Apnées du sommeil : Quel impact sur le rythme du métabolisme du foie ?
L’apnée du sommeil concernerait aujourd’hui près d’un milliard de personnes à travers le monde. Et le vieillissement de la population, couplé à la prévalence croissante de certains facteurs de risque comme l’obésité, devrait conduire à l’augmentation du nombre de personnes touchées. Les conséquences pathologiques de ce trouble sont aujourd’hui bien documentées avec un risque accru de maladies cardiovasculaires, de maladies métaboliques et de décès prématuré. Et si l’apnée du sommeil avait également un impact sur le rythme du métabolisme du foie ? C’est ce que suggère une récente étude française. On fait le point.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
L’apnée du sommeil ou « syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil », désigne un trouble ventilatoire qui survient pendant la nuit et touche 30 % des personnes de plus de 65 ans. Parmi les facteurs de risque identifiés, citons l’âge, le surpoids, l’obésité, ou le diabète de type 2.
Le syndrome d’apnée du sommeil provoque des épisodes répétés de manque d’oxygène appelés hypoxie intermittente et se manifeste par :
- Des pauses respiratoires (apnées) pendant au moins 10 à 30 secondes.
- Ou par des réductions significatives de la respiration (hypopnées), répétées et incontrôlées durant le sommeil.
Ce syndrome altère considérablement la qualité de vie des patients avec des épisodes de somnolence, une sensation de grande fatigue, de l’irritabilité ou encore des difficultés à se concentrer. Les conséquences pathologiques de ce trouble sont également bien connues avec un risque accru à long terme de maladies cardiovasculaires, de maladies métaboliques et de décès prématuré. Quant à l’impact de l’apnée du sommeil sur les rythmes biologiques de l’organisme, il reste encore peu documenté.
Quel impact de l’apnée du sommeil sur le rythme métabolique du foie ?
Dans ce contexte, une équipe de scientifiques français de l’Université Grenoble Alpes, de l’Inserm et du CHU Grenoble Alpes, a conduit une étude pour analyser les effets de l’hypoxie intermittente sur l’organisme et notamment sur le rythme métabolique du foie.
Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont eu recours à un modèle murin d’hypoxie intermittente chronique pour suivre les adaptations de l’activité métabolique du foie au fil du temps.
Ils ont alors pu observer qu’au-delà de l’altération de certaines voies énergétiques essentielles orchestrées par le foie, l’hypoxie intermittente en reprogrammait l’organisation circadienne. Cela se manifeste notamment par une redistribution des rythmes métaboliques au cours de la journée, l’activité hépatique faisant donc l’objet d’une nouvelle programmation temporelle.
Apnée du sommeil : vers des stratégies de « chronomédecine » ?
En démontrant que les épisodes d’hypoxie intermittente réorganisent l’horloge biologique du foie, les résultats de cette étude, publiés dans la revue Science Advances, révèlent un impact jusqu’ici méconnu des apnées du sommeil. L’hypoxie intermittente pourrait ainsi modifier la réponse de l’organisme à certains médicaments, particulièrement les médicaments agissant sur la glycémie ou le métabolisme lipidique.
A l’appui de ces découvertes, de nouvelles perspectives thérapeutiques basées sur la chronomédecine sont désormais envisageables comme l’identification des moments optimaux pour administrer les traitements médicamenteux aux personnes souffrant d’apnées du sommeil. L’objectif affiché ? En améliorer l’efficacité !
– Syndrome d’apnées du sommeil. Inserm.. www.inserm.fr. Consulté le 18 mars 2026.
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