La dysorthographie est un trouble d’apprentissage persistant concernant l’acquisition et la maîtrise de l’orthographe. On l’associe souvent à un autre trouble bien connu : la dyslexie. En effet, les déficits cognitifs à l’origine des troubles sont présents autant en écriture qu’en lecture.


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Troubles DYS et autre trouble de l’apprentissage

dysorthographie

Définition de la dysorthographie

Le Larousse définit la dysorthographie, dont l’étiologie est encore flou, comme étant une « difficulté spécifique d’apprentissage de l’orthographe chez un enfant qui ne présente pas par ailleurs de déficit intellectuel, sensoriel ou de trouble majeur de la personnalité et qui est normalement scolarisé ». Ces difficultés entraînent une altération de l’écriture spontanée ou de l’écriture sous dictée.

Ce trouble affecte principalement l’apprentissage et l’automatisation de la correspondance phonème-graphème, autrement dit de l’unité sonore à son unité écrite, et la capacité à visualiser l’orthographe des mots. Il est à l’origine d’omissions (jadin au lieu de jardin), d’inversions (jradin pour jardin) et de substitutions de lettres/syllabes (vardin pour jardin) à l’écrit.

Souvent, mais pas systématiquement, la dysorthographie est associée à la dyslexie. Cependant, les troubles de l’orthographe sont généralement plus sévères et persistent plus longtemps que ceux liés à la lecture. Certains enfants développent par ailleurs des stratégies permettant de compenser les difficultés de lecture. Ils camouflent ainsi leur trouble en anticipant les mots avec le contexte, par exemple.

Symptômes

Au cours des premiers apprentissages, on peut noter plusieurs manifestations caractéristiques du trouble :

  • Une mauvaise utilisation des lettres ou groupe de lettres pour représenter un son ;
  • Une tendance à substituer certaines lettres, par exemple les F et les V ou les T et les D ;
  • Des omissions, ajouts ou déplacements des lettres dans un mot, par exemple « abre » au lieu de « arbre » ;
  • Une tendance à coller les mots ensemble ou à les couper de façon inappropriée, par exemple «  toutacou » au lieu de « tout à coup » ;
  • Une écriture au son.

Lors de la poursuite des apprentissages, on observe que l’enfant :

  • Ne tiens pas compte des règles orthographiques (par exemple, gitare ou chanbre) ;
  • Mélange les homophones (par exemple, vert et verre) ;
  • N’utilise pas la bonne lettre ou groupe de lettre selon la fréquence et la position dans le mot (par exemple, bato) ;
  • A des difficultés à mettre en application des stratégies de correction orthographique.

Par ailleurs, l’enfant éprouve de grandes difficultés pour certains travaux scolaires combinant la lecture et l’écrit, notamment :

  • La lecture d’un texte demandant une réponse par écrit ;
  • La prise de note et sa relecture.

Les symptômes peuvent varier d’un enfant à l’autre en fonction des déficits cognitifs, du degré de sévérité et de la présence ou non d’autres troubles associés.

À savoir ! La présence d’un ou plusieurs des symptômes cités précédemment ne conduit pas automatiquement au diagnostic de dysorthographie. En effet, plusieurs de ces symptômes reflètent le parcours normal d’apprentissage. Ce qui doit alerter, c’est la persistance de ces difficultés.

La dysorthographie peut avoir divers impacts sur le comportement de l’enfant qui :

  • A besoin de plus de temps pour effectuer un travail scolaire nécessitant d’écrire (ou de lire quand le trouble est associé à une dyslexie) ;
  • N’écrit que des textes courts afin d’éviter la correction de l’orthographe ;
  • Choisis des mots dont il connaît l’orthographe, ce qui limite son vocabulaire ;
  • Évite les tâches impliquant l’écriture (et la lecture en cas de dyslexie associée) ;
  • A des difficultés en anglais ;
  • A des difficultés générales lorsque l’écriture et la lecture sont sollicitées de façon importante ;
  • A une faible estime de soi.

Diagnostic

Le diagnostic de dysorthographie nécessite une évaluation approfondie de la sphère cognitive, à savoir le potentiel intellectuel, la mémoire, l’attention, etc. L’objectif est d’identifier la présence d’un trouble spécifique ou d’autres déficits responsables des difficultés observées.

