Nouvelle flambée de maladie à virus Ebola : que recommande l’OMS ?

Par |Publié le : 11 juin 2026|Dernière mise à jour : 5 juin 2026|5 min de lecture|

Une épidémie de maladie à virus Ebola est actuellement en cours en République démocratique du Congo où circule le variant Bundibugyo. À ce jour, l’absence de traitement spécifique contre ce variant a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à qualifier cette épidémie « d’urgence sanitaire de portée internationale ». Des mesures renforcées de prévention et de surveillance sont donc indispensables pour prévenir tout risque d’importation du virus dans d’autres régions du globe. Quelles sont les recommandations de l’OMS face à cette flambée de maladie à virus Ebola ? On fait le point.

Ebola.

Maladie à virus Ebola : qu’est-ce que c’est ?

La maladie à virus Ebola (également appelée fièvre hémorragique à virus Ebola) désigne une maladie grave et souvent mortelle. Transmis par des animaux sauvages à l’être humain, le virus se propage ensuite au sein de la population à la faveur d’une contamination interhumaine (via les fluides corporels des personnes malades comme la salive, les urines, le sang, le lait maternel etc.).

À savoir !La chasse, la préparation et la consommation de viande de brousse constituent des situations à risque. Par ailleurs, étant donné que la maladie peut également se transmettre par voie sexuelle plusieurs mois après la guérison de la personne malade, des rapports sexuels protégés sont recommandés.

Le temps d’incubation entre le contact avec le virus et l’apparition des premiers symptômes, peut varier de 2 à 21 jours selon les patients. On observe généralement une fièvre brutale accompagnée d’une grande fatigue, des douleurs musculaires ainsi que des maux de tête. Peuvent ensuite apparaître des vomissements, de la diarrhée, une éruption cutanée voire des hémorragies internes et externes (par exemple saignements des gencives ou du nez, sang dans les selles ou hématomes cutanés).

À savoir !Lorsque le système nerveux central est atteint, le patient peut souffrir d’un état de confusion et d’agressivité.

Aucun traitement spécifique validé n’est actuellement disponible contre le variant Bundibugyo, même si plusieurs stratégies thérapeutiques sont en cours d’évaluation. La prise en charge repose donc essentiellement sur le traitement des symptômes et sur la réhydratation de soutien par voie orale ou intraveineuse. Dès lors, l’application de mesures de prévention est indispensable pour limiter au maximum la transmission du virus.

Nouvelle flambée de maladie à virus Ebola : que recommande l’OMS ?

Une épidémie de maladie à virus Ebola sévit actuellement en République démocratique du Congo où circule le variant Bundibugyo. Le 16 mai dernier, huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects ont en effet été signalés dans la province de l’Ituri. Deux semaines plus tard, force est de constater que l’épidémie ne cesse de s’étendre avec un peu plus d’un millier de cas recensés, 246 décès et un second pays touché : l’Ouganda, selon un récent bilan.

À ce jour, l’absence de traitement spécifique contre le variant Bundibugyo a conduit l’Organisation mondiale de la santé à qualifier cette épidémie « d’urgence sanitaire de portée internationale ». C’est dire combien la situation est prise au sérieux par les autorités sanitaires.

Dès lors, limiter la transmission de la maladie au sein de la population devient une priorité pour l’OMS. Parmi les mesures préventives évoquées, citons :

  • La mise en place de règles d’hygiène strictes (gants et vêtements de protection adaptés).
  • Le diagnostic rapide des personnes contaminées avec un dépistage aux frontières et sur les principales routes intérieures afin d’identifier rapidement les cas suspects.
  • L’isolement immédiat des cas confirmés dans un centre spécialisé (aucun voyage national ou international possible jusqu’à ce que deux tests de diagnostic spécifiques réalisés à au moins 48 heures d’intervalle soient négatifs).
  • Le traçage des cas contacts avec surveillance quotidienne, déplacements nationaux limités et interdiction de voyages internationaux dans les 21 jours suivant l’exposition. 

Par ailleurs, les mesures préventives recommandées à la population consistent à :

  • Respecter les règles d’hygiène de base, notamment, le lavage régulier des mains.
  • Limiter les contacts à risque avec des animaux sauvages potentiellement infectés (chauves-souris réservoirs du virus et viandes de brousse crues issues de grands singes ou d’antilopes forestières).
  • Eviter les contacts avec les personnes infectées.
  • Lors des cérémonies funéraires, éviter les contacts avec les corps des personnes décédées (ils restent contagieux pendant plusieurs jours).
À savoir !Faute de traitements spécifiques et de vaccins immédiatement disponibles contre le variant Bundibugyo, l’OMS juge que plusieurs produits expérimentaux (anticorps monoclonaux et antiviraux) sont suffisamment prometteurs pour justifier une évaluation prioritaire dans le cadre d’essais cliniques. 

Quelles recommandations sanitaires aux voyageurs ?

Vu que le virus Ebola ne circule pas sur le territoire français, les recommandations sanitaires de précaution s’appliquent principalement aux voyageurs qui se rendent ou quittent la République démocratique du Congoet l’Ouganda.

S’agissant des voyageurs qui se rendent en République démocratique du Congo, notamment dans la province d’Ituri ou en Ouganda, il est recommandé de reporter le voyage si possible. Cette recommandation concerne surtout les personnes les plus vulnérables telles que les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les personnes présentant des comorbidités et les femmes enceintes). Si le report du voyage n’est pas possible, il convient d’appliquer les consignes sanitaires de prévention et de se tenir informé auprès des instances officielles (via Fil d’Ariane ou les informations émanant de l’ambassade).  

S’agissant des voyageurs rentrant en France après un séjour en République démocratique du Congo ou en Ouganda, il leur est demandé de surveiller leur température quotidiennement pendant 21 jours après le retour et de contacter le 15 en cas d’apparition de fièvre supérieure ou égale à 38°C pour une prise en charge hospitalière appropriée.

Sources
– L’épidémie de maladie d’Ebola due au virus Bundibugyo en Ouganda et en République démocratique du Congo constitue une urgence de santé publique de portée internationale. OMS.. . Consulté le 4 juin 2026.
– Ebola. Institut Pasteur. . www.pasteur.fr. Consulté le 4 juin 2026.
– Ebola : point de situation et mesures mises en œuvre. Site officiel du gouvernement. . www.info.gouv.fr. Consulté le 4 juin 2026.
Sources

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Deborah L.
Pharmacienne. Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie. Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.