Électrothérapie

L’électrothérapie regroupe, en médecine, l’ensemble des méthodes thérapeutiques qui utilisent l’électricité pour traiter des maladies.

Électrothérapie

L’origine de l’électrothérapie

Depuis très longtemps, le recours à l’électricité existe dans la prise en charge médicale de certaines pathologies. En effet, la première fois que la stimulation électrique fut utilisée à des fins thérapeutiques est en l’an 15 avant Jésus-Christ, pour l’empereur romain Tibérius qui souffrait alors de douleurs chroniques. C’est son médecin qui recommanda l’utilisation de la raie électrique ou poisson torpedo afin de le soulager. Par la suite, on rapporte également l’utilisation des raies électriques pour les maux de tête, la goutte ou encore l’arthrose. Beaucoup plus tard, au 18ème siècle, la découverte de l’électricité comme source d’énergie par Benjamin Franklin donne lieu à des études expérimentales sur des animaux et des cadavres. Dès 1743, le docteur Johann Gottlob Krüger publie un essai sur les applications thérapeutiques de l’électricité. Il s’intéresse tout particulièrement aux résultats obtenus chez les patients souffrants de paralysie. Beaucoup d’autres médecins, dont Luigi Galvani et Michael Faraday s’intéressent de très près aux possibilités thérapeutiques de l’électricité, et posent progressivement les bases de ce qui sera plus tard l’électro médecine. En 1855, les premières électrodes sont mises au point, et permettent de concentrer le courant électrique dans des zones ciblées du corps. En 1874, l’utilisation de la stimulation électrique sur une personne vivante est documentée pour la première fois par le Docteur Bartholow.

Définition et principe de l’électrothérapie

L’électrothérapie est la contraction d’« électro » pour électricité, et « thérapie », c’est donc une thérapeutique utilisant l’électricité. L’électrothérapie est un traitement médical basé sur l’utilisation de l’énergie électrique. A noter que l’on parle également d’électrothérapie pour désigner l’enregistrement de l’activité électrique d’un muscle.

Pour son bon fonctionnement, le corps produit naturellement de l’électricité qui est véhiculée via les nerfs à destination des muscles essentiellement. Dans ce circuit fermé, le générateur est le cerveau, les fils sont les nerfs et le moteur est le muscle. Ainsi, chacun son rôle : le générateur donne l’information, les fils ou câbles la transmettent et le moteur réagit à cette information. L’électrothérapie fonctionne de la même façon. La seule différence est qu’un générateur externe vient shunter la commande volontaire du cerveau. Par exemple, en cas de douleur, les nerfs sont chargés d’envoyer un signal d’alarme au cerveau. Grâce à l’électrothérapie, ce signal d’alarme ne parviendra pas jusqu’au cerveau puisque le générateur externe va court-circuiter la transmission de l’information douloureuse. Le patient sera alors moins douloureux.

L’électrothérapie a recours à des courants électriques de différentes fréquences. Ainsi, un traitement à basse fréquence se situe entre 0 et 1 000 Hz, le traitement à moyenne fréquence, entre 1 000 et 100 000 Hz, et le traitement à haute fréquence utilise un courant supérieur à 100 000 Hz. Ce courant, appliqué sur le corps via des électrodes, a pour effet de soulager les douleurs et favoriser la circulation sanguine. Selon la méthode d’électrothérapie utilisée, l’électricité peut assurer la détente ou, au contraire, la contraction du ou des muscles ciblés par le traitement.

Les différentes techniques d’électrothérapie

L’électrothérapie regroupe un certain nombre de techniques différentes. En effet, certaines utilisent directement les courants électriques, tandis que d’autres utilisent les vibrations, les radiations lumineuses, les ondes électromagnétiques ou encore la bioréaction des muscles.

Deux méthodes thérapeutiques utilisent directement les courants électriques : l’ionisation et les excitoneuromoteurs. L’ionisation est destinée à traiter les maux de tête, les névralgies, les douleurs tendineuses ou articulaires et les contractures grâce à son action locale. Elle peut aussi être employée dans certaines paralysies pour la rééducation. Elle se présente sous forme d’électrodes recouvertes d’éponges imbibées de solution minérale ou anti-inflammatoire à apposer directement sur la peau, et via lesquelles un courant continu de faible intensité est appliqué. Les excitoneuromoteurs disposent des mêmes indications que l’ionisation. Ils utilisent, en revanche, des courants d’intensité discontinus et de fréquence variables.

