Osteodensitometrie

Comme les autres organes, le squelette subit constamment des modifications. En effet, il se développe et se fortifie jusqu’à environ 30 ans où il atteint sa solidité maximum pour ensuite s’affaiblir progressivement avec l’âge. On parle d’ostéoporose pouvant être plus ou moins accentuée avec certains facteurs comme la ménopause. L’ostéodensitométrie est l’examen de référence permettant d’établir le diagnostic d’ostéoporose.

Définition et objectif de l’ostéodensitométrie

L’ostéodensitométrie ou « densitométrie osseuse » ou « absorptiométrie biphotonique » est un examen médical permettant de mesurer la densité osseuse, autrement dit la teneur en calcium des os. Lorsque cette dernière est anormalement basse, on parle d’ostéoporose. Les résultats de cet examen permettent d’évaluer le risque de fracture.

L’ostéoporose est une maladie affectant les os qui touche près d’une femme sur trois après la ménopause. Environ 2 à 3 millions de Françaises sont concernées : 20% des femmes après 60 ans, 40% après 70 ans et 70% après 80 ans. Cette pathologie est caractérisée par une diminution rapide de la masse osseuse se traduisant par une fragilité importante des os. Le risque principal est donc la fracture osseuse.

Chaque année, en France, 51 000 fractures de hanche, 40 à 65 000 fractures vertébrales, 35 000 fractures du poignet et 12 000 fractures de l’humérus sont causées par l’ostéoporose. Un an après une fracture de la hanche, on déplore une perte d’autonomie chez près de 80% des patients. Enfin, la maladie est à l’origine de 68 000 hospitalisations chaque année.

A savoir ! Bien que l’ostéoporose soit plus fréquente chez les femmes, elle n’épargne cependant pas les hommes pour autant. Une victime sur 4 serait de sexe masculin. Un homme d’une soixantaine d’années perd environ chaque année 0,5% de sa masse osseuse (contre 3 à 5% chez une femme dans les 3 années qui suivent la ménopause et 1 à 2% les années suivantes).

L’ostéodensitométrie mesure la densité minérale osseuse (DMO) en utilisant des rayons X de faible intensité. La méthode consiste à émettre des rayons X en direction de l’os à analyser que ce dernier va absorber en partie. C’est le reste du rayonnement après sa traversée de l’os qui est mesuré dans l’ostéodensitométrie pour fournir des renseignements sur la densité osseuse. L’objectif est d’apprécier le degré de déminéralisation osseuse pour déterminer l’importance du risque de fracture.

A savoir ! Il existe un questionnaire permettant d’évaluer son risque de développer une ostéoporose. Il est composé de plusieurs questions portant sur les antécédents familiaux d’ostéoporose et sur les facteurs de risque personnels (âge, tabac ou alcool, chutes, maigreur, etc.). Répondre oui à l’une des questions ne signifie pas que le patient souffre d’ostéoporose mais qu’il présente un ou plus facteurs de risque pour cette pathologie.

Précautions

Il n’y a aucune précaution particulière à prendre avant de réaliser l’examen. Il se pratique sans injection, sans prélèvement et ne nécessite pas d’être à jeun.

Bien que l’ostéodensitométrie repose sur l’utilisation de rayons X, la dose nécessaire est 20 fois moins importante que lors d’une radiographie. Cependant, par principe de précaution, l’examen est contre-indiqué chez les femmes enceintes.

Les résultats de l’examen peuvent être faussés si une scintigraphie osseuse datant de moins de 3 jours a été réalisée ou en cas d’examen du tube digestif avec injection de produit de contraste.

Déroulement de l’examen

L’examen est indolore et facile à réaliser. Il a lieu dans un centre spécialisé et  dure entre 15 et 20 minutes.

