Urticaire

juin 2021 par

De l'urticaire chez un homme

L’urticaire est une maladie dermatologique inflammatoire courante touchant les enfants et les adultes. Dans la grande majorité des cas, l’urticaire est bénigne. 15 à 20% de la population fait au moins une poussée aigüe d’urticaire au cours de sa vie. Cependant, pour environ 1% de la population, l’urticaire est chronique.

Définition et symptômes de l’urticaire

Qu’est-ce que l’urticaire ?

l'urticaire chez l'enfantL’urticaire est une maladie cutanée qui se manifeste par une éruption cutanée soudaine en plaques, également appelées papules, qui sont comparables à des piqûres d’orties.

A noter ! Le terme « urticaire » vient du mot latin urtica qui veut dire « ortie »

L’éruption cutanée touche généralement la surface de la peau. Ces papules peuvent être localisées ou généralisées, rouges ou rosées, arrondies, en relief et bien délimitées. Elles peuvent provoquer d’intenses démangeaisons. Elles sont fugaces, car chaque élément apparait et disparait en moins de 24 heures.

L’urticaire peut aussi se manifester plus profondément dans la peau et affecter d’autres zones corporelles comme le visage, les mains, les pieds, les organes génitaux ou encore les muqueuses. Les lésions prennent alors un aspect différent : elles sont plus boursouflées ou œdémateuses et les rougeurs sont moins intenses. Ces tuméfactions provoquent une sensation de tension et sont douloureuses. On parle alors d’angio-œdème, couramment appelé d’œdème de Quincke.

L’urticaire a également des répercussions sur la vie sociale, personnelle et professionnelle d’où la nécessité d’être orienté vers les bons interlocuteurs pour une prise en charge adaptée. En effet, les manifestations physiques (plaquesrougeursdémangeaisonsœdèmes) peuvent affecter la vie quotidienne par l’inconfort physique mais aussi par leur caractère visible.

Dans la grande majorité des cas, l’urticaire est due à la « fragilité » des mastocytes.

Le mastocyte, présent dans la peau et les muqueuses, est la cellule ayant le rôle principal dans la survenue de l’urticaire. Le mastocyte délivre un signal de « danger » après l’activation d’un ou plusieurs de ses nombreux récepteurs membranaires. Cette stimulation déclenche la dégranulation du mastocyte, c’est-à-dire la libération du contenu de ses granules, notamment la libération de l’histamine. Toute personne exposée de manière intense à ces signaux aura de manière normale une activation des mastocytes, aboutissant à sa dégranulation et donc, potentiellement, à une poussée d’urticaire.

La fragilité des mastocytes est dépendante de la susceptibilité individuelle. Les mastocytes sont plus sensibles et peuvent éclater spontanément ou sous l’influence de substances dites « histamino-libératrices », telles que :

  • Certains aliments (fraises, crustacés, fromages, etc) ;
  • Certains médicaments (aspirine, morphine, codéine, antibiotiques, etc.) ;
  • Certaines substances urticantes (orties, méduses, latex, etc.) : On parle d’urticaire de contact ;
  • Des neuropeptides ou neuromédiateurs liés au stress, à l’effort ;
  • Des infections virale, bactérienne ou parasitaire.

Malgré les idées reçues, l’urticaire n’est pas toujours liée à une allergie. En effet, celle-ci est une cause rare de l’urticaire aiguë et n’est quasiment pas observée dans l’urticaire chronique. L’urticaire allergique est une réaction d’hypersensibilité vis-à-vis d’une protéine particulière médiée par des anticorps appelés immunoglobulines E (IgE) dirigés contre un aliment ou un médicament.

Les mastocytes activés par les immunoglobulines E libèrent des substances, notamment l’histamine responsable de l’éruption cutanée. A noter qu’il n’y a pas de différence physique entre une urticaire allergique ou non allergique.

L’urticaire peut également avoir une origine « physique ». Il se manifeste le plus souvent dans les minutes qui suivent la stimulation et disparaît rapidement à l’arrêt de celle-ci. Dans ce type d’urticaire, certains sont plus fréquents comme :

  • Le dermographisme : il s’agit d’une urticaire qui apparait sur une zone de peau soumise à un simple frottement, des vêtements serrés, une épilation électrique, etc. Les plaques sont localisées sur le trajet de la friction ;
  • L’urticaire cholinergique : cette urticaire est également appelée urticaire d’effort. Cette forme est déclenchée par une augmentation de la température corporelle, suite à un effort, un stress, une douche chaude, un stimulus digestif (ingestion d’un aliment chaud ou épicé), etc. Elle se manifeste par de diverses petites lésions essentiellement sur le thorax, mais parfois sur l’ensemble du corps à l’exception du visage ;
  • L’urticaire au froid déclenchée par les basses températures, ou une chute importante et rapide de la température. Par exemple, lors d’une nage dans la mer, lors d’une consommation d’aliments ou boissons froids ou lors d’intempéries (touchant dans ce cas le visage et les mains) ;
  • L’urticaire retardée à la pression qui apparaît sur des zones de pression, avec un délai de plusieurs heures. Par exemple, sur les épaules lors du port d’un sac à dos, au niveau d’une paume de main en cas de manipulation prolongée d’un outil, etc. Elle se manifeste par des œdèmes douloureux qui peuvent mettre plusieurs jours à disparaître.

Enfin, certaines maladies sont associées à la survenue d’urticaire :

  • Les infections respiratoires, essentiellement virale, représentent les principales causes d’urticaire aiguë chez l’enfant ;
  • Les maladies auto-immunes. Elles sont, en effet, parfois associées à des poussées d’urticaire (par exemple, certaines maladies de la thyroïde).
  • Un terrain atopique, autrement dit une prédisposition génétique, peut favoriser l’urticaire.

