un appareil pour l'oxygénothérapie

Les maladies respiratoires (par exemple la BPCO ou la mucoviscidose causent aujourd’hui près de 12% des décès, et représentent la première cause d’absentéisme chez les jeunes. L’oxygénothérapie est un traitement, temporaire ou prolongé, indiqué en cas de déficit en oxygène. Elle permet aux patients de prévenir les conséquences de leur pathologie.

Prérequis pour une oxygénothérapie

L’oxygène est un gaz indispensable à la vie. Dans les conditions normales de température et de pression, l’oxygène est un gaz incolore et inodore qui représente 21% de l’air ambiant. Le reste est constitué de 78% d’azote et de 1% de gaz rares.

L’apport en oxygène est assuré par la respiration via les poumons. Le système respiratoire est constitué des voies nasales, de la trachée et des deux poumons. Le rôle de ces derniers est de fournir de l’oxygène à notre organisme, tout en évacuant le dioxyde de carbone. Ils sont localisés dans la poitrine de part et d’autre du cœur.

Un poumon est divisé en plusieurs lobes, séparés les uns des autres par des cloisons appelées scissures. On compte deux lobes pour le poumon droit et trois pour le gauche. Chaque lobe contient les bronches, elles même constituées d’alvéoles (petites poches) reliées entre elles par les bronchioles. Les bronches sont connectées à la trachée.

Au cours de la respiration, l’air arrive donc par la trachée, passe dans les bronches puis les bronchioles et enfin les alvéoles. Une fois dans les alvéoles, le dioxygène contenu dans l’air inspiré traverse leur paroi pour aller dans le sang et être distribué à tout l’organisme. Dans le sens inverse, c’est le dioxyde de carbone qui circule, évacué par les cellules de l’organisme, il repasse via les alvéoles puis les bronches pour s’échapper de la trachée puis la bouche et le nez. On parle alors d’expiration.

L’oxygène est essentiellement (97%) transporté sous forme combinée liée à l’hémoglobine (mesurée par la SpO2 en %), et sous forme dissoute dans le plasma et le cytoplasme des globules rouges (mesurée par la Pa02 en mmHg). La SpO2 permet de mesurer la saturation en hémoglobine en oxygène. La mesure est réalisée par voie transcutanée grâce à un oxymètre de pouls. La SaO2 permet de mesurer la saturation de l’hémoglobine en oxygène par prélèvement sanguin. C’est la mesure la plus fiable. La PaO2 correspond à la pression artérielle exercée par l’oxygène dissout dans le sang.

Une insuffisance respiratoire chronique est diagnostiquée lorsque la PaO2 est inférieure à 70 mmHg et la PaO2 est supérieure à 45 mmHg. A noter qu’une insuffisance respiratoire chronique est dans 90% des cas la conséquence d’une BPCO.

Qu’est-ce que l’oxygénothérapie ?

masque oxygénothérapieL’oxygénothérapie est un traitement médical permettant d’apporter de l’oxygène à l’organisme via les voies respiratoires. En effet, certaines personnes atteintes de maladies pulmonaires ne peuvent pas capter une part suffisante de l’oxygène de l’air et ont donc besoin d’un apport supplémentaire en oxygène. Les besoins en oxygène sont, par ailleurs, particulièrement prononcés en cas d’efforts physiques tels que la marche à pied ou la gymnastique.

Plusieurs sources permettent d’administrer l’oxygène :

  • Un concentrateur d’oxygène en poste fixe (ou extracteur). Cet appareil permet de concentrer l’oxygène contenu dans l’air ambiant pour le faire ensuite inspirer au patient. Il nécessite une alimentation électrique, et par conséquent il est réservé à une utilisation au domicile du patient.
  • Une bouteille d’oxygène médical. Le gaz est comprimé à une pression de 200 bars dans une bouteille spéciale. Ce dispositif est rarement utilisé.
  • Un réservoir cryogénique ou une cuve de dioxygène liquide. Cet appareil permet une meilleure autonomie du patient qui peut se déplacer hors du domicile. Le système est composé d’un réservoir fixe qui contient l’oxygène sous forme liquide, et d’un réservoir portable léger que le patient peut lui-même remplir. La cuve doit être régulièrement remplie par le prestataire.
  • Un concentrateur portable (en sac à dos ou sur roulettes) qui agit comme un concentrateur fixe mais en étant alimenté par une batterie.

