Maladie de Bouveret

mai 2021 par

maladie de Bouveret

La maladie de Bouveret correspond à un trouble du rythme cardiaque. Elle survient par crise, et se traduit par une accélération anormale des battements du cœur. Une crise peut durer quelques minutes à plusieurs jours. Cette maladie génère des angoisses, des palpitations, des douleurs dans la poitrine, parfois des syncopes. Après la crise, le patient est extrêmement fatigué et urine beaucoup. Le diagnostic est clinique, et la mise en place d’un traitement médicamenteux est indispensable.

Définition et symptômes de la maladie de Bouveret

À propos du cœur

symptômes de la maladie de BouveretLe cœur est un muscle composé de diverses cellules, dont certaines sont spécifiques : les cardiomyocytes. Ces cellules ont la spécificité de pouvoir se contracter comme une cellule musculaire, tout en conduisant l’électricité permettant de déclencher une contraction. Un cœur pèse environ 300 grammes chez un adulte, et pourtant, il consomme à lui seul 10% de l’oxygène nécessaire à notre corps. Le myocarde est un muscle creux, pas plus gros qu’un poing. Il est recouvert de 2 membranes protectrices : l’endocarde, la plus interne, et l’épicarde, la plus externe.

Le cœur est constitué de 4 cavités qui fonctionnent en binôme. On différencie alors le cœur droit et le cœur gauche. Chaque binôme est composé d’une première cavité, appelée l’oreillette, qui réceptionne le sang puis se contracte pour se vider dans la seconde cavité : le ventricule. Cette dernière cavité est plus volumineuse et éjecte le sang dans une artère après sa contraction. A noter que chaque compartiment est séparé par des valves, ceux sont les valves cardiaques. Elles assurent une circulation sanguine à sens unique.

La circulation sanguine générale est donc garantie grâce à la bonne synchronisation des différentes contractions au niveau du cœur. Ces contractions musculaires indispensables à l’activité du cœur sont coordonnées par diverses fibres nerveuses présentes dans les parois de l’organe. Leur activité est contrôlée par le système nerveux central, cependant leur fonctionnement est relativement autonome.

Chaque battement du cœur est assuré par une impulsion électrique, on parle d’« onde ».

Le sang pauvre en oxygène arrive au niveau de l’oreillette droite, qui l’envoie dans le ventricule droit. Ce dernier propulse le sang dans l’artère pulmonaire en direction des poumons de manière à l’oxygéner. C’est au niveau de l’oreillette droite qu’est localisé le signal nerveux à l’origine des impulsions électriques permettant d’assurer une contraction régulière du cœur.

Le cœur gauche permet quant à lui de fournir le sang oxygéné, arrivant au niveau de l’oreillette gauche après un passage dans les poumons, dans tout l’organisme via l’aorte.

Qu’est-ce que la maladie de Bouveret ?

La maladie de Bouveret est une anomalie du rythme cardiaque, et plus précisément une tachycardie.

On parle de tachycardie, lorsque le cœur bat trop vite. Effectivement, un cœur en bonne santé bat normalement entre 50 et 80 fois par minute.

A noter ! Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine d’une accélération temporaire et bénigne du rythme cardiaque, par exemple, l’exercice physique, le stress ou encore la peur.

Une tachycardie est diagnostiquée lorsque le rythme cardiaque dépasse 100 battements par minute. Il peut parfois même aller jusqu’à 200 battements par minute.

La maladie de Bouveret, aussi nommée tachycardie supraventriculaire paroxystique, est l’une des formes de tachycardie supraventriculaire les plus répandues.

Dans cette maladie, l’épisode de tachycardie est lié à un court-circuit au niveau du nœud auriculo-ventriculaire (signal électrique synchronisant la contraction auriculaire avec la contraction ventriculaire). Ce dernier se déclenche de manière ponctuelle, sans cause particulière, ou parfois suite à une émotion.

La maladie de Bouveret affecte des personnes jeunes, avec cardiopathie, ou parfois, sans pathologie sous-jacente. Elle tend à disparaître une fois la cinquantaine passée.

