Un risque de cancer du sein moindre grâce à l’allaitement maternel ?
Prévenir les risques de survenue de cancers du sein suppose d’agir sur les facteurs de risque comportementaux ou environnementaux susceptibles d’être modifiés. Outre les facteurs de risque classiques tels que consommation d’alcool ou de tabac, il en est un autre moins connu : celui de ne pas avoir allaité au cours de sa vie. On fait le point.

Quelles stratégies de prévention contre le cancer du sein ?
Cancer le plus fréquent chez la femme en France, le cancer du sein ne cesse malheureusement de progresser et provoque chaque année près de 12 000 décès. Face à ce fléau, on ne répétera jamais assez que le dépistage précoce revêt une importance capitale pour une prise en charge optimale des patientes.
Cependant, le dépistage ne constitue pas la seule stratégie préventive face au risque de cancer du sein. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) estime en effet que 37 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers seraient attribuables à des facteurs de risque comportementaux ou environnementaux susceptibles d’être modifiés.
Dès lors, il semble tout aussi important d’identifier et connaître ces facteurs de risque modifiables pour pouvoir agir dessus et prévenir les risques de survenue de cancer du sein. Parmi les facteurs de risque concernés, citons la consommation d’alcool, le surpoids, l’obésité, la sédentarité et le tabagisme. Mais il existe également un autre facteur de risque modifiable qui est moins connu : celui de ne pas avoir allaité au cours de sa vie !
Allaitement et protection contre le cancer du sein
Il faut dire que l’allaitement joue un rôle protecteur contre le risque de cancer du sein grâce à différents mécanismes :
Une exfoliation plus importante du tissu mammaire au cours de la lactation, ce qui pourrait entraîner une élimination de cellules du tissu canalaire mammaire potentiellement porteuses de lésions de l’ADN.
Une modification de la structure du sein avec augmentation de la différenciation de l’épithélium mammaire, ce qui réduit la sensibilité des cellules à la transformation maligne.
Une reprise plus tardive des cycles ovulaires après la grossesse et une réduction du taux d’œstrogènes dans le sein, ce qui permet une moindre exposition du tissu mammaire aux hormones impliquées dans la croissance des cellules épithéliales tumorales.
Une protection accrue par la durée cumulée de l’allaitement
A travers ces différents mécanismes, l’allaitement confère donc un certain niveau de protection contre le risque cancer du sein et ce niveau de protection augmente avec la durée cumulée de l’allaitement.
Ainsi, on estime que :
- Le risque de cancer du sein est réduit de 4,3 % pour chaque tranche de douze mois cumulés d’allaitement.
- Cet effet protecteur vient s’ajouter à la réduction du risque de cancer du sein directement liée au fait d’avoir eu un enfant.
- Tout allaitement, quelle que soit sa durée, présente un effet protecteur.
Notons enfin que tirer son lait confère également une certaine protection contre le risque de de survenue du cancer du sein et que cette protection est similaire à celle liée à l’allaitement direct.
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