Alimentation : le régime MIND, une piste pour ralentir le vieillissement du cerveau

Par |Publié le : 25 mars 2026|Dernière mise à jour : 25 mars 2026|3 min de lecture|

Des scientifiques mettent en évidence dans une étude que l’alimentation méditerranéenne pourrait préserver la matière grise et limiter l’atrophie cérébrale.

Le régime méditerranéen préserve la santé du cerveau.

Regardez plus attentivement votre assiette. Son contenu influencerait directement la vitesse à laquelle votre cerveau vieillit. C’est ce que suppose une étude publiée le 17 mars dans le Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry. Selon les scientifiques le régime MIND, une combinaison du régime méditerranéen et d’un régime hypotenseur, déjà reconnu pour ses effets sur la santé cardiovasculaire pourrait aussi préserver la structure même du cerveau.

Au cœur de ces résultats : la matière grise. Cette zone clé, véritable centre de traitement de l’information, est essentielle à la mémoire, à l’apprentissage et à la prise de décision. Or, elle tend à diminuer avec les années. Mais pas au même rythme chez tout le monde.

Baies, volaille, huile d’olive : les alliés du cerveau

Pour parvenir à leurs résultats, les chercheurs ont suivi 1 647 adultes, âgés en moyenne de 60 ans, pendant plus de dix ans. Tous ont passé des IRM cérébrales régulières et renseigné leurs habitudes alimentaires. Verdict : le cerveau vieillit chez chacun mais plus lentement chez ceux qui adhèrent le plus au régime MIND.

Concrètement, une meilleure alimentation est associée à une perte moins rapide de matière grise et à une dilatation plus lente des ventricules, ces cavités remplies de liquide céphalo-rachidien dont l’élargissement reflète l’atrophie cérébrale. Chaque progression de trois points dans le score MIND correspond à 20 % de déclin en moins, soit un vieillissement cérébral retardé de 2,5 ans. Un écart loin d’être anodin.

Dans le détail, certains aliments semblent tirer leur épingle du jeu. Les baies, riches en antioxydants, sont liées à une évolution plus favorable des structures cérébrales. La volaille, elle aussi, est associée à un ralentissement du déclin. « MIND recommande des aliments riches en antioxydants, tels que les baies, et de haute qualité », rappellent les chercheurs dans un communiqué de presse. « Les sources de protéines comme la volaille pourraient réduire le stress oxydatif et atténuer les lésions neuronales. »

Dites adieu aux sucreries

Sans grande surprise, les aliments ultra-transformés apparaissent comme de véritables accélérateurs du vieillissement cérébral. Une consommation élevée de sucreries est associée à une atrophie plus rapide de l’hippocampe, une région clé pour la mémoire. Même constat pour les fritures. « Les aliments frits de la restauration rapide […] pourraient contribuer à l’inflammation et aux lésions vasculaires », soulignent les auteurs.

Plus surprenant, les céréales complètes, pourtant souvent recommandées, sont ici associées à des évolutions moins favorables. À l’inverse, le fromage semble lié à un ralentissement de la perte de volume cérébral. Des résultats inattendus, qui invitent à la prudence et à de nouvelles recherches.

L’étude reste toutefois observationnelle. Elle met en évidence des associations, sans pouvoir prouver un lien de cause à effet. Les habitudes alimentaires sont déclaratives et d’autres facteurs (génétiques, médicaux ou comportementaux) pourraient aussi entrer en jeu.

Un point qui va plaire cependant aux mordus de sport, les effets bénéfiques du régime sont plus marqués chez les personnes âgées, actives physiquement et en bonne santé métabolique. Comme si l’alimentation ne fonctionnait jamais seule, mais en tandem avec l’ensemble du mode de vie.

Sources
– Adherence to the MIND diet and longitudinal brain structural changes over a decade: evidence from the Framingham heart study offspring cohort. jnnp.bmj.com. Consulté le 17 mars 2026.
– Mediterranean-blood pressure lowering diet (MIND) may slow structural brain ageing. www.eurekalert.org. Consulté le 17 mars 2026.

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Elodie Vaz
Elodie Vaz
Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023, Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes. Carte de presse numéro 143067