Hépatite BL’hépatite B est une maladie infectieuse causée par le virus de l’hépatite B (VHB). D’après les données fournies par l’OMS en 2015, elle est à l’origine de plus de 780 000 décès chaque année. A ce jour, on estime à 240 millions le nombre d’individus souffrant d’une hépatite chronique tandis que 2 milliards d’individus ont déjà été en contact avec le VHB. Ce virus est essentiellement présent dans le sang, le sperme ou les sécrétions vaginales d’une personne infectée.

Histoire et épidémiologie

Le virus de l’hépatite B a été identifié pour la première fois en 1965 par l’équipe de Baruch S. Blumberg. Il s’agit d’un virus de petite taille dont les cellules cibles sont les cellules du foie, appelées hépatocytes. A l’échelle mondiale, la prévalence du VHB varie en fonction de plusieurs grandes zones géographiques. Il est ainsi possible d’identifier trois types de régions en fonction du nombre d’individus atteints d’une hépatite B :

  • L’Asie du Sud-Est et l’Afrique sub-Saharienne constituent, avec le bassin amazonien et la Chine méridionale, les zones de prévalence élevée dans lesquelles plus d’un individu sur deux est exposé au VHB au cours de sa vie. Dans ces zones, plus de 8% de la population est porteuse d’une hépatite chronique et plus de 70% présente des marques d’infection, qu’elle soit passée ou présente.
  • L’Europe centrale, l’Europe de l’Est, l’Asie du Sud-Ouest, le bassin méditerranéen et l’Est de l’Amérique latine sont des zones de prévalence moyenne. 2 à 7% des individus sont porteurs chroniques tandis que 20 à 55% de la population présentent des marques d’infection.
  • L’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et l’Australie constituent les zones de prévalence faible. Les porteurs chroniques représentent moins de 2% de la population.

A savoir ! La prévalence d’une maladie est une mesure représentant l’état de santé d’une population. Elle permet ainsi de dénombrer le nombre d’individus infectés à un instant donné ou sur une période définie. En France, la prévalence de l’hépatite B est de 0.8%.

L’infection par le VHB touche majoritairement les hommes, les enfants et les populations rurales. Par ailleurs, tous les individus ne sont pas égaux face à l’infection : plus celle-ci a lieu tôt au cours de la vie, plus le risque de développer une maladie chronique est élevé.

Transmission, symptômes et évolution de l’hépatite B

Le virus de l’hépatite B peut se transmettre de trois façons différentes :

  • La transmission par le sang, dite transmission parentérale, peut avoir lieu en absence de respect des règles sanitaires lors d’une séance de tatouage, de l’utilisation de seringues usagées ou encore de coupures accidentelles.
  • La transmission de la mère à l’enfant, appelée transmission périnatale, est la plus abondante dans les zones de forte prévalence telles que l’Afrique sub-Saharienne. La transmission a majoritairement lieu lors de l’accouchement et n’a que rarement lieu lors de l’allaitement.
  • La transmission sexuelle constitue le mode de contamination majoritaire dans les zones de faible prévalence du virus. A l’échelle mondiale, il s’agit aussi du mode de transmission le plus important.

L’hépatite B présente un degré de sévérité très variable en fonction des individus. Bien qu’elle soit dans 90% des cas asymptomatique chez l’adulte, l’hépatite B aigue peut se traduire par des symptômes évoquant ceux d’une grippe :

  • Jaunisse ;
  • Fièvre ;
  • Fatigue ;
  • Anorexie ;
  • Malaises ;
  • Perte d’appétit ;
  • Diarrhée.

La forme aigue de l’hépatite B peut survenir après une période d’incubation de 60 à 90 jours. Plus de 90% des adultes infectés éliminent spontanément le virus et n’ont aucune conséquence de l’infection. Toutefois, dans 0,1 à 1% des cas, l’hépatite B aigue évolue en hépatite fulminante : en absence de transplantation hépatique, celle-ci s’avère fatale et entraîne le décès du patient.

A savoir ! Une transplantation d’organe consiste en la greffe d’un organe, d’un tissu ou d’une structure d’un individu à un autre ou chez le même individu. La transplantation hépatique est la plus fréquente des greffes d’organe après celle du rein.

Si le virus est toujours détectable chez les patients plus de 6 mois après l’infection, la maladie est dite chronique : le système immunitaire n’est pas capable de contrôler le virus et celui-ci persiste au sein de l’organisme. Environ 90% des infections déclarées chez les enfants de moins d’un an évoluent vers une maladie chronique tandis que ce ratio est de 10% chez l’adulte. L’hépatite B n’est pas une maladie constante dans le temps : elle présente des phases actives et des phases inactives et peut à tout moment faire l’objet d’une reprise de la réplication virale.

A savoir ! La réplication d’un virus consiste en la production de nouvelles particules de celui-ci. Le virus de l’hépatite B peut ainsi rester « dormant » dans les cellules infectées un certain temps avant de connaître une phase de réactivation de la réplication, lors de laquelle l’hépatite B chronique entrera en phase active.

L’hépatite B chronique peut alors évoluer en cirrhose du foie en raison de la destruction progressive des hépatocytes. En effet, l’action du système immunitaire visant à éliminer le virus aboutit à l’apparition de nombreuses lésions du foie. Les cellules sont peu à peu remplacées par du tissu fibreux cicatriciel appelé fibrose. Le stade final est celui de la cirrhose : 2 à 10% des patients souffrant d’une hépatite B chronique en développent une chaque année.

