Vaccin à ARN messager, source de crainte pour le génome ?

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Rédigé par Estelle B. et publié le 17 décembre 2020

Les premières campagnes de vaccination contre la Covid-19 viennent de commencer dans certains pays. Alors que la France se prépare à vacciner une partie de sa population d’ici quelques semaines, des inquiétudes se manifestent sur l’innocuité des vaccins à base d’ARN messager. Santé Sur le Net s’appuie sur une analyse de l’INSERM pour faire le point sur cette question.

génome humain

Covid-19 et vaccins à acides nucléiques

Les vaccins contre la Covid-19, mis au point en moins d’une année, sont basés sur une nouvelle technologie vaccinale, les vaccins à acides nucléiques, qui se subdivisent en deux catégories :

  • Les vaccins à ADN ;
  • Les vaccins à ARN.

À savoir ! L’ARN, et en particulier l’ARN dit messager, est un acide nucléique produit à partir de l’ADN du noyau des cellules. Cet ARN permet ensuite la traduction du message génétique en une protéine structurale ou fonctionnelle

Jusque-là, tous les vaccins développés étaient conçus à partir d’agents pathogènes ou de fragments d’agents pathogènes tués ou inactivés. En reconnaissant ces agents pathogènes ou leurs fragments, le système immunitaire produisait des anticorps, permettant une immunisation durable contre la maladie.

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Des vaccins mis au point en moins d’une année

Avec les vaccins à acides nucléiques, les fragments d’agents pathogènes doivent être produits dans les cellules de la personne vaccinée, à partir de l’acide nucléique présent dans le vaccin. Jusqu’à peu, aucun vaccin à acide nucléique n’avait été mis sur le marché, même si quelques essais cliniques avaient été menés sur des candidats vaccins. Les deux premiers vaccins contre la Covid-19 sont des vaccins à ARN et sont donc les premiers vaccins à acides nucléiques commercialisés dans le monde. Une fois l’ARN injecté, les cellules musculaires et les cellules immunitaires de la personne vaccinée vont produire, à partir de cet ARN, les protéines qui déclencheront la réponse immunitaire.

Ces premiers vaccins à ARN ont été développés grâce à de récents progrès technologiques, notamment la mise au point de particules nanolipidiques pour transporter l’ARN jusqu’aux cellules. Ce nouveau type de vaccin offre plusieurs avantages non négligeables :

  • Une conception plus rapide que les vaccins classiques, ce qui explique leur développement en moins d’une année ;
  • L’absence d’adjuvants chimiques, laissant augurer d’une meilleure tolérance des vaccins ;
  • Le déclenchement d’une réponse immunitaire puissante et très spécifique du virus ciblé.

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Aucun effet sur le génome humain

Mais l’injection d’ARN à l’intérieur des cellules et l’utilisation de la machinerie cellulaire pour produire les protéines responsables de la réponse immunitaire peuvent-elles entraîner des modifications du génome des patients ? Selon les chercheurs de l’INSERM, aucune altération du génome ne peut survenir, puisque l’ARN injecté ne pénètre jamais dans le noyau des cellules, où se trouve l’ADN, support du matériel génétique humain.

De plus, les seules cellules recevant l’ARN vaccinal sont les cellules musculaires et les cellules immunitaires. Dès qu’elles ont produit les protéines virales, ces cellules sont rapidement détruites par le système immunitaire. En revanche, l’ARN vaccinal est instable face aux changements de température, ce qui explique la nécessité de conserver les vaccins à des températures très froides avant leur administration. Les premiers vaccins contre la Covid-19 inaugurent une nouvelle classe de vaccins, les vaccins à acides nucléiques. Des vaccins capables d’être mis au point très rapidement, et donc offrant la possibilité de réagir dans un temps limité à l’émergence d’une nouvelle pandémie, et ce sans risque pour le génome humain.

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Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Les vaccins à ARNm susceptibles de modifier notre génome, vraiment ? INSERM. Consulté le 15 décembre 2020.
  • Pour être un peu plus exact, les vaccins à ARN messager peuvent modifier notre ADN. Comme l’explique le paragraphe “Other potential safety issues” de la publication “A Comparison of Plasmid DNA and mRNA as Vaccine Technologies” parue dans l’US National institute of health

    La probabilité existe, mais elle est infirme.

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  • Bonjour, les anticorps qui réagissent à la présence de nouveaux Corona et à ses protéines externes vont s’activer en repérant cette protéine et vont en retrouver dans nos organes car avec l’ARNm notre corps en synthétise.
    -Est ce que les anticorps peuvent s’attaquer à nos organes ?
    -Pouvez vous nous garantir de l’innocuité de ce vaccin expérimental ?

    Reply
  • Bonjour, les anticorps qui réagissent à la présence de nouveaux Corona et à ses protéines externes vont s’activer en repérant cette protéine et vont en retrouver dans nos organes car avec l’ARNm notre corps en synthétise.
    -Est ce que les anticorps peuvent s’attaquer à nos organes ?
    -Pouvez vous nous garantir de l’innocuité de ce vaccin expérimental ?

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    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Merci de faire confiance à Santé sur le Net pour trouver des informations sur votre santé. Au vu des nombreuses données actuellement disponibles, le vaccin est inoffensif.
      Nous vous souhaitons une bonne journée.
      L’équipe Santé sur le net.

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