Une hernie correspond à tout déplacement d’un organe ou partie d’organe hors de la cavité qui le contient normalement. Une hernie discale est une excroissance anormale d’une partie du disque intervertébral hors de sa loge habituelle. La sortie d’une partie du disque exerce une pression sur les nerfs rachidiens adjacents, rendant compte des différents symptômes.

Cette anomalie touche, dans la très grande majorité des cas, les disques lombaires, on parlera alors de hernie discale lombaire. La hernie discale est l’une des causes les plus répandues de mal de dos avec la sciatique.


Hernie discale chez l'Homme

Anatomie

La colonne vertébrale ou rachis est constituée de 24 os, appelés vertèbres, qui s’emboîtent les unes dans les autres. En se connectant l’une avec l’autre, elles créent au milieu un canal qui contient et protège la moelle épinière. Il existe différentes régions de la colonne vertébrale, de haut en bas, on a : les cervicales, les vertèbres thoraciques et les lombaires.

Les lombaires sont constituées de 5 vertèbres distinctes nommées de L1 à L5. Le rachis lombaire contient donc 4 disques intervertébraux pouvant être touchés par la hernie discale.

Les disques intervertébraux sont logés entre les vertèbres. Ils agissent comme des amortisseurs de toutes les contraintes exercées sur le dos comme la marche ou le port de charge. Ils empêchent le contact entre les deux surfaces osseuses de vertèbres voisines.

Les disques sont des structures plates et arrondies d’environ 6 mm d’épaisseur. Ils sont composés de deux parties :

  • Annulus fibrosus ou anneau fibreux : c’est le pourtour dur et flexible du disque. Il sert d’architecture au disque et a comme rôle principal, la protection du noyau central ;
  • Nucleus pulposus: c’est la partie centrale molle du disque. Ce noyau pouvant être qualifié de gélatineux, fonctionne tel une éponge. Il est gorgé d’eau permettant au disque de jouer son rôle d’amortisseur. En fonction des compressions et des relâchements subis par le dos, le nucleus pulposus se vide et se remplit d’eau.Anatomie hernie discale

A savoir ! Le fonctionnement des disques explique le fait que nous soyons en moyenne 2 cm plus grand le matin que le soir. Ceci s’appréhende par le fait que le matin, les nucleus sont à leur taille maximale du fait qu’il est pu se gorger d’eau toute la nuit. 









La hernie discale

Le disque intervertébral est un élément fragile de la colonne vertébrale. Au fil du temps, il devient moins souple, se déshydrate et se fissure (dégénérescence discale).

Un disque commence à subir l’hernie quand le nucleus mou repousse l’anneau fibreux qui s’est usé, déchiré ou qui a subi un choc brutal. Cette pression contre l’anneau fibreux peut déclencher une douleur au niveau lombaire.

Enfin, lorsque l’anneau fibreux est très endommagé, le nucleus peut le traverser et ainsi sortir de sa cavité normale, c’est à ce moment-là que l’on parle de hernie discale.

La sortie du matériel gélatineux issu du nucleus pulposus provoque une inflammation ainsi qu’une compression de la racine des nerfs adjacents. Ce phénomène est à l’origine de l’amplification des douleurs lombaires, d’engourdissements, voire de paralysie des jambes.

Progression de l'installation de la hernie discale

Facteurs de risque

L’âge

Plus l’on vieillit et plus la probabilité de subir une hernie discale augmente. Ceci s’explique par le fait que les disques perdent de leur solidité, deviennent moins hydratés et donc plus fragiles. Par ailleurs, plus l’on avance en âge et plus l’on est susceptible de rencontrer des microtraumatismes (rugby, judo, ski, gymnastique, course à pied, manutention) pouvant fragiliser les disques intervertébraux.

Le genre

Les hommes sont plus touchés que les femmes. Notamment la tranche d’âge des 30 à 50 ans.

Le surpoids et l’obésité

Plus une personne est en surpoids et plus son dos est davantage sollicité. Toutes les forces exercées sur le rachis deviennent plus importantes, accélérant le vieillissement de la colonne vertébrale.

Les efforts de port de charge inadaptés

C’est une des causes majeures de hernie discale en particulier dans le milieu professionnel. Le cas typique est, lorsqu’une personne tente de soulever une charge lourde posée au sol avec le dos en flexion (penchée en avant).