La cirrhose, qu’elle soit d’origine alcoolique ou infectieuse, représente la première cause de transplantation hépatique. Elle peut évoluer vers le cancer du foie, appelé carcinome hépatocellulaire, dans 5 à 10% des cas. Ce cancer est le sixième cancer le plus fréquent à l’échelle mondiale. Il est responsable chaque année du décès de plus d’un million de patients, ce qui fait de lui le troisième cancer le plus meurtrier.

Bien qu’il existe un vaccin prévenant l’infection par le virus de l’hépatite B ainsi que des traitements visant à contrôler l’infection, l’hépatite B n’est pas éradiquée et cause plus de 1 000 décès annuels en France.

Dépistage de l’infection

Parmi les différentes stratégies retenues par la Haute Autorité de Santé (HAS), la recherche simultanée des 3 marqueurs (AgHBs, Anticorps Anti-HBs et Anticorps Anti-HBc) est la stratégie de dépistage qui permet de déterminer, en un seul temps, le statut immunitaire exact de la personne à risque vis-à-vis du VHB.

A savoir ! AgHBs désigne la protéine HBs du Virus de l’Hépatite B. Il s’agit d’une protéine retrouvée dans le sérum des individus infectés, témoin de la réplication du virus. HBc désigne la protéine qui constitue la capside du virus, c’est-à-dire la « boite » dans laquelle est enfermée le matériel génétique viral.

Les individus à dépister sont particulièrement :

  • Les femmes enceintes : le dépistage de l’AgHBs est obligatoire et doit être systématique au cours du 6e mois de grossesse, quel que soit le risque d’infection par le VHB ;
  • Les personnes de 16 ans et plus non vaccinées et exposées au risque d’infection par le VHB.

Le dépistage peut être effectué dans un laboratoire de biologie médicale public ou privé, dans un Centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) ou dans un Centre d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (Ciddist).

Vaccination

Les premiers vaccins contre le virus de l’hépatite B furent commercialisés en 1981. Ceux-ci étaient alors mis au point à partir du sang purifié de patients souffrant d’une hépatite B chronique. Cependant, ce premier type de vaccin a été obtenu à la même période que la mise en évidence du Virus de l’Immunodéfience Humaine (VIH) : les craintes concernant une potentielle transmission de ce virus lors de la vaccination ont été nombreuses et bien qu’il ait été démontré qu’il n’existait aucun risque, de nombreux gouvernements s’opposent encore à l’heure actuelle à son utilisation.

Les premiers vaccins recombinants ne contenant qu’une seule partie du virus ont été commercialisés en 1986. Il existe différents types de vaccins en France et leur efficacité est telle qu’ils préviennent à 95% d’une hépatite B :

  • HEXYON ;
  • INFANRIXHEXA ;
  • TWINRIX ;
  • ENGERIX B ;

A savoir ! Les vaccins recombinants sont des vaccins obtenus par génie génétique. Cela signifie que l’agent pathogène utilisé pour établir un vaccin recombinant donné a été atténué voire rendu totalement inoffensif grâce à l’utilisation de procédés biologiques tels que l’introduction volontaire de mutations. A l’inverse, les vaccins non recombinants sont constitués d’agents pathogènes atténués par des moyens plus conventionnels, tels que la culture dans des conditions inhabituelles ou l’utilisation de cellules-hôtes dans lesquelles le pathogène n’est pas adapté.

Ces vaccins sont aussi les premiers à protéger d’un cancer : dans les zones où le virus de l’hépatite B est très présent, la vaccination contre l’hépatite B a en effet réduit de 75% le risque de développement d’un carcinome hépatocellulaire. Par ailleurs, la vaccination des nouveau-nés exposés à une infection diminue de plus d’un facteur 10 le risque d’infection chronique.

Cependant, la vaccination n’est d’aucun secours lorsqu’une infection par le virus de l’hépatite B est déjà établie. La conservation, le coût ainsi que la délivrance du vaccin représentent des obstacles dans certaines zones très exposées au virus bien que la grande majorité des pays aient intégré la vaccination contre l’hépatite B à leur programme vaccinal. De plus, la fréquence de vaccination mondiale a été fragilisée par certaines études montrant l’apparition d’une sclérose en plaques en réponse à la vaccination contre l’hépatite B. Il a depuis été démontré par de nombreuses équipes scientifiques qu’il n’existe aucun lien entre la vaccination et le développement de cette maladie auto-immune.

A ce jour, de nouvelles études sont en cours pour la mise au point d’un vaccin capable d’induire la production d’anticorps chez tous les sujets vaccinés : la vaccination actuelle reste sans effet chez 5 à 10% des sujets.

A savoir ! Produits par les cellules du système immunitaire, les anticorps sont capables de reconnaître des éléments indésirables au sein de l’organisme et d’entraîner leur élimination en organisant une réaction immunitaire spécifique.

Traitements et thérapies

Les patients souffrant d’une hépatite B chronique peuvent être traités selon deux protocoles différents :

  • L’injection d’interféron alpha permet de stimuler le système immunitaire et de l’aider à combattre le virus ;
  • L’utilisation de molécules antivirales permet de bloquer la réplication du virus.

Ces deux thérapies peuvent être utilisées conjointement mais à ce jour, leur association n’a pas démontré de meilleure efficacité.

Différents types de molécules antivirales sont disponibles sur le marché et peuvent être utilisées en association :

Camille H., Docteur en virologie

– L’hépatite B. Hépatites ressources. – Consulté le 31 octobre 2017.
– Chiffres de l’hépatite B. Hépatites Info-service.org. – Consulté le 31 octobre 2017.
– Le vaccin contre l’hépatite B. VIDAL/Eurekasanté. Mis à jour le 27 avril 2017.