Allergies : un traitement potentiel grâce à l’ARN ?

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Rédigé par Estelle B. et publié le 30 décembre 2021

En France, près d’une personne sur trois souffre d’une ou plusieurs allergies, un chiffre qui a considérablement augmenté au cours des dernières décennies. Lorsque les symptômes allergiques apparaissent très rapidement après le contact avec l’allergène, la libération d’immunoglobulines de type E est souvent en cause. Récemment, des chercheurs français sont parvenus à bloquer la libération de ces immunoglobulines, grâce à de l’ARN synthétique. Explications.

allergie et Arn

 

Allergies et libération d’immunoglobulines de type E

Les allergies sont des réactions de l’organisme faisant suite au contact avec une substance allergène, qui peut être :

  • Une particule en suspension dans l’air ambiant (par exemple un pollen) ;
  • Un aliment (comme l’arachide) ;
  • Un médicament (notamment certaines classes d’antibiotiques, comme les pénicillines).

L’apparition des symptômes allergiques fait suite au déclenchement par l’allergène de différents mécanismes physiologiques, parmi lesquels la libération dans le sang d’un type particulier d’immunoglobulines, les immunoglobulines de type E (Ig E). Ces réactions allergiques, qui apparaissent généralement immédiatement ou très rapidement après le contact avec l’allergène, sont appelées des réactions allergiques IgE-dépendantes.

Forme soluble vs forme membranaire

La libération massive d’immunoglobulines de type E dans le sang résulte de l’activation par l’allergène des plasmocytes, des cellules immunitaires. Une fois libérées, ces immunoglobulines se fixent sur la membrane d’autres cellules immunitaires, les mastocytes, induisant la libération de différentes substances (la plus connue est l’histamine) provoquant les symptômes allergiques respiratoires ou cutanés.

Dans l’organisme, les immunoglobulines de type E se trouvent sous deux formes différentes :

  • Une forme soluble dans le sang, libérée par les plasmocytes activés ;
  • Une forme membranaire, produite par des lymphocytes B non matures.

Pour passer d’une forme membranaire, non soluble et donc non capable de déclencher une réaction allergique, à une forme soluble, libérée dans le sang et induisant des symptômes allergiques, il faut une modification de l’ARN messager liée à l’activation des lymphocytes B en plasmocytes.

Un espoir pour toutes les maladies liées à la libération d’immunoglobulines

Les chercheurs français ont eu l’idée de bloquer le site de modification de l’ARN messager, en produisant un petit ARN capable de se fixer spécifiquement sur ce site. L’effet de cet ARN synthétique a ensuite été testé sur des cultures de cellules humaines et chez des souris. Dans les deux cas, les chercheurs ont observé une baisse significative de la production d’immunoglobulines de type E. Parallèlement, l’augmentation des immunoglobulines E membranaires provoquait la destruction des plasmocytes, réduisant encore d’autant le risque de réaction allergique.

Ces résultats précliniques doivent désormais être validés par des données cliniques pour s’assurer de l’efficacité, mais aussi de la sécurité d’emploi de cet ARN thérapeutique. Si les résultats se confirment, ce type d’ARN pourrait constituer un traitement prometteur pour certaines réactions allergiques, mais aussi pour d’autres pathologies associées à la production d’immunoglobulines solubles, comme certaines pathologies auto-immunes.


Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Allergies : une piste de traitement à ARN. inserm.fr. Consulté le 18 décembre 2021.
– Targeting IgE polyadenylation signal with antisense oligonucleotides decreases IgE secretion and plasma cell viability. jacionline.org. Consulté le 18 décembre 2021.

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