L’analyse de la nature et de la fréquence des erreurs oriente la stratégie de rééducation. En milieu scolaire, les enfants présentant ce trouble peuvent bénéficier d’adaptations (par exemple, temps supplémentaire pour rédiger un texte, droit à des aide-mémoires pour certaines règles d’orthographe, support de cours informatisé, plus de souplesse dans la correction etc.). En effet, l’évaluation neuropsychologique permet de faire le point sur les adaptations à préconiser, mais permet aussi à l’enfant de comprendre ses difficultés.

Traitement

Bien que le trouble soit persistant, il est important que l’enfant accède à une rééducation pour lui permettre d’évoluer, de comprendre et d’apprendre à vivre et à pallier ses difficultés.

Lorsque le diagnostic de dysorthographie est posé, la rééducation peut être adaptée au besoin de l’enfant. Souvent, on recommande un suivi individuel en orthopédagogie ou en orthophonie. Lors des séances de rééducation, l’enfant revoit avec le thérapeute les correspondances phonèmes/graphèmes et certaines règles orthographiques. Des stratégies de visualisation et de mémorisation de l’orthographe des mots sont également inculquées à l’enfant.

D’autres professionnels de santé peuvent intervenir, par exemple un ergothérapeute ou un psycho-éducateur, selon les besoins.

Mesures en milieu scolaire

Il est important d’établir une collaboration avec les intervenants scolaires afin de s’entendre sur des objectifs communs et les adaptations à apporter. Pour cela, il faut :

  • Communiquer régulièrement avec les intervenants scolaires ;
  • Informer l’enseignant sur le temps nécessaire à la lecture ou écriture d’un texte, les difficultés ou facteurs facilitants observés ;
  • Identifier avec l’enseignant les apprentissages prioritaires.

En classe, quelques mesures peuvent être prises pour aider l’enfant dans sa démarche. L’important est de prévoir des mesures réalisables dans une classe permettant l’autonomie de l’enfant, par exemple :

  • Utiliser un dictionnaire à entrée phonétique (par exemple Eureka) et/ou électronique, visuel ;
  • Aider à la correction ;
  • Utiliser l’ordinateur pour les étapes de production d’un texte ;
  • Utiliser des outils d’aide à la rédaction (prédicateur de mots, organigramme, etc.) ;
  • Permettre de communiquer des réponses par d’autres moyens comme l’oral, le surlignement, etc.

De façon plus générale, il est possible :

  • De limiter la prise de notes en utilisant les notes d’un autre élève ou des photocopies données par l’enseignant par exemple ;
  • De fractionner la tâche ;
  • De prévoir des pauses lors d’exercice d’écriture long ;
  • De limiter les sources de distraction.

Mesures à la maison

Au domicile, il est possible de prendre part à la rééducation de l’enfant :

  • Lui donner le goût à la lecture. En effet, pour qu’une personne progresse, il est nécessaire qu’elle soit exposée de façon importante à l’apprentissage. Pour cela, il faut sélectionner les lectures en fonction de ses intérêts et mettre à disposition de l’enfant plusieurs formats (bande-dessinées, revues, journaux, livre, etc.). Il est également utile de faire la lecture (même chez les plus vieux) complète ou partagée dans un contexte agréable pour l’enfant ;
  • Soutenir la lecture précise des mots afin de créer des contextes signifiants et agréables de lecture incitant l’enfant à identifier les mots avec précision. Pour cela, il est possible de lire des blagues, lire une recette et la faire, lire et reproduire des expériences scientifiques, faire du karaoké, jouer à des jeux de société avec des questions, etc. ;
  • Lui montrer comment est construite notre langue afin qu’il comprenne ce qui se fait ou non, les lettres qui vont ensembles, les lettres muettes possibles, les lettres qui s’associent pour former un son. Pour cela, plusieurs jeux existent : le pendu, le boggle, le scrabble, etc.

Charline D., Pharmacien

– Dysorthographie. Larousse. Consulté le 19 janvier 2018.
– La dyslexie-dysorthographie. Institut des troubles d’apprentissage. Consulté le 19 janvier 2018.
– Dyslexie-dysorthographie : Trouble du langage écrit. CENOP. Consulté le 19 janvier 2018.