Débutant le plus souvent par une cystite aigüe mal soignée ou récidivante, la pyélonéphrite aigüe se caractérise par une infection urinaire, d’origine bactérienne, remontant des voies urinaires basses jusqu’aux reins.

Les femmes de 15 à 65 ans sont nettement plus touchées que les hommes. Seul un examen cytobactériologique des urines permet de confirmer le diagnostic via l’identification des germes présents.

Contraception des femmes

Pyélonéphrite aigüe : description

Qu’est-ce qu’une pyélonéphrite ?

D’après sa définition, la pyélonéphrite est une infection, associée à une inflammation, d’origine bactérienne, de l’appareil urinaire dans sa partie haute (reins) dont le germe responsable est le plus souvent Escherichia coli. Cette bactérie est présente naturellement chez les mammifères au niveau de la zone ano-génitale ou de la peau, mais peut réussir à remonter, dans certains cas, dans la vessie. 75 à 90% des cas de pyélonéphrites sont dus à cet agent infectieux.

D’autres germes tels que chlamydia et les gonocoques sont à l’origine des cas restants.

En cas d’infection aiguë, en règle générale, un seul des deux reins est touché ; on parle alors de pyélonéphrite aigüe. Lors du passage à la chronicité (c’est-à-dire lorsque l’infection perdure ; par exemple lors d’infections urinaires récidivantes), les deux reins peuvent être atteints. C’est la pyélonéphrite chronique.

Comment se déclare une pyélonéphrite ?

Le déclenchement d’une pyélonéphrite est souvent le résultat d’une cystite mal traitée ou résistante au traitement entrepris (80% des cas).

Dans un premier temps, l’infection est déclenchée par la présence du germe bactérien qui stagne dans les urines au niveau de la vessie. Lorsque ce germe n’est pas complètement éradiqué, l’infection s’aggrave et remonte jusque dans les reins, en atteignant une partie spécifique du rein, appelée le pyélon (ou bassinet). D’où le terme de pyélonéphrite.

La communication des reins avec les voies urinaires

Le canal conduisant l’urine du rein jusqu’à la vessie est qualifié d’uretère. Ce conduit urinaire est aussi touché par la pyélonéphrite.

Comme pour la cystite aigüe, les femmes sont plus fréquemment touchées par la pyélonéphrite aigüe que les hommes et ce pour plusieurs raisons :

  1. La moindre longueur de leur urètre favorise davantage l’entrée des germes pathogènes dans la vessie ;
  2. La période de grossesse peut entraîner des modifications du diamètre de la vessie, d’où un ralentissement des fonctions urinaires ;
  3. La période de post-ménopause peut aussi jouer sur le déclenchement de cette infection ;
  4. Des rapports sexuels, surtout non protégés, peuvent augmenter la prolifération de germes anormaux.

Par ailleurs, une constipation prolongée (favorisant le passage des germes dans les voies urinaires) ainsi que des déformations anatomiques de l’appareil urinaire (empêchant le bon fonctionnement) peuvent aussi justifier l’apparition d’une pyélonéphrite.

Symptômes et évolution

Les symptômes caractérisant la pyélonéphrite aigüe sont assez nombreux mais surtout violents lorsqu’ils sont précédés d’un épisode de cystite aigüe. Il est donc fortement recommandé de ne pas perdre de temps à prendre en charge l’infection lorsque plusieurs des symptômes suivants se manifestent :

  1. Une fièvre supérieure à 38,5 °C ;
  2. Des frissons ;
  3. Un malaise général ;
  4. Des douleurs de la fosse lombaire, en général présentes d’un seul côté et parfois accompagnées de douleurs abdominales ;
  5. Des signes éventuels de cystite tels que des envies fréquentes d’uriner, une sensation de brûlure lors de la miction, une urine trouble ;
  6. Des troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, ballonnements réguliers.

Lorsque des personnes fragiles telles que les personnes âgées sont touchées par cette infection urinaire dite sévère, les symptômes sont différents et surtout plus graves :

  1. Troubles de la conscience ;
  2. Troubles respiratoires ;
  3. Faiblesse physique générale importante ;
  4. Pâleur ;
  5. Changement de coloration de la peau cutanée.

Dès la présence de ces signes, il est donc indispensable de consulter en urgence auprès d’un médecin pour éviter des complications plus graves de la pyélonéphrite (exemple : choc septique).

