Températures extrêmes et risque de faible poids à la naissance

Mar 19, 2017 par

Facteurs individuels, génétiques et modes de vie ont des impacts directs et/ou indirects sur le développement embryonnaire et fœtal. Ces constats sont bien connus depuis longtemps. Il ne faut cependant pas négliger les facteurs environnementaux qui peuvent avoir des conséquences sur le nouveau-né. C’est ce qu’une équipe de chercheurs américains a tenté de démontrer au travers d’une étude s’intéressant aux effets de l’exposition des femmes enceintes face aux températures extrêmes.

bebe froid chaud

Exposition des femmes enceintes à des températures extrêmes

Une exposition chronique à des températures trop chaudes ou trop froides, durant la grossesse, augmenterait le risque de mettre au monde, un bébé de faible poids. Ce constat a été émis par une équipe de chercheurs américains, de « The National Institutes of Health » (NICH) et publié au sein de « Environmental Research ».

Les scientifiques, ont démontré que l’exposition à des températures froides, pendant la durée entière de la grossesse, ou encore durant les seconds et troisièmes trimestres de celle-ci, aurait un impact sur le risque accru que l’enfant présente un poids de naissance inférieur à la normal. A contrario, une exposition à des températures extrêmement chaudes, pendant les neuf mois ou seulement durant les trois derniers mois de la grossesse, était également susceptible d’augmenter ce risque.

Le Dr. Mendola, membre de cette équipe de chercheurs, souligne alors le fait qu’il est important de prévenir l’exposition aux températures extrêmes chez les femmes enceintes, pendant toute la durée de leur grossesse, afin de limiter tout risque d’avoir un enfant de faible poids à la naissance.

Faible poids à la naissance et impacts sur la santé

Un poids, à la naissance, inférieur ou égal à 2,5 kg est considéré comme étant un « faible poids ». Dans ce cas, les nouveau-nés sont généralement prématurés. Cependant, certains enfants présentent un poids anormalement faible, même à la suite d’un accouchement « à terme » (soit, après 37 à 40 semaines de grossesse). Le poids de naissance peut également être la conséquence de prédispositions génétiques. De plus, un poids anormalement bas à la naissance peut être associé à des problèmes de santé sous-jacents, à une infection ou encore à une anomalie de développement embryonnaire.

En comparaison avec des enfants de poids normal, ces « bébés plume » sont davantage susceptibles de développer des infections ou encore des retards dans leur développement.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs du NICH se sont alors attardés sur 223 374 naissances, au sein de 12 cliniques américaines. Ces cliniques ont été sélectionnées en fonction de leur localisation dans des régions américaines présentant des températures extrêmes.

Les résultats ont alors témoigné que les mères accouchant à terme, et exposées à des températures extrêmement froides pendant le second ou le troisième trimestre de la grossesse, avaient entre 18 % et 21 % de risque supplémentaire de mettre au monde un enfant de faible poids. Une exposition à de telles températures pendant toute la durée de la grossesse entraînait, quant à elle, un risque 257 % plus élevé d’avoir un enfant de faible poids à la naissance.

Dans le cadre d’une exposition à des températures extrêmement chaudes en fin de grossesse (les trois derniers mois), il y aurait 31 % de risque supplémentaire de mettre au monde un bébé de poids anormalement faible. Encore une fois, une exposition sur la durée entière de la grossesse, à de telles conditions, augmentait ce même risque de 249 %.

Des explications qui restent en suspens…

Les chercheurs n’ont cependant que peu d’explications sur le fait que l’exposition chronique (sur plus de trois mois) à des températures extrêmes (froides ou chaudes) puisse impacter le poids des nouveau-nés. Ils émettent l’hypothèse que l’exposition à des températures extrêmement élevées, entraînerait une augmentation du stress oxydatif.

A savoir ! Le stress oxydatif est un phénomène biochimique se produisant au sein de l’organisme et formant des composés (« radicaux libres », ou encore « espèces réactives à l’oxygène ») pouvant impacter le développement cellulaire et tissulaire. De plus, le stress oxydatif est à l’origine de l’augmentation du risque infectieux.

Une autre hypothèse a également été émise quant à la réduction du flux sanguin, causée par l’exposition à des températures extrêmes. Le sang permettant l’apport des nutriments essentiels et d’oxygène à l’utérus et donc au fœtus, la diminution de l’apport en sang impacterait alors ces apports et empêcherait un développement optimal de l’enfant.

Delphine W., Ergonome spécialisé en Santé au Travail


Sources :
Extreme temperatures may increase risk for low birth weight at term, NIH study suggests. National Institute of Health, Mendola P. et al. Publié le 27 février 2017.

Delphine W.
Étudiante ergonome spécialisée en santé au travail.
Spécialiste dans la santé, le bien-être et l’adaptation de l’environnement de travail à l’Homme.
Passionnée par le sport, intéressée par la cuisine et captivée par l’écriture.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.