La SEP en 2016 : état des lieux par le Professeur Laurent Magy

May 25, 2016 par

La_SEP_en_2016 _le_temoignage_du_Professeur_Laurent_Magy

A l’occasion de la journée mondiale de la sclérose en plaques (SEP), Santé sur le Net est allé à la rencontre du Professeur Laurent Magy, éminent neurologue du Centre de Référence Neuropathies Périphérique Rares de Limoges. Il dresse le tableau d’une maladie encore mal connue, mal diagnostiquée, et qui met parfois le personnel hospitalier en échec.

Que sait-on de la maladie à l’heure actuelle ?

« La SEP est une maladie inflammatoire considérée comme au moins en partie auto-immune. Elle touche 3 femmes pour un homme et se distribue selon un gradient nord-sud. Dans sa forme la plus fréquente, évoluant par poussées entrecoupées de rémission, elle débute le plus souvent entre 20 et 40 ans.

Dans des cas plus rares, la maladie débute progressivement. Cette évolution progressive peut d’ailleurs se manifester après quelques années de poussées. Récemment, ont été mis en évidence les rôles délétères du tabac et de la carence en vitamine D, ce qui constitue des voies de recherche pour mieux comprendre les mécanismes de la maladie. »

Quelles pistes thérapeutiques sont les plus investies ?

sep-docteur-2

« Les pistes les plus investies sont d’une part la maîtrise des différentes composantes du système immunitaire, qui serait dérégulé au cours de la maladie, et d’autre part la compréhension des mécanismes de neurodégénérescence, qui sont surtout à l’œuvre dans les stades tardifs de la maladie.

Les traitements actuels et futurs viseront donc à agir (parfois de façon forte) sur l’immunité, mais également à renforcer les mécanismes naturels de réparation. »






Selon vous, l’efficacité du parcours de soin est-elle perfectible ?

« Oui elle l’est, en sensibilisant les médecins et les patients. Le message clé est en fait assez simple pour le médecin : tout trouble d’allure neurologique chez un sujet jeune doit faire évoquer le diagnostic de SEP. Pour le grand public : même si ça ne fait pas mal, un symptôme inhabituel doit amener à consulter. »

Comment les patients réagissent à l’annonce de leur maladie ?

sep-docteur-1
« La réaction des patients dépend de leur connaissance préalable de la maladie, de leur histoire de vie et de leur ‘capacité à faire face’.

Bien souvent l’incrédulité initiale fait rapidement place à une sensation de colère et d’injustice, qu’il faut savoir comprendre et accompagner. »



Comment aidez-vous les patients à faire face à la maladie ?

sep-docteur-3
« Il faut expliquer pour rendre le patient acteur de sa maladie et de son traitement. Expliquer la maladie avec des mots simples, expliquer les modalités de suivi, les traitements sans en occulter les effets indésirables ni les complications.

Ne pas avoir peur de dire aussi ce qu’on ne sait pas. Il faut aussi parfois (souvent) s’entourer de professionnels (infirmiers, psychologues…) qui peuvent reprendre les explications sous un autre angle et accompagner la personne. »






Propos recueillis par Hadrien Vuillet-A-Ciles, Pharmacien

Hadrien V.
Pharmacien.
Spécialiste en produits vétérinaires, aime particulièrement étudier l’actualité et les nouveautés dans ce domaine.
Passionné de digital et webmarketing dans le milieu de la santé.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.