Diagnostic

Lors de l’observation clinique des symptômes (décrits précédemment), le médecin peut alors suspecter une pyélonéphrite. Il va pouvoir renforcer cette suspicion en effectuant des examens biologiques complémentaires.

Un premier test sous forme de bandelette urinaire, pratiqué en personne par le médecin généraliste, va permettre d’écarter ou non la piste éventuelle d’une infection urinaire. La détection de traces de sang et de leucocytes/nitrites, composés produits par la bactérie dans les urines, permet de révéler une infection.

En complément de cet examen positif et des symptômes observés, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est alors systématiquement proposé au patient afin de rechercher la souche bactérienne responsable de l’infection. Cet examen se décline en deux étapes :

Les différentes étapes d'analyse de l'urine des patients atteints de pyélonéphrite

  1. Une numération bactérienne sur ensemencement d’urine ;
  2. L’identification de la bactérie via ses caractères biochimiques.

La réalisation d’un antibiogramme vient compléter cet examen pour évaluer la sensibilité de la bactérie aux différents antibiotiques.

Dans tous les cas, une fois que le patient a effectué son recueil d’urines, il peut directement démarrer le traitement d’antibiotiques qui lui a été prescrit. Si l’antibiogramme révèle que l’antibiotique choisi n’est pas actif, le médecin procédera à un changement.

Dans le cas des pyélonéphrites aigües à risque de complications (personnes âgées, femmes enceintes, etc), des examens sanguins peuvent être prescrits tels que :

  1. La numération formule sanguine (NFS) : une hausse du nombre de globules blancs est souvent synonyme d’une éventuelle infection dans l’organisme ;
  2. Le dosage de la créatinine : le niveau de créatinine est révélateur du fonctionnement des reins et surtout de son activité de filtration ;
  3. La recherche de marqueurs éventuels de l’inflammation (exemple : vitesse de sédimentation) ;
  4. L’hémoculture : essentiellement réalisée en cas de doute ou de sévérité de l’infection urinaire. Elle permet de détecter la présence de germes dans le sang.

Lors de symptômes cliniques trop intenses (avant et après la prise d’antibiotiques pendant 3 jours) ou de pyélonéphrite récidivante, des examens anatomiques doivent être effectués dans les plus brefs délais (maximum 24 heures) :

  1. Echographie des reins ; Ecographie de l'appareil urinaire et rénal
  2. Echographie des voies urinaires ;
  3. Echographie de la vessie.

Non systématique lors d’un premier épisode de pyélonéphrite aigüe, cet examen va permettre d’observer des éventuelles malformations des reins ou de l’appareil urinaire, favorisant la survenue d’infection. Un calcul (ou lithiase) ou autre complication rénale peuvent aussi être détectés via ce bilan d’imagerie.

Traitement

Comme toute infection, le traitement permettant de traiter la pyélonéphrite aigüe repose sur une antibiothérapie. Ce traitement doit être pris dès que le diagnostic est posé avec le médecin et surtout une fois que l’examen d’ECBU (analyse des urines) a été effectué dans un laboratoire d’analyses médicales.

Afin de garantir une efficacité complète, le type de traitement va dépendre du niveau de sévérité de la pyélonéphrite :

  1. Dans le cas d’une pyélonéphrite aigüe « simple » : il va souvent s’agir d’une prise d’antibiotiques à base de fluoroquinolone ou de céphalosporine de troisième génération. La durée du traitement varie entre 10 à 15 jours, voire moins dans les formes les plus simples.
  2. Dans le cas d’une pyélonéphrite aigüe associée à des complications plus graves : le traitement va plutôt consister en une bi-antibiothérapie qui associe un antibiotique de la classe des fluoroquinolones ou céphalosporines à un aminoglycoside.

Afin de prévenir le risque de récidive des infections urinaires, plusieurs mesures hygiéno-diététiques doivent s’appliquer et ce régulièrement pour avoir un réel impact sur le bon fonctionnement de l’organisme.

Ces différentes mesures de prévention vous sont récapitulées en détail en bas de cette fiche médicale.

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

– Comprendre la pyélonéphrite aigüe. Ameli Santé. Le 16 mai 2017.
– Prise en charge des pyélonéphrites aigües. Association française d’urologie – URO France. J. Drai, T. Bessede, J.-J. Patard. Le 06 janvier 2011.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer