Electrocardiogramme

Un électrocardiogramme ou ECG est un examen médical courant permettant d’enregistrer l’activité cardiaque. Il est basé sur la mesure des courants électriques traversant l’organe à chacune de ses contractions.

Définition et objectif de l’électrocardiogramme

L’ECG est une représentation graphique de l’activité électrique au niveau du cœur qui se présente sous la forme d’un tracé papier. Cet examen permet de compléter l’examen clinique du cœur. Il est indolore et sans danger.

A savoir ! Pour une mesure de l’activité cardiaque sur plusieurs jours, il existe un dispositif portable miniaturisé appelé le holter. Il permet de détecter les anomalies occasionnelles qui ne se seraient pas produites lors de la consultation.

CoeurLe coeur est composé de 4 cavités (2 oreillettes et 2 ventricules) recouvertes d’une couche musculaire parsemée de terminaisons nerveuses. Son rôle est celui d’une pompe, à savoir d’assurer l’oxygénation de l’ensemble des organes du corps via la distribution de sang oxygéné. Ainsi, le sang veineux (dépourvu d’oxygène) en provenance des muscles et autres organes arrive au niveau de l’oreillette droite qui lorsqu’elle est remplie se contracte pour expulser le sang dans le ventricule droit. Ce dernier se contracte à son tour et propulse le sang veineux vers les poumons afin de l’oxygéner. Une fois oxygéné, le sang en provenance des poumons arrive dans l’oreillette gauche qui l’envoie dans le ventricule gauche. Par sa contraction, le ventricule gauche envoie le sang via l’aorte (grosse artère) vers les organes.

Les contractions musculaires indispensables à l’activité du cœur sont coordonnées par les fibres nerveuses localisées dans les parois de l’organe. Leur activité est sous le contrôle du système nerveux central mais fonctionne de façon relativement autonome.

Chaque battement du cœur est assuré par une impulsion électrique, aussi appelée « onde » le traversant. C’est cette activité électrique qui est captée par l’électrocardiographe, l’appareil permettant d’obtenir l’électrocardiogramme, via des électrodes (ou capteurs) positionnées sur le corps.

L’électrocardiographe ou l’appareil enregistreur est relié aux électrodes. Il capte le champ électrique créé par l’activité cardiaque entre 2 électrodes. Elles sont au nombre de 10 : 4 sont placées sur les poignets et les chevilles, et 6 au niveau du thorax. L’enregistrement est réalisé en variant successivement les paires d’électrodes enregistrées. Diverses associations de ces électrodes qui correspondent à différents circuits d’enregistrement, sont reliées à un stylet assurant le tracé correspondant à la dérivation (reflet localisé de l’activité du cœur). En tout, il y a 12 dérivations.

Les électrocardiographes sont calibrés pour traduire un signal de 1 mV par un écart de tracé de 1 cm par rapport à la ligne de base. La vitesse du tracé est de 25 mm par seconde. De cette manière, tous les ECG sont comparables entre eux.

L’analyse d’un ECG est une mine d’informations pour le cardiologue qu’il exploite en fonction de l’état de santé de son patient, de ses symptômes et des examens complémentaires (échographie ou radiographie du thorax). L’ECG permet de détecter de nombreuses anomalies :

  • Du rythme cardiaque ;
  • De la conduction de l’influx nerveux ;
  • Du volume de certains composants du cœur (cavité trop dilatée ou paroi trop épaisse par exemple) ;
  • Du muscle cardiaque ;
  • Des coronaires (artères irriguant le cœur) ;
  • Du péricarde (membrane recouvrant le cœur) ;
  • Non cardiaques comme des maladies pulmonaires ou un déséquilibre en potassium par exemple.

Par ailleurs, l’ECG est également un examen permettant le suivi des troubles du rythme cardiaque, de l’angine de poitrine, des suites d’un infarctus du myocarde, d’une péricardite (inflammation du péricarde), de l’hypertension artérielle, de certaines maladies pulmonaires, etc.

Enfin, il peut être utilisé afin d’évaluer la résistance du corps face à un effort soutenu (épreuve d’effort) ou pour mesurer les effets d’un entraînement sportif sur le cœur.

Précaution et préparation

Un ECG ne nécessite pas de préparation particulière. Il n’est pas recommandé d’être à jeun. En revanche, il est préférable de ne pas fumer juste avant. Aucune anesthésie n’est requise.

