Zoothérapie

ZoothérapieLa zoothérapie, aussi appelée la médiation animale, désigne toute activité à but thérapeutique effectuée avec l’aide d’un animal. Cette pratique est accessible à tout le monde, adulte ou enfant. L’animal et les activités pratiquées dépendent de la pathologie du patient et des objectifs fixés.

Qu’est-ce que la zoothérapie ?

La zoothérapie désigne les interventions thérapeutiques et les activités réalisées avec l’assistance ou simplement la présence d’un animal. Cette thérapie s’appuie sur le lien étroit qui se tisse entre l’être humain et l’animal. On parle également de thérapie facilitée par l’animal ou de médiation animale. En réalité, cette pratique ne date pas d’aujourd’hui. Déjà au XIXème siècle, diverses institutions de santé ont recours aux animaux, par exemple le chien, le chat, le cheval ou l’oiseau, pour apaiser les malades mentaux ou encore les personnes traumatisées. Cependant, ce n’est qu’à partir de 1950 que le psychiatre Boris Levinson crée réellement la zoothérapie. Ce psychiatre new-yorkais avait en effet coutume de faire intervenir des chiens ou des chats, selon les patients, lors de ses séances. La zoothérapie est un complément thérapeutique qui consiste à faire intervenir un animal sélectionné (selon le patient) et entraîné, encadré par un professionnel spécialisé, dans le but de favoriser le potentiel cognitif, psychologique, physique ou social du patient.

À savoir ! Il faut différencier zoothérapie de ce que l’on appelle les « activités assistées par l’animal », plutôt destinées à motiver, éduquer ou divertir. En effet, contrairement à la zoothérapie les activités assistées par l’animal n’ont pas d’objectif thérapeutique, même si elles sont bénéfiques sur l’état général de l’individu.

La médiation animale s’intéresse surtout aux rapports avec autrui, à l’éducation ou à la délinquance. Elle est aussi utilisée pour les troubles de l’attention et de la concentration, de dépréciation de soi, de dépression, de solitude et d’isolement.

A propos du zoothérapeute

La profession de zoothérapeute n’existe pas. Les professionnels qui exercent la zoothérapie viennent de divers domaines, comme la psychothérapie, la psychiatrie, le paramédical ou l’éducation. En réalité, il s’agit plutôt d’une spécialisation ou un outil de travail qui vise à compléter les pratiques de soins classiques. Par exemple, des kinésithérapeutes peuvent choisir de se former à la zoothérapie afin de suivre plus efficacement leurs patients en situation de handicap.

Le principe de la zoothérapie

Selon certains chercheurs, l’efficacité de la zoothérapie découlerait de la relation très bénéfique qui peut s’instaurer entre un être humain et un animal. Cette relation permettrait d’augmenter l’estime de soi, et de combler une partie des besoins psychologiques et émotionnels d’un individu comme par exemple le fait de se sentir aimé de manière inconditionnelle ou utile.

Par ailleurs, beaucoup considèrent que la présence d’un animal est un facteur important de réduction du stress, mais aussi un soutien moral dans les situations difficiles (deuil, par exemple) ou encore un moyen de rompre l’isolement et la solitude.

À savoir ! Le fait de posséder un animal domestique ne veut pas dire que l’on pratique la zoothérapie. Bien qu’il est admis qu’un animal de compagnie puisse avoir des bienfaits sur la santé (diminuer le stress ou la pression artérielle, vision plus optimiste, etc.) leur fonction n’est pas purement thérapeutique comme  c’est le cas dans un contexte de zoothérapie encadré par un professionnel de santé.

Enfin, en psychothérapie, l’animal est souvent perçu comme une aide pour modifier le comportement d’un individu ou servir d’instrument de projection pour le malade. Par exemple, il se peut qu’un individu qui perçoive de la tristesse ou de la colère dans les yeux de l’animal projette en réalité ses  propres sentiments intérieurs.

En zoothérapie, c’est souvent le chien qui est utilisé pour son caractère obéissant, sa facilité de transport et d’entraînement, mais aussi du fait que cet animal suscite souvent de la sympathie de la part des patients. D’autres animaux peuvent, toutefois, être utilisés : le poisson rouge, le chat, le cochon, la vache, etc.

Quels sont les bienfaits de la zoothérapie ?

L’impact d’un animal sur un patient est très variable. Il peut aller d’un simple sentiment de relaxation à une diminution considérable du stress, en passant par une meilleure récupération post-opératoire. Les bienfaits sont, en effet, très nombreux et individu dépendant.

1) La présence d’un animal lors d’une séance de thérapie de groupe semblerait favoriser les interactions entre les participants en instaurant un climat de détente.

2) Le seul fait d’être en contact avec un animal ou d’en observer un aurait un effet apaisant et réconfortant. Il existerait des effets bénéfiques à la fois physiques et mentaux. Plusieurs études sur le sujet existent et font état des effets positifs de la présence d’un animal sur les constantes cardiovasculaires (rythme cardiaque, pression artérielle) et l’amélioration de l’humeur d’un individu. Par ailleurs, une étude sociologique sur la présence d’un animal dans un contexte familial démontre un rapprochement des membres de la famille. Enfin, la présence d’un animal serait un stimulant efficace pour garder la forme physique, réduire l’anxiété et les états dépressifs, et améliorer ses capacités de concentration.

3) Une étude italienne a démontré que la zoothérapie aurait des effets bénéfiques sur le bien être psychologique des personnes âgées. Les séances de zoothérapie permettraient de réduire les états dépressifs et l’anxiété. Une autre étude a mis en évidence une diminution du sentiment de solitude chez les personnes âgées grâce à la zoothérapie.

4) Des séances de zoothérapie permettraient d’améliorer la qualité de vie des schizophrènes. Une étude qui portait sur 12 semaines de zoothérapie a montré des effets positifs sur la confiance en soi, la capacité d’adaptation et la qualité de vie des patients schizophrènes.

5) La zoothérapie peut contribuer à la guérison en post-opératoire. En effet, une revue systématique (compilation des données de plusieurs études) de 2008 a estimé que la zoothérapie en post-opératoire permettrait une réduction de la perception de la douleur, mais aussi une meilleure acceptation de la situation. Une autre étude de 2009 faisait état d’une diminution de la nervosité, de l’anxiété et une meilleure humeur des patients hospitalisés après une visite de l’animal. Des résultats similaires ont été observés au cours d’une étude sur les femmes atteintes de cancer traitées par radiothérapie.

6) Deux revues systématiques de 2008 indiquent que la zoothérapie contribuerait à diminuer l’agitation des patients atteints de démence, dont la maladie d’Alzheimer. Cependant, les bénéfices visibles cesseraient à l’arrêt des séances de zoothérapie.

7) Une diminution de la douleur et de l’anxiété liées aux soins. Deux études ont été réalisées chez des enfants en post-opératoire. La présence du chien aurait diminué la douleur liée aux soins d’environ 37% des patients en moyenne par rapport au groupe témoin (c’est-à-dire n’ayant pas reçu de visite d’animal).

Comment se déroule une séance de zoothérapie ?

Une séance de zoothérapie peut se dérouler aussi bien à l’hôpital qu’en cabinet ou en maison de retraite. La première séance permet au thérapeute de parler des objectifs à atteindre avec le patient. Une séance classique dure en moyenne 1 heure et comprend diverses activités : promenade, soin de l’animal, jeux, etc.

Cette thérapie s’adresse tant aux adultes qu’aux enfants, en situation de handicap physique (accidentés, malvoyants, malentendants, etc.) ou psychique (autisme, dépression, troubles de l’alimentation, etc.). Elle est aussi bénéfique pour les patients atteints de cancers afin de rétablir l’image de leur corps, les personnes âgées pour stimuler leur mémoire ou les enfants difficiles pour contrôler leurs émotions et les aider à se concentrer.

Le thérapeute utilise l’animal comme intermédiaire entre lui et son patient afin de lui permettre d’atteindre, avec l’animal, les objectifs fixés dans le cadre de son projet individuel. Il est toujours question d’élaborer des projets individuels et mettre en place des objectifs adaptés à chaque patient et en accord avec l’équipe soignante.

Charline D., Docteur en pharmacie

– La médiation animale. Umanima. Consulté le le 2 avril 2019.
– Zoothérapie ou médiation par l’animal. Institut Français de Zoothérapie. Consulté le le 2 avril 2019.