Les vibrations sont indiquées pour des douleurs articulaires vertébrales et ligamentaires, et pour réduire les cicatrices. Les vibrations sont délivrées grâce à un générateur pulsé à haute fréquence (ultrasons) ou basse fréquence (infrasons) connecté à un cristal piézoélectrique. La thérapie s’applique au moyen d’une sonde en contact avec la peau (préalablement humidifiée ou couverte de pommade analgésique). Les vibrations exercent un effet thermique et un effet de micromassage rapide.

Les radiations lumineuses (infrarouges et ultraviolets) peuvent être utilisées dans un contexte de préparation à certains massages, dans le traitement de l’arthrose, et lors de la phase éruptive du zona pour leur action analgésique. Les radiations lumineuses sont appliquées sur l’ensemble du corps ou uniquement une région localisée. Le port de lunettes de protection est obligatoire.

Les ondes électromagnétiques sont utilisées dans plusieurs situations : pour leur action anti-inflammatoire et circulatoire, pour activer une cicatrisation ou une régénération nerveuse. Le champ électromagnétique est appliqué au niveau de la région à traiter à l’aide d’une tête émettrice que l’on place en regard de la zone d’intérêt. Le port d’une prothèse métallique contre indique l’utilisation de cette thérapie.

Enfin, la bioréaction musculaire, plus connue sous le terme de « biofeedback » est indiquée pour traiter les contractures vertébrales, les maux de tête d’origine psychique (souvent dus au stress), et dans la rééducation motrice. L’activité musculaire de la zone contracturée ou paralysée est enregistrée en continue au moyen d’une électrode de surface. De cette manière, le patient peut s’auto-corriger en modulant l’intensité sonore et visuelle de sa contraction musculaire qu’il observe à l’écran.

L’électrothérapie en pratique

L’électrothérapie est pratiquée en cabinet médical chez un médecin neurologue, à l’hôpital, en centre antidouleur ou en centre de rééducation. Cette thérapie nécessite une série d’environ 5 à 15 séances, de 5 à 30 minutes chacune. Chaque série de séances est renouvelable 3 fois.

Il existe des dispositifs d’électrostimulation ambulatoires : la TENS. Ces appareils sont délivrés sur prescription d’un médecin exerçant dans un centre de la douleur. La TENS (en anglais, Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation) est un traitement analgésique non invasif que l’on connaît depuis les années 70. Les appareils de TENS sont des dispositifs médicaux portatifs délivrant une stimulation électrique via des électrodes adhésives sur la peau au niveau de la zone douloureuse. Ainsi, elle est utilisée dans divers types de douleurs chroniques, lorsqu’une prise en charge médicamenteuse n’est pas envisageable ou en complément de celle-ci. Plusieurs paramètres de stimulation sont disponibles en fonction de la fréquence des impulsions (de 1 Hz à 100 Hz), de l’intensité du courant électrique (0 à 50 mA) et de la largeur de l’impulsion (50 à 500 ms). Les plus utilisés sont :

  • Le mode haute fréquence ou TENS conventionnelle, à savoir une stimulation continue de hautes fréquences comprises entre 70 et 100 Hz, des intensités basses et des largeurs d’onde entre 50 et 200 ms. Ce mode permet d’obtenir des paresthésies (fourmillements) indolores sur la zone ciblée. L’effet analgésique apparaît généralement dans les 20 à 60 minutes, mais ne dure pas après l’arrêt de la stimulation ;
  • Le mode stimulation discontinu « burst » ou « acupuncture like », à savoir une stimulation de basses fréquences, de hautes intensités et des largeurs d’onde comprises entre 100 et 400 ms. Ce mode permet une analgésie rapide pendant la stimulation et perdure après son arrêt.

Les effets secondaires de l’électrothérapie

L’électrothérapie peut être à l’origine, dans de rares cas, de brûlures (particulièrement avec l’ionisation, les excitoneuromoteurs et les radiations lumineuses).

Charline D., Docteur en pharmacie

– Electrothérapie. Larousse. Consulté le 26 février 2019.
– Electrothérapie. RME. Consulté le 26 février 2019.