Cette posture augmente d’un facteur 5 la pression exercée sur la colonne. Plus la charge est éloignée du porteur et plus les contraintes sur le dos augmentent. Enfin, on estime qu’un homme sain de 80 kg peut supporter une charge d’environ 800 kg/cm² avant une blessure grave.Transport de charges lourdes

A savoir ! Par exemple, si un individu porte une charge de 20 Kg près du corps, sa colonne subit une pression de 200 Kg/cm². Si ce même individu tente de ramasser une charge au sol à une distance de 50 cm de son rachis, la pression exercée est de 1000kg/cm² (1 tonne/cm²).

Il est donc primordial de porter les charges avec le dos droit et en utilisant les jambes pour soulever la charge et non le dos.

Les symptômes

La lombalgie

La lombalgie est un terme désignant une douleur au niveau des vertèbres lombaires, au bas du dos. C’est le symptôme initial le plus retrouvé dans la hernie discale.

La douleur dure quelques jours et augmente avec la durée.

La lombalgie est causée par le déplacement du noyau gélatineux qui entraîne un syndrome douloureux chronique.

On voit souvent apparaître d’autres symptômes à la suite d’une lombalgie qui dépendront du nerf touché par la hernie discale.

La radiculalgie (ou douleurs radiculaires)

Ce sont les douleurs provenant de la compression d’un nerf connecté à la moelle épinière. A chaque étage de la colonne, soit à chaque disque intervertébral, une paire de nerfs sort depuis la moelle par cet espace intervertébral pour aller innerver une autre partie du corps.

radiculalgie

En fonction du disque touché par la hernie discale, on touchera différents nerfs, générant des douleurs et des sensations différentes chez le patient.

La cruralgie (ou « sciatique du devant »)

C’est une douleur spécifique à la compression du nerf crural qui est situé entre la 3ème et la 4ème  vertèbre lombaire (L3 et L4).

La cruralgie est caractérisée par une douleur en avant de la cuisse.

La radiculalgie L5

Le nerf situé entre la 4ème et la 5ème vertèbre lombaire est appelé nerf L5. Sa compression conduit à des douleurs reflétant une radiculalgie de type L5 et qui s’expriment sur les côtés externes de la jambe (côté des jambes) et le dos du pied.

La sciatique

Le nerf sciatique est le plus gros et le plus long des nerfs sensitivo-moteurs du corps humain. Il véhicule à la fois des informations motrices et sensitives, d’où un rôle capital dans le fonctionnement des jambes. Il est composé par 5 racines de nerfs sortant de la moelle épinière au niveau des vertèbres L4 à L5 et des vertèbres sacrales S1 à S3 et se réunissant pour former le nerf sciatique au niveau de l’aine.

La hernie discale est la principale cause de sciatique « vraie », c’est-à-dire la compression des racines des nerfs L5 et S1 par le disque intervertébral sortie de sa loge.

La sciatique se traduit par des douleurs qui irradient au niveau des fessiers, derrière la jambe, sur le côté et en arrière du mollet ainsi qu’une partie du pied.

A savoir ! La sciatique est à discerner de la sciatalgie. La sciatalgie se définit comme une douleur d’origine nerveuse touchant à l’ensemble ou à une partie du trajet du nerf sciatique. La sciatique est donc une des causes de sciatalgies. D’autres origines de sciatalgie existent comme l’arthrose ou la diminution du canal contenant la moelle épinière.

Paresthésies et Dysesthésies

L’intensité de la douleur varie d’un patient à l’autre. En plus des lombalgies et des radiculalgies, les patients peuvent souffrir de :

  • Paresthésies: qui sont des sensations de picotement, de fourmillements et de décharge électrique ;
  • Dysesthésies: qui correspondent à des altérations de la sensibilité.

Contrairement aux autres types de symptômes que l’on qualifierait de « moteurs », les paresthésies et dysesthésies représentent plutôt des symptômes de type « sensitifs ».

Le syndrome de la queue de cheval

C’est la complication la plus grave de la hernie discale.

La queue de cheval désigne la région terminale de la moelle épinière qui commence à partir de la 2ème vertèbre lombaire jusqu’au coccyx. La compression de cette zone peut aboutir à des symptômes rares comme de l’incontinence urinaire et anale.