Déroulement de l’examen

Déroulement ECG

L’examen peut être réalisé au cabinet du cardiologue, à l’hôpital et parfois même à domicile. En lui même il dure généralement entre 5 à 10 minutes. L’ECG s’effectue au repos. Le patient est allongé sur la table d’examen.

Les électrodes (ou capteurs) reliées via des câbles à l’électrocardiographe sont placées sur la peau nue. Ceci implique qu’en cas de pilosité importante une épilation peut être d’usage. Les électrodes vont permettre de capter les champs électriques produits par le cœur. Il faut en poser minimum 6 pour faire un ECG. Il est cependant fréquent d’en utiliser plus : douze, quinze voire dix-huit (analyse 3D de l’activité cardiaque). Elles sont positionnées sur les poignets, les chevilles et sur certains points précis du thorax. Le placement des électrodes est toujours le même afin que tous les ECG puissent être comparés entre eux quel que soit le praticien qui les a réalisés.

Parfois, l’ECG est réalisé alors que le patient fait un effort physique de plus en plus intense : on parle d’un test ou d’une épreuve d’effort. Dans ce cas, l’examen dure 10 à 30 minutes. Généralement, le patient est sur un tapis de course dont la vitesse est progressivement augmentée. Les électrodes moins nombreuses sont connectées à un ordinateur et reliées à un ensemble plus complexe permettant de mesurer également la fréquence respiratoire et la pression artérielle.

Enfin, dans certains cas, lorsque le cardiologue suspecte une anomalie occasionnelle de l’activité cardiaque, un enregistrement ambulatoire appelé holter peut être mis en place. Généralement, l’enregistrement en continu de l’ECG s’effectue sur 24 à 48h. Le cardiologue met en place les électrodes (cinq ou six) sur la poitrine du patient qu’il relie à un boîtier porté à la ceinture (parfois en pendentif autour du cou). Pendant l’enregistrement le patient doit éviter les bains et les douches et tenir un journal de ses périodes d’activité et de repos et les symptômes éventuellement ressentis afin de faciliter l’interprétation de l’ECG par la suite.

A savoir ! Dans certains cas, le recours à un holter implantable peut s’avérer nécessaire. Il se présente sous la forme d’une clé USB implantée sous anesthésie locale sous la peau au niveau d’une clavicule. Il peut rester en place pendant 1 an et transmettre par ondes radios les données récoltées.

Suites de l’examen

ECG-01Une fois l’examen terminé, le patient peut quitter les lieux et rentrer chez lui. Les résultats seront envoyés à son médecin prescripteur qui se chargera de les lui communiquer.

La lecture et l’interprétation d’un ECG s’acquièrent indubitablement avec l’expérience du cardiologue, bien qu’il existe maintenant des logiciels pouvant aider à l’analyse. Un ECG est toujours utilisé comme un outil qui trouve son sens selon le contexte clinique du patient. Ainsi, un ECG normal ne signifie en aucun cas l’absence d’une pathologie cardiaque, tout comme un ECG anormal peut être sans gravité.

Un battement cardiaque normal laisse une empreinte typique sur l’ECG décomposé en plusieurs signaux :

  • L’onde P est la représentation de la contraction des oreillettes ;
  • L’espace entre P et Q est le temps nécessaire à l’influx nerveux pour aller des oreillettes aux ventricules ;
  • Le complexe QRS traduit la contraction des ventricules ;
  • Le segment ST représente la fin de la contraction ventriculaire ;
  • L’onde T correspond à la relaxation des ventricules.

Le cardiologue mesure ainsi la durée et l’amplitude de chaque onde constituant un battement cardiaque et celle du temps écoulé entre chaque phase de la contraction. Par exemple, le temps écoulé entre deux points R permet d’estimer la fréquence cardiaque et diagnostiquer un éventuel trouble du rythme. Autre exemple, une torsade de pointe (anomalie du rythme des ventricules potentiellement mortelle) se traduit sur l’ECG par un allongement de la durée séparant l’onde Q et l’onde T.

Charline D., Pharmacien

– Electrocardiogramme (ECG). Eurekasanté. Le 24 mars 2016.
– L’ECG en pratique. Eurekasanté. Le 24 mars 2016.