Polluants éternels : interdiction de certains vêtements et cosmétiques dès le 1er janvier 2026
Présents dans de nombreux produits du quotidien, les polluants éternels, aussi appelés PFAS, suscitent depuis plusieurs années une attention croissante des autorités sanitaires et environnementales. Leur extrême persistance dans l’environnement et leur accumulation dans l’organisme humain soulèvent des enjeux majeurs de santé publique. Que sont concrètement les PFAS ? Quels produits sont concernés par la nouvelle interdiction entrée en vigueur au 1er janvier 2026 ? Quelles exceptions sont prévues par la loi ? On fait le point sur ce nouveau cadre réglementaire.

Que sont les « polluants éternels » et pourquoi posent-ils problème ?
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, regroupent plusieurs milliers de composés chimiques de synthèse. Ils sont employés depuis des décennies pour leurs propriétés déperlantes, antitaches, antiadhésives et leur résistance à la chaleur.
On les retrouve dans de nombreux objets du quotidien, notamment :
- Des vêtements imperméables et techniques, comme les parkas, vestes de randonnée ou vêtements de sport ;
- Des chaussures exposées à l’humidité ou aux salissures ;
- Certains cosmétiques, où ils améliorent la tenue, la texture ou la résistance à l’eau ;
- Les farts pour skis, utilisés pour réduire les frottements et améliorer la glisse ;
- Des textiles d’ameublement, comme les nappes antitaches ou tissus traités ;
- Certains emballages alimentaires, notamment ceux résistants aux graisses ;
- Des ustensiles de cuisine, en particulier les poêles et casseroles à revêtement antiadhésif.
Ces usages multiples expliquent la diffusion massive des PFAS dans l’environnement. Le principal problème tient à leur très faible dégradabilité. Ces substances persistent pendant des décennies, voire davantage, dans les sols, l’eau et le corps humain. De nombreuses études scientifiques ont mis en évidence des associations entre une exposition chronique à certains PFAS et des effets sanitaires, notamment des perturbations hormonales, des atteintes du système immunitaire et une augmentation de certains risques métaboliques. Ce qui justifie l’interdiction progressive fondée sur le principe de précaution.
Interdiction des PFAS dans les vêtements et les cosmétiques
Cette évolution réglementaire s’inscrit dans le cadre de la loi n° 2025-188 adoptée par le Parlement français en février 2025. Son décret publié au Journal officiel fixe l’entrée en vigueur de l’interdiction au 1er janvier 2026.
Sont désormais interdits à la fabrication, à l’importation, à l’exportation et à la mise sur le marché, au-delà de seuils définis :
- Les cosmétiques contenant des PFAS ;
- Les vêtements et chaussures, notamment les articles imperméables ou de randonnée ;
- Les farts pour skis, en particulier les produits fluorés.
Le texte prévoit également une extension de l’interdiction à l’ensemble des textiles (ameublement, automobile, usages domestiques) à l’horizon 2030. Cette progressivité vise à laisser le temps aux industriels de développer des solutions de substitution fiables et efficaces.
Un délai d’écoulement des stocks est prévu : les produits fabriqués avant le 1er janvier 2026 pourront encore être mis sur le marché pendant douze mois maximum.
Quelles exceptions sont prévues par le décret ?
Le décret prévoit plusieurs dérogations encadrées, afin de ne pas compromettre certains usages jugés essentiels. Ne sont notamment pas concernés par l’interdiction :
- Les équipements de protection et de sécurité des personnes, relevant de la défense nationale ou de la Sécurité civile ;
- Les textiles techniques à usage industriel, lorsque les propriétés des PFAS sont indispensables ;
- Certains textiles à usage médical, uniquement en l’absence de solution de substitution validée.
Une disposition spécifique concerne également les produits intégrant des matières recyclées. Pour les vêtements et chaussures contenant au moins 20 % de matières recyclées, la présence de PFAS est tolérée uniquement dans la fraction recyclée, dans des limites strictement définies.
Ces exceptions traduisent la volonté du législateur de concilier protection de la santé, enjeux environnementaux et contraintes techniques réelles, sans compromettre la sécurité ou certains usages critiques.
À noter !
– Les PFAS sont des substances extrêmement persistantes, présentes dans de nombreux produits du quotidien ;
– De nombreuses études scientifiques montrent des liens entre une exposition chronique à certains PFAS et des effets sur la santé humaine ;
– L’interdiction pour certains cosmétiques, vêtements, chaussures et farts pour skis entre en vigueur le 1er janvier 2026 ;
– Un délai d’écoulement des stocks de douze mois est prévu pour les produits fabriqués avant cette date ;
– L’ensemble des textiles sera concerné à partir de 2030, avec des exceptions strictement encadrées ;
– Les poêles et ustensiles de cuisine restent autorisés pour l’instant, mais leur réglementation est toujours en discussion.
L’entrée en vigueur de l’interdiction des polluants éternels dans certains vêtements, cosmétiques et équipements marque une étape importante dans la réduction des expositions évitables aux PFAS. Sans supprimer totalement ces substances à court terme, ce cadre réglementaire amorce une transition progressive vers des alternatives plus sûres, tant pour l’environnement que pour la santé humaine. Il est toutefois essentiel de souligner que les poêles et ustensiles de cuisine à revêtement antiadhésif restent autorisés à ce stade. Leur encadrement ne fait pas partie du périmètre immédiat de la loi de 2025, mais fait l’objet de discussions notamment au niveau européen.
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