Il s’agit d’une urgence chirurgicale du fait que des dommages irréversibles peuvent apparaître et impacter les nerfs de façon sérieuse.

Diagnostic

En matière de diagnostic, les recommandations internationales ne préconisent pas toujours de bilan complémentaire en cas de lombalgie associée à des douleurs aux jambes. Cependant, dans le cas où le médecin décide de déterminer l’origine des douleurs, il peut être prescrit :

radiographie

La radiographie

La radiographie du rachis lombaire de face et de profil qui est le premier examen en cas de douleur chronique et persistante non soulagée par une médication simple.

Le but de la radiographie est d’orienter le diagnostic et d’éliminer plusieurs autres causes de radiculalgie comme la scoliose ou la fracture vertébrale.

Le scanner et l’IRM

En cas de douleurs de forte intensité et incapacitante, le patient peut réaliser un scanner ou un IRM. Ils permettent de visualiser la hernie discale ainsi que d’observer l’éventuelle compression d’un nerf.

Prise en charge thérapeutique

Les objectifs de la prise en charge de la hernie discale sont de :

  • Soulager les douleurs ;
  • Limiter les risques de complications ;
  • Prévenir les incapacités liées à la maladie.

En fonction de l’intensité des douleurs et des gênes fonctionnelles, différents traitements peuvent être proposés.

Le traitement médicamenteux

La mise en place d’un traitement anti-inflammatoire et antalgique est la première étape lors de la prise en charge. Elle permet de soulager plus de 90 % des épisodes douloureux.

Il est toujours débuté de manière systématique en cas de douleur radiculaire typique, non compliquée, y compris en l’absence de bilan radiologique.

Enfin, le patient souffrant de douleur radiculaire ou d’importante lombalgie reçoit un arrêt de travail pour une mise au repos prolongé (15 jours), indispensable à la récupération.

Les infiltrations

En cas d’échec du traitement, la deuxième démarche consiste le plus souvent à l’administration de corticoïdes directement dans la zone concernée par la hernie discale. Les infiltrations dans le rachis s’effectuent sous contrôle radiologique par un radiologue ou un rhumatologue.

Les infiltrations sont des traitements spontanés qui ont pour objectif de faire diminuer drastiquement l’inflammation afin de réduire les douleurs.

Traitement hors de la crise

Après le traitement médicamenteux ou les infiltrations, une phase de réadaptation commence. Elle consiste plus particulièrement en :

Traitement hors de la crise

  • Un renforcement musculaire du dos, chez un kinésithérapeute ;
  • Une perte de poids si nécessaire ;
  • Une mise au repos afin d’attendre que la hernie se résorbe d’elle-même dans les 3 à 6 mois suivant la crise douloureuse.

Cependant, si les douleurs persistent et que les traitements s’avèrent inefficaces, le médecin adressera le patient vers un chirurgien spécialiste afin de recueillir son avis en vue d’une éventuelle opération.

La chirurgie

Une opération de hernie discale lombaire peut être proposée aux patients dont le traitement médical prolongé (supérieur à 6 semaines) s’est avéré être un échec, lors d’une éventuelle urgence, ou bien en cas de situations à risque de lésion irréversible sur la racine des nerfs.

Ces situations à risque conduisant à un traitement chirurgical en urgence sont :

  • La présence d’une incapacité fonctionnelle comme une paralysie d’une partie du membre inférieur ;
  • En cas de syndrome de la queue de cheval révélé par des incontinences anales ou urinaires ;
  • En cas de sciatalgie sévère très douloureuse provoquant : une impossibilité de se lever, de marcher, soulagée ou non uniquement par un traitement morphinique.

Plusieurs opérations existent et le chirurgien choisit le type d’intervention en fonction de la gravité de la hernie discale.

  • Le traitement microchirurgical de la hernie discale lombaire consiste en l’ablation de la hernie discale et dans un nettoyage du disque libérant la racine nerveuse et soulageant ainsi de la douleur dans la jambe. Ce but est obtenu dans 85% des cas ;
  • Dans les cas les plus graves, il est possible de remplacer le disque défaillant par une prothèse synthétique de disque intervertébral.

Jean C., Pharmacien 

– La hernie discale lombaire. Site internet. Mis à jour le 22 mars 2014.
– Hernie discale lombaire. Institut parisien du dos. – Consulté le 18 juillet 2017.

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