Quels symptômes ?

La maladie de Bouveret, bien que désagréable, ne met généralement pas la vie du patient en danger. Les crises de tachycardie surviennent brutalement. Il n’existe pas vraiment de facteur déclenchant. Elles se manifestent par des palpitations, des douleurs dans la poitrine et une angoisse.

Une tachycardie peut parfois provoquer des vertiges, des étourdissements, voire une syncope.
La crise prend fin tout aussi brutalement qu’elle débute.
Lorsque la crise est terminée, le patient ressent un apaisement instantané. Puis la fatigue et les envies d’uriner surviennent.

Diagnostic et traitement de la maladie de Bouveret

Quel diagnostic ?

traitement de la maladie de BouveretLe diagnostic de la maladie de Bouveret est clinique. Il repose sur la présence des symptômes caractéristiques de l’affection.

La réalisation d’un électrocardiogramme (ECG) permet de confirmer le diagnostic. A noter que cet examen doit bien évidemment être réalisé lors d’une crise pour détecter la tachycardie.

Un électrocardiogramme est le terme pour désigner la représentation graphique de l’activité électrique cardiaque. Elle se présente sous la forme d’un tracé papier. Cet examen est indolore et sans danger. Il permet de mettre en évidence une tachycardie régulière et caractéristique de la maladie de Bouveret.

A noter ! Il est possible de réaliser une mesure de l’activité cardiaque sur plusieurs jours. Il existe, en effet, un dispositif portable miniature appelé « le holter ». Il permet de détecter les anomalies qui ne se seraient pas produites à l’occasion d’une consultation.

Quel traitement ?

Dès le diagnostic établi, et lorsque les crises sont fréquentes et gênantes pour le patient, un traitement médicamenteux est mis en place. En effet, si les crises sont rares et courtes, aucune prise en charge n’est nécessaire, la maladie guérira alors spontanément.

En milieu hospitalier, l’administration d’adénosine triphosphate (ATP ou Striadyne) par voie IV permet de mettre fin à la crise.

Dans un premier temps, la prise en charge de la maladie de Bouveret a pour objectif de soulager la crise en utilisant des exercices respiratoires ou de déglutition, la compression pendant quelques secondes des globes oculaires, la provocation du reflexe nauséeux ou le massage de l’artère carotide. A charge du patient de trouver les gestes qui le soulage.

Pendant une crise, il est également conseillé au patient de boire de l’eau fraîche. Idéalement, il faut utiliser des glaçons à laisser fondre quelques minutes avant de consommer la boisson.

En seconde ligne, divers médicaments peuvent être prescrits :

  • Des bêtabloquants pour ralentir et renforcer les contractions cardiaques ;
  • Des sédatifs (hydroxyzine) par voie intramusculaire ;
  • L’amiodarone;
  • Les inhibiteurs calciques (vérapamil) ;
  • Les antiarythmiques, etc.

L’usage de ces médicaments est réservé aux cas où le trouble soit à l’origine d’une gêne importante. La prescription médicale (doses et posologie) doit être rigoureusement suivie. L’automédication est à éviter. Il est, par ailleurs, recommandé de signalés la prise de ce traitement à tous les professionnels de santé.

Lorsque le traitement médicamenteux ne suffit pas à soulager le patient, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Elle consiste à remonter une sonde jusqu’au cœur via un vaisseau au pli de l’aine. La sonde libère des ondes de radiofréquence permettant de brûler la zone responsable de la maladie. Un traitement médicamenteux (bêtabloquants, sédatifs par voie intramusculaire, antihypertenseurs, etc.) est tout de même nécessaire en complément afin réduire le risque de récidives.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– La maladie de Bouveret. concilio.com. Consulté le 26 avril 2021.
– Les troubles du rythme cardiaque. fedecardio.org. Consulté le 26 avril 2021.
– La maladie de Bouveret. medipolelyonvilleurbanne.fr. Consulté le 26 avril 2021.
– La maladie de Bouveret. larousse.fr. Consulté le 26 avril 2021.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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