses agissant sur les cellules cancéreuses et ayant pour but soit de les détruire soit de limiter leurs multiplications.

La chimiothérapie est indiquée soit pour réduire la taille d’une tumeur pour augmenter la réussite d’une intervention chirurgicale, soit dans le traitement des cancers du cerveau métastatique.

De nombreux protocoles existent en fonction du type de cancer et de sa sévérité. Par exemple, une des associations d’anticancéreux utilisée dans le traitement des gliomes malins est le protocole PCV :

  1. Procarbazine : qui tue les cellules cancéreuses en se liant à leur ADN pour les empêcher de se multiplier ;
  2. Lomustine : est une molécule se liant à l’ADN cancéreux d’une autre manière que la Procarbazine ;
  3. Vincristine : qui empêche à la cellule cancéreuse de former son fuseau de division.

À savoir ! Les anticancéreux cytotoxiques sont associés afin de tenter de détruire les tumeurs par différents mécanismes et diminuer les phénomènes de résistance à la chimiothérapie.

Publié le 12 octobre 2017 par Jean C., Pharmacien. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie le 10 janvier 2022.

Sources
– Tumeurs du cerveau : points clés. www.e-cancer.fr. Consulté le 10 janvier 2022.
– Tumeur du cerveau. gustaveroussy.fr. Consulté le 10 janvier 2022.
– Tumeurs du cerveau. ffn-neurologie.fr. Consulté le 10 janvier 2022.
– Les cancers du cerveau. fondation-arc.org. Consulté le 10 janvier 2022.
– Infocancer. lien.source.fr. Consulté le 10 janvier 2022.