Attention à la face cachée des « moules – frites » !

Jul 1, 2019 par

Le célèbre « moules – frites » est le plat plébiscité par de nombreux vacanciers des bords de mer. L’ANSES vient de publier un rapport d’expertise sur une nouvelle famille de toxines marines, présentes dans les moules, les pinnatoxines, qui pourraient représenter un risque sanitaire potentiel. Explications.

pinnatoxines-coquillages

Coquillages et biotoxines marines

Moules, palourdes, coques, …, font le plaisir des petits comme des grands. Ces coquillages sont tous des organismes filtreurs, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent en récupérant les particules nutritives dans l’eau de mer qu’ils filtrent tout au long de la journée. Parmi les particules filtrées, se retrouvent des algues microscopiques, dont certaines peuvent produire des toxines.

Ces biotoxines marines, généralement produites par des micro-algues présentes dans les coquillages, sont responsables de la plupart des intoxications liées à l’ingestion de coquillages, qu’ils soient crus ou cuits. Les symptômes de ces intoxications sont généralement de deux types :

  • Des symptômes gastro-intestinaux (douleurs abdominales, diarrhées, vomissements, …) ;
  • Des troubles neurologiques plus ou moins graves.

Des pinnatoxines dans les moules des côtes françaises

L’une des classes de biotoxines marines, les pinnatoxines, vient de faire l’objet d’une expertise de l’ANSES. Les pinnatoxines sont produites par la micro-algue Vulcanodinium rugosum, qui s’accumule dans les coquillages, et en particulier dans les moules. Au cours des dernières années, la présence de ces toxines dans des coquillages destinées à la consommation humaine a été détectée à plusieurs reprises :

  • En 2011, dans des moules de la lagune d’Ingril en France ;
  • Dans des moules issues d’autres lagunes méditerranéennes, mais aussi des côtes atlantique ;
  • Dans des coquillages dans d’autres pays européens, ainsi qu’au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Depuis 2011, les pinnatoxines sont retrouvées dans les moules de la lagune d’Ingril, chaque année pendant plusieurs mois. Chez la souris, ces toxines provoquent des effets neurotoxiques aigus, avec un risque de mortalité à forte dose. Chez l’homme, elles représenteraient un risque sanitaire à prendre en compte, selon l’ANSES.

Des toxines marines à surveiller de près

Les pinnatoxines regroupent 8 toxines, dont la principale est la pinnatoxine G. En cas de forte consommation de coquillages, ou lorsque les coquillages sont très contaminés, certains consommateurs peuvent être exposés à un taux élevé de pinnatoxine G. Toutefois, à ce jour, aucun cas d’intoxication liée aux pinnatoxines n’a été