Le patient prend place sur la table d’examen, il doit retirer tout vêtement comportant des pièces métalliques. L’appareil de mesure appelé ostéodensitomètre, se déplace au dessus de lui. Le patient doit rester immobile plusieurs minutes afin de ne pas perturber les mesures. Ces dernières sont généralement réalisées à deux endroits du corps : le fémur et les vertèbres lombaires qui sont plus exposés au risque de fracture. Le manipulateur radio est assis à côté du patient devant son écran d’ordinateur qui lui permet de diriger l’appareil sur la région à explorer.

A savoir ! Une anesthésie n’est pas nécessaire pour cet examen.

Suites de l’examen

Les résultats sont connus du patient le jour-même et aucune consigne particulière n’est à appliquer après l’examen. Le patient reprend normalement le cours de sa vie.

Pour l’interprétation des résultats, des critères précis ont été fixés par l’organisation mondiale de la santé (OMS). On parle d’ostéopénie (état précédent l’ostéoporose) en cas de perte osseuse comprise entre 10 et 25%. Lorsque la perte osseuse excède les 25%, le diagnostic d’ostéoporose est posé.

Les résultats appelés « T-score » sont donnés avec une valeur de densité osseuse de référence. Plus les résultats du patient s’éloignent de cette valeur normale, moins la résistance osseuse est bonne :

  • La densité est normal pour un T-score inférieur à -1 ;
  • Ostéopénie lorsque le T-score est compris entre -2,49 et -1 ;
  • Ostéoporose pour un T-score inférieur ou égal à – 2,5 ;
  • Ostéoporose sévère pour un T-score inférieur ou égal à -2,5 associé à une ou plusieurs fractures.

Lorsqu’une ostéoporose est mise en évidence grâce à l’ostéodensitométrie, un traitement médicamenteux n’est pas toujours nécessaire pour autant. En effet, seulement une femme sur quatre se verra proposer un traitement anti-ostéoporotique. Le médecin prend en compte divers éléments avant de proposer un tel traitement à sa patiente, comme son âge, le degré de perte osseuse, la présence ou non d’antécédents de fractures chez la patiente ou un de ses parents du premier degré, une éventuelle maigreur, etc. Des médicaments sont généralement prescrits aux patients présentant une perte osseuse importante avec une ou plusieurs fractures à leur actif.

D’autres mesures peuvent être proposées aux patients ayant une densité osseuse un peu faible :

  • Une alimentation riche en calcium ;
  • L’arrêt (ou réduction) du tabac et de l’alcool ;
  • Une consommation modérée de café ;
  • Une activité physique régulière ;
  • Une supplémentation en calcium et vitamine D si besoin.

Prise en charge

En France, 420 000 ostéodensitométries sont réalisées chaque année. Depuis 2006, l’assurance maladie prend en charge cet examen à condition qu’il soit prescrit à des patients présentant des facteurs de risque. Sur la base d’un tarif à 39,96 euros, il est remboursé à hauteur de 70%. La majorité des assurances complémentaires prennent en charge la somme restant à charge.

L’ostéodensitométrie est prise en charge pour les indications suivantes :

  • Dans la population générale, en cas de signes d’ostéoporose (découverte ou confirmation radiologique de fracture sans contexte tumoral ou traumatique, antécédent de fracture sans traumatisme) ou en cas de pathologie (hyperthyroïdie) ou traitement (corticoïdes pendant plus de 3 mois) pouvant induire une ostéoporose ;
  • Chez la femme ménopausée, lorsqu’il existe un antécédent de fracture du col du fémur chez un parent du premier degré, que l’indice de masse corporel est inférieur à 19, que la ménopause est apparue avant 40ans ou en cas d’antécédent de corticothérapie de plus de 3 mois.
  • Pour un second examen, en cas d’arrêt du traitement anti-ostéoporotique chez la femme ménopausée ou quelques années après la première ostéodensitométrie aux résultats normaux en fonction de l’apparition de nouveaux facteurs de risque.

Charline D., Pharmacien

– Prise en charge de l’ostéodensitométrie. Ameli. Le 29 août 2017.
– Ostéodensitométrie. Eurekasante. Le 16 mars 2016.
– Ostéodensitométrie. Harmonie prévention. Consulté le 2 novembre 2017.