Hépatite A

L’hépatite A est une pathologie hépatique d’origine virale. Elle est majoritairement bénigne, mais elle peut parfois être grave, on parle alors d’hépatite fulminante. En France, on répertorie en moyenne 1 300 nouveaux cas d’hépatite A par an.

Définition

L’hépatite A est une infection du foie. Elle est provoquée par le virus de l’hépatite A (VHA). Ce dernier engendre des lésions inflammatoires au niveau du foie et altère les cellules hépatiques. Ces atteintes sont temporaires et s’estompent à la guérison.

À savoir ! On distingue 5 virus capables d’infecter et de provoquer une inflammation du foie. Chacun est désigné par une lettre : A, B, C, D et E. Le mode de transmission ainsi que leur agressivité permettent de les différencier.

L’hépatite A sévit de façon sporadique dans le monde sous forme d’épidémies. Les zones les plus à risque sont cependant les pays en voie de développement dans lesquels l’hygiène et les conditions sanitaires sont médiocres. L’hépatite A est l’une des causes les plus fréquentes d’épidémie alimentaire.

À savoir ! En 1988, une épidémie d’hépatite A a touché près de 300 000 personnes à Shanghai.

Cette affection touche essentiellement les enfants et les jeunes adultes. Les cas d’hépatite A sont plus fréquents entre septembre et octobre, période de retours de vacances.

Le virus se propage le plus souvent par la contamination d’un individu sain qui ingère de l’eau ou des aliments souillés par les matières fécales d’un individu infecté par le virus. On parle de transmission féco-orale. Elle peut-être :

  • Directe, c’est-à-dire d’un individu à un autre directement, notamment au sein des collectivités ;
  • Indirecte par l’intermédiaire d’eau souillée par les excréments contaminés d’un individu, de coquillages mangés crus ou presque, récoltés dans des eaux insalubres, des aliments contaminés consommés crus (par exemple la salade, les fruits, etc.), des objets souillés portés à la bouche.

Bien qu’il existe des formes aiguës et très graves de l’infection, dans la grande majorité des cas, l’hépatite A ne nécessite aucun traitement pour guérir. Par ailleurs, elle est immunisante, autrement dit, lorsqu’on a eu une fois l’hépatite A, on ne peut pas l’avoir à nouveau. Enfin, l’hépatite A n’évolue jamais vers une forme chronique.

Symptômes

On observe davantage de symptômes chez les enfants de plus de six ans et chez l’adulte. En effet, chez les plus petits (moins de 6 ans), l’infection passe dans près de 70% des cas, inaperçue.

L’incubation (temps écoulé entre la pénétration du virus et les premiers symptômes) est comprise entre 15 et 30 jours. Parfois, elle va jusqu’à 50 jours. Avant même les premiers signes de l’infection, les virus sont déjà présents dans les selles, l’individu peut donc contaminer d’autres personnes.

Une première période dite pré-ictérique, c’est-à-dire précédent l’apparition de l’ictère (coloration jaune des tissus), est caractérisée par divers symptômes tels que :

  • Une perte d’appétit ;
  • Des nausées ;
  • Des douleurs abdominales ;
  • Une fatigue importante ;
  • Un syndrome grippal (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires) ;
  • Des douleurs dans les articulations ;
  • De l’urticaire.

Cette première phase dure entre une à trois semaines.

Une seconde phase, appelée ictérique cette fois-ci est marquée par l’apparition d’une jaunisse associée à une décoloration des selles, des urines foncées et parfois des démangeaisons. En revanche, les symptômes de la première phase s’estompent dans les quelques jours suivant l’apparition de l’ictère.

À savoir ! Parfois, seule la phase pré-ictérique existe.

Généralement, et dans la majorité des cas, l’hépatite A guérie en quelques semaines sans qu’aucun traitement ne soit nécessaire. Une évolution chronique n’est pas possible, contrairement aux hépatites B et C.

Dans certains cas exceptionnels, l’hépatite peut être d’emblée très grave en entraînant une défaillance hépatique.

Diagnostic

Devant les symptômes décrits précédemment, le médecin procède à un examen clinique visant à explorer le diagnostic d’hépatite. Il recherche la présence d’un ictère et d’une augmentation du volume du foie.

Des examens biologiques sur prélèvements sanguins sont nécessaires pour confirmer le diagnostic. Un premier dosage sur un échantillon de sang permet de détecter la présence d’anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite A et donc à la mise en évidence du virus. Un second dosage vise à mesurer l’atteinte du foie.

À savoir ! L’hépatite A peut être reconnue comme maladie professionnelle lorsqu’elle est contractée dans le cadre du travail.

Mesures à prendre

Bien que la prise en charge de l’infection ne nécessite pas de traitement, certaines mesures d’hygiène de vie permettent de limiter les dégâts hépatiques en attendant la guérison.

Il est d’abord demandé au patient de ne prendre aucun médicament jusqu’à la guérison. En effet, nombre d’entre eux ont des répercussions sur le foie.

Il est strictement interdit de consommer de l’alcool. Du repos et une alimentation équilibrée sont recommandés.

Enfin, pour éviter de transmettre le virus à d’autres personnes, le médecin informe son patient des mesures d’hygiène à respecter :

  • Se laver régulièrement les mains, à savoir, avant de préparer un repas ou de manger, après être allé aux toilettes, etc. ;
  • Nettoyer les WC avec un désinfectant ;
  • Nettoyer plus fréquemment les surfaces les plus exposées (poignées de portes, toilette, lavabos, etc.) ;
  • Changer régulièrement les torchons utilisés pour s’essuyer les mains ;
  • Nettoyer les ustensiles de cuisine et le plan de travail ;
  • Dispenser les malades de la préparation des repas ;
  • Ne pas partager les verres ou couverts ;
  • Garder l’enfant malade à domicile, et cela, pendant les 10 jours qui suivent les premiers signes.

Il peut être envisagé de vacciner les proches pour les protéger de l’infection.

À savoir ! Un adulte atteint d’hépatite A et travaillant au contact de denrée alimentaire doit obligatoirement être arrêté les 10 jours suivant les premiers symptômes.

Prévention

L’ensemble des mesures d’hygiène cité précédemment est également valable pour se protéger du virus. La vaccination contre le virus de l’hépatite A est recommandée, notamment chez :

  • Les enfants séjournant en collectivité (par exemple en crèche) ;
  • Les enfants atteints d’une pathologie chronique du foie ou de mucoviscidose ;
  • Les enfants de plus de 1 an dont l’un des membres de la famille est originaire d’un pays ou l’infection est fréquente ;
  • Les enfants appartenant à l’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A ;
  • Les adultes atteints de mucoviscidose ou d’une maladie chronique du foie ;
  • Les personnes atteintes de l’hépatite B chronique ;
  • Les homosexuels de sexe masculin ;
  • Les personnes exposées professionnellement (s’occupant d’enfants ou d’handicapés ou chargés du traitement des eaux usées par exemple) ;
  • Les personnes vivant sous le même toit qu’un individu atteint d’hépatite A ;
  • Les voyageurs (pour les pays où l’hygiène est précaire ou en cas de pathologie du foie ou de mucoviscidose).

En voyage, particulièrement, lorsque l’hygiène est précaire, l’hépatite A est évitable en :

  • Se lavant les mains très régulièrement (avant de manger ou de manipuler des denrées, après avoir été aux toilettes). En absence d’eau ou de savon, utiliser un gel ou une solution hydro-alcoolique ;
  • Ne consommant que de l’eau en bouteille encapsulée ou rendue potable (par ébullition ou filtration et désinfection) ;
  • Ne buvant que du lait pasteurisé ou bouilli ;
  • Pelant les fruits et les légumes ;
  • Evitant les crudités, les coquillages, les plats réchauffés et les jus de fruit artisanaux ;
  • Faisant bien cuire les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés.

Charline D., Pharmacien

– Hépatite A. Ameli  Le 13 mars 2017.
– Hépatite A. OMS. Juillet 2017.