Téléphone portable et cancer : pas de lien de cause à effet selon l’ANSES

Par |Publié le : 21 janvier 2026|Dernière mise à jour : 20 janvier 2026|4 min de lecture|

L’usage du téléphone portable peut-il augmenter le risque de survenue d’un cancer ? Pour répondre une fois de plus à cette question que se pose légitimement le grand public, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a passé en revue 250 études scientifiques. Résumé de cette expertise concluant l’absence de lien causal entre téléphone portable et cancer.

femme souriante téléphone à l'oreille

Les ondes électromagnétiques au cœur du débat

L’effet des ondes électromagnétiques issues de la téléphonie ou des lignes à haute tension est source d’inquiétudes pour le grand public. Sur ce sujet, la désinformation, retrouvée majoritairement sur les réseaux sociaux, induit des avis erronés.

L’arrivée de la 5G en 2020 en Europe (avec un débit 50 fois plus rapide que la 4G) a relancé le débat sur la nocivité des ondes électromagnétiques. On leur attribue des effets néfastes, parfois en parfaite contradiction avec les résultats des études scientifiques.

En juin 2025, lors de la quatrième conférence internationale sur le bioélectromagnétisme (BioEM2025) qui s’est tenue à Rennes, des scientifiques et chercheurs ont fait le point sur les travaux les plus récents concernant la potentielle nocivité des ondes sur le corps humain.

Premier constat : les ondes électromagnétiques de la 5G ne peuvent pratiquement pas pénétrer plus loin que la peau. Les études les plus récentes ne montrent aucune élévation de la température cutanée chez des jeunes adultes exposés à ces ondes. De même, aucun dommage n’est à déclarer sur les cellules dermiques. Même si les longueurs d’onde du rayonnement de la 5G sont plus énergétiques que celles de la 4G, le rayonnement pénètre moins dans les tissus. L’énergie associée à ces ondes est trop faible pour créer des dommages cellulaires.

Du côté de l’activité cérébrale a également été scrutée, aucun effet n’a été mis en évidence.

Dans ce contexte d’interrogation, l’Anses a publié en ce 26 novembre une nouvelle expertise sur les effets des ondes de radiofréquence émises par les téléphones portables sur la santé, et notamment la survenue de cancers. Un travail d’actualisation nécessaire puisque ses précédentes expertises ont été élaborées en 2013 pour les enfants et en 2016 pour les adultes.

Nouvelle évaluation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire

Dans le cadre de nouvelle évaluation, l’Agence a retenu près de 250 articles scientifiques, dont des résultats d’études épidémiologiques de grande ampleur, comme MOBI-KIDS, et un ensemble d’études expérimentales et toxicologiques majeures dans le cadre du National Toxicology Program américain.

À savoir !L’étude internationale MOBI-KIDS a pour objectif d’évaluer le risque potentiel de tumeur cérébrale chez l’enfant et l’adolescent lié à l’exposition aux champs électromagnétiques générés par les téléphones mobiles et par d’autres sources d’exposition dans leur environnement. Cette enquête cas-témoins implique 14 pays (Australie, Autriche, Canada, France, Allemagne, Grèce, Inde, Israël, Italie, Japon, Pays-Bas, Corée, Nouvelle Zélande, Espagne). En France, l’étude s’est déroulée dans 16 départements de 2011 à 2014.

Le travail d’expertise a également été élaboré sur une consultation publique ouverte en 2024, destinée à recueillir les contributions de scientifiques, d’experts et des parties prenantes.

Les conclusions de l’Agence sont rassurantes : : « L’ensemble des données disponibles ne permet pas de conclure à l’existence ou à l’absence d’un effet des radiofréquences sur l’apparition de tumeurs du cerveau et du système nerveux central. »

Des résultats qui viennent en écho à ceux formulés par l’Organisation mondiale de la santé en 2024.

Concernant l’impact des ondes électromagnétiques issues de la téléphonie sur les cancers du sang, aucun lien n’est établi.  « Les données disponibles ne permettent pas de conclure à l’existence ou à l’absence d’un effet des radiofréquences sur l’apparition de cancers hématologiques » précise l’ANSES.

Notons aussi que certains travaux scientifiques récents suggèrent par exemple des effets possibles sur la fertilité, une thématique médicale qui mérite d’être approfondie lors des prochaines expertises.

Les recommandations de l’ANSES 

Même si le lien entre ondes et cancer n’est pas établi, l’agence sanitaire formule plusieurs recommandations prudentes.

En effet, il ne faut pas perdre de vue que les usages ont évolué significativement, avec un recours moindre aux appels vocaux au profit des usages liés à l’Internet mobile (vidéos, réseaux sociaux, streaming).

L’ANSES rappelle ainsi que : « ces évolutions technologiques (4G, 5G) et l’intensification des réseaux d’antennes ont tendance à augmenter l’exposition environnementale aux radiofréquences, même si les niveaux restent conformes aux normes réglementaires ».

Dans ce contexte, l’ANSES incite à la prudence et appelle « à une vigilance continue et un suivi régulier des niveaux d’exposition réels des populations » et surtout, au niveau des enfants.

Des conseils pratiques pour réduire l’exposition, notamment pour les enfants et les adolescents, sont rappelés dan s’expertise : limiter son utilisation, privilégier l’utilisation de dispositifs qui éloignent le téléphone du corps (oreillettes, haut-parleur), opter davantage pour connexions Wi-Fi de bonne qualité que pour les réseaux mobiles en intérieur.

Sources
– Exposition aux ondes : de nouvelles études précisent les connaissances sur le risque de cancer. . www.anses.fr. Consulté le 10 décembre 2025.
– Quel est le vrai danger des ondes électromagnétiques ?. www.inserm.fr. Consulté le 10 décembre 2025.

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Julie P.
Journaliste scientifique
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