La pilule : nouvelle arme de protection contre le cancer de l’ovaire ?

Oct 12, 2018 par

Plus de cent millions de femmes à travers le monde ont recours chaque jour à la prise de la pilule pour se protéger d’une éventuelle grossesse. Et si ce moyen de contraception hormonale couramment utilisé pouvait également protéger contre le risque d’apparition du cancer de l’ovaire ?  C’est ce que suggère une récente étude danoise qui s’est intéressée aux nouvelles combinaisons de formules contraceptives présentes sur le marché.

pilule

Les nouvelles formules de pilules

Chez la femme en âge de procréer, les ovaires produisent de façon normale et mensuelle deux hormones nécessaires à l’ovulation : l’œstrogène et la progestérone. Le rôle de la pilule contraceptive consiste à mettre les ovaires “au repos” par modification des quantités hormonales naturelles afin de bloquer l’ovulation de façon momentanée et de réduire le risque de grossesse.

À savoir ! Plusieurs formules de pilules existent sur le marché avec des dosages et des compositions propres pour une efficacité équivalente. Chaque femme doit donc trouver, avec l’aide de son médecin traitant, la formule qui lui convient le mieux.

Des études antérieures ont déjà démontré que le risque de cancer de l’ovaire était réduit chez les utilisatrices d’une contraception œstroprogestative et que cet effet persistait pendant plusieurs années après l’arrêt de la contraception.

Cependant, la plupart de ces études ont été réalisées sur des combinaisons anciennes de contraceptifs (de 1ère et 2ème générations). De nouvelles formules ont depuis été commercialisées : elles contiennent des doses plus faibles d’œstrogènes ainsi que de nouveaux progestatifs tels que le désogestrel, le gestodène (pilules de 3ème génération) ou encore la drospirénone (pilule de 4ème génération).

Dans ce contexte, une équipe de scientifiques danois a cherché à évaluer l‘impact des récentes combinaisons de pilules œstroprogestatives et des progestatifs seuls sur le risque d’apparition du cancer ovarien.

Pilule et protection contre le cancer ovarien

Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont réalisé une étude incluant toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans entre 1995 et 2014, inscrites sur le registre national danois.

C’est ainsi que près de 2 millions de personnes ont été suivies jusqu’au premier diagnostic de cancer ovarien ou jusqu’à la fin de l’étude, le 31 décembre 2014. Elles ont été réparties en trois groupes selon leur mode d’utilisation de la pilule :

  • non-utilisatrices (femmes n’ayant jamais pris de contraception hormonale)
  • utilisatrices actuelles (ou ayant arrêté depuis moins d’un an)
  • anciennes utilisatrices (femmes ayant arrêté depuis plus d’un an).

Les données recueillies par les chercheurs les ont menés aux conclusions suivantes :

  • L’utilisation d’une contraception hormonale à base de pilules nouvelles générations est associée à une réduction du risque de cancer de l’ovaire semblable à la réduction du risque observée avec les contraceptifs plus anciens.
  • Les utilisatrices actuelles ou anciennes présentent un risque réduit de cancer de l’ovaire (de 42 % et 23 %) comparé à celles qui n’ont jamais utilisé de contraception hormonale.
  • L’effet protecteur se renforce avec la durée de la contraception : réduction du risque de 18 % pour les femmes ayant utilisé une contraception hormonale pendant 1 an, et jusqu’à 74 % pour les utilisatrices de plus de 10 ans.
  • La majorité des femmes de l’étude ont eu recours à une contraception hormonale œstroprogestative et il n’apparaît pas de différence significative de réduction du risque selon le type de progestatif.

Ces conclusions sont valables pour pratiquement tous les types de cancers ovariens. Les chercheurs n’ont cependant pas pu démontrer un lien entre contraception progestative seule et réduction du risque de cancer ovarien, car le nombre de femmes de l’étude ayant utilisé exclusivement ce type de contraception était trop faible pour fournir un résultat significatif.

En mettant en évidence le rôle protecteur de la pilule contre l’apparition des cancers ovariens, cette étude ouvre de nouvelles perspectives de prévention et d’information de la population féminine.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– La pilule contre le cancer de l’ovaire. Jim. Le 28 septembre 2018.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
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