A noter ! Aucune source d’oxygène n’est plus efficace qu’une autre. Elle est choisie selon la mobilité du patient et ses besoins en oxygène.

L’objectif d’une oxygénothérapie est d’augmenter la quantité d’oxygène dans le corps de manière à alimenter les tissus et les organes vitaux comme le cœur ou le cerveau. L’objectif thérapeutique est atteint lorsque la Sp02 est supérieure à 90% et que les symptômes s’estompent. Les patients bénéficiant d’une oxygénothérapie ressentent généralement une amélioration des fonctions cognitives (mémoire et concentration), de la tolérance à l’effort, du sommeil et de la qualité de vie.

À savoir ! La fourniture du matériel et sa maintenance sont réalisées par des sociétés spécialisées. La prise en charge est assurée à 100% par la sécurité sociale.

Il n’existe aucun effet indésirable liés à l’apport en oxygène. Il existe en revanche des risques liés à l’oxygénothérapie hyperbare (réalisée dans un caisson) : dommages à l’oreille interne et crise d’angoisse.

À savoir ! Il n’existe pas de contre-indication absolue pour l’oxygénothérapie.

Quelles indications ?

L’oxygénothérapie est principalement indiquée en cas d’insuffisance respiratoire. Cette dernière se traduit par une incapacité des poumons à assurer une oxygénation correcte de l’organisme. Elle se manifeste par un essoufflement parfois associé à d’autres symptômes comme une fatigue intense, des maux de tête, une cyanose (coloration bleutée des extrémités). L’insuffisance respiratoire peut être aigüe et d’installation brutale, ou chronique avec une installation progressive.

Pour que le traitement soit efficace, il est primordial de respecter la prescription du médecin en termes de débit (nombre de litres par minutes) et de durée d’administration (nombre d’heures par jour).

Deux types d’oxygénothérapies sont disponibles : à long terme ou à court terme. L’oxygénothérapie de longue durée est indiquée en cas de BPCO à un stade sévère.

À savoir ! Une surveillance médicale est indispensable pour toute oxygénothérapie de longue durée

A noter ! L’oxygénothérapie peut également être prescrite dans le cadre d’une fin de vie, en soins palliatifs, ou pour traiter une algie vasculaire de la face. L’algie vasculaire de la face est un trouble caractérisé par des crises douloureuses très intenses au niveau de la face (le plus souvent, autour de l’œil et de la tempe). Les douleurs sont généralement associées à une congestion ou un écoulement nasal, un larmoiement et une rougeur de l’œil. Le diagnostic est clinique.

L’oxygénothérapie en pratique

L’oxygénothérapie est prescrite par un pneumologue pour une durée initiale de 3 mois après la réalisation des gaz du sang. Elle est le plus souvent réalisée en milieu hospitalier. En cas de trouble chronique, elle peut être prescrite à domicile. L’oxygénothérapie à domicile concernerait près de 100 000 patients en France, dont environ 90 000 bénéficient d’une oxygénothérapie à long terme.

Selon l’état de santé du patient, l’oxygène peut être délivré par sonde nasale, via un masque ou encore en plaçant le patient dans un caisson spécifique.

L’apport d’oxygène permet de diminuer la détresse respiratoire et améliore donc considérablement la qualité de vie des patients. A noter toutefois que le traitement n’a d’effet que si l’oxygène est inspiré au minimum 16 heures par jour. Dans l’idéale, il faudrait que ce soit 24 heures sur 24.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Oxygénothérapie. Concilio. Consulté le 18 décembre 2020.
– Oxygénothérapie à long terme : choisir la source la plus adaptée. HAS. Consulté le 18 décembre 2020.