Quels symptômes ?

Il existe deux types d’urticaires selon la durée d’évolution, fixée de manière arbitraire à 6 semaines : les urticaires aiguës et les urticaires chroniques.

L’urticaire aigüe se traduit par une poussée qui évolue pendant moins de 6 semaines. Il s’agit le plus souvent d’un épisode unique. L’urticaire aiguë apparait et disparait brutalement.

Le mécanisme de l’urticaire aiguë est :

  • Soit allergique : elle est dû à des IgE spécifiques. La réaction est rapide et brutale après l’exposition à l’allergène.
  • Soit non allergique, dû à une libération d’histamine de manière non spécifique ou suite à un apport externe de substances riches en histamine (origine alimentaire).

Un interrogatoire peut orienter vers une cause médicamenteuse ou alimentaire et permettra de définir s’il existe une véritable allergie ou s’il s’agit plutôt d’une intolérance.

L’urticaire chronique se caractérise par des lésions quotidiennes ou des poussées récidivantes évoluant depuis plus de 6 semaines.

On distingue deux types d’urticaires chroniques, selon que les symptômes se déclenchent de façon induite ou de façon spontanée :

  • L’urticaire chronique inductible : un (ou plusieurs) facteur déclenchant spécifique est identifié comme étant la cause.
  • L’urticaire chronique spontanée : aucun facteur déclenchant spécifique n’est identifié. Ce type d’urticaire affecte deux fois plus les femmes que les hommes.

Dans la majorité des cas, l’urticaire chronique est idiopathique (sans cause identifiée). De plus, elle est souvent liée à une conjonction de facteurs.

Diagnostic et traitement de l’urticaire

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une urticaire repose essentiellement sur un interrogatoire et un examen clinique, réalisés par un médecin.

L’interrogatoire

L’interrogatoire doit servir à rechercher des antécédents d’urticaire ou de maladie auto-immune, personnels ou familiaux. Il doit permettre à préciser les facteurs responsables de la poussée d’urticaire et à mettre en évidence une urticaire physique.

Si l’interrogatoire oriente vers une cause médicamenteuse ou alimentaire, un bilan allergique pourra être réalisé pour déterminer s’il y a une véritable allergie ou s’il s’agit d’un mécanisme d’intolérance.

Enfin, si l’urticaire résiste à un traitement antihistaminique bien conduit, il faudra réaliser un examen plus approfondi afin d’identifier s’il s’agit d’une urticaire chronique ou non.

L’examen clinique

L’examen clinique s’attachera à différencier une urticaire simple d’une urticaire systémique, également appelée vasculite urticarienne (inflammation des vaisseaux).

L’affection systémique peut n’apparaitre que secondairement à l’urticaire. Cette urticaire se caractérise par des lésions fixes durant plus de 24h, qui démangent peu.

L’examen clinique a également pour objectif de s’assurer de l’absence d’une maladie auto-immune, qui nécessitera alors des bilans complémentaires adaptés.

Il pourra aussi être complété par des tests physiques (chaud, froid, pression…) pour confirmer ou non le diagnostic d’une urticaire physique.

L’urticaire aiguë, correspondant plus souvent à un épisode unique, ne nécessite aucune exploration complémentaire.

Quel traitement ?

La prise en charge de l’urticaire a pour objectif :

  • Le soulagement des patients (œdème, prurit) ;
  • Le traitement de la cause, lorsqu’il y en a une (infection, maladie systémique, etc.),
  • La suppression des facteurs déclenchants (médicament, aliment, agents de contact, facteur physique, etc.).

traitement de l'urticaire

Les traitements locaux (crèmes ou pommades) sont inutiles sur l’urticaire. Le traitement antihistaminique est le traitement de référence. Ces médicaments bloquent l’action de l’histamine, le composé libéré par l’organisme lors des poussées d’urticaire. Le traitement de l’urticaire aiguë doit être pris pendant quelques jours et jusqu’à guérison.

En cas d’urticaire chronique, la première mesure est de supprimer les facteurs potentiellement déclencheurs ou aggravants (comme les médicaments, les aliments) et débuter le traitement antihistaminique. La monothérapie doit être suivie pendant 3 mois.

Sans amélioration après 3 mois de traitement, un bilan est prescrit afin de mettre en évidence une maladie sous-jacente. En cas de bilan négatif, une bithérapie est mise en place, en associant deux antihistaminiques ou un autre antihistaminique seul est essayer, également pendant 3 mois.

Enfin, pour les formes résistantes, d’autres médicaments peuvent être prescrits : antileucotriènes, dapsone, colchicine, immunosuppresseurs, etc.

La prise de corticoïdes (même à faible dose) est contre-indiquée en cas d’urticaire.

Les crises d’urticaire aiguë peuvent être évitées en supprimant la cause, que celle-ci soit d’origine physique, soit liée à une substance (médicament, aliment, plante, produit chimique…).

Quelques conseils peuvent être appliqués en cas d’urticaire chronique pour en limiter la gravité :

  • Éviter la prise de certains médicaments dont l’aspirine par exemple ;
  • Diminuer la température de la douche et éviter les jets trop forts ;
  • Éviter de porter des vêtements serrés ;
  • Apprendre à gérer le stress. C’est, en effet, un facteur non négligeable de cette maladie, capable de générer des poussées d’urticaires.

Publié le 5 octobre 2015. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 8 juin 2021.

Sources
– Urticaire. ameli.fr. Consulté le 8 juin 2021.
– L’urticaire.dermato-info.fr. Consulté le 8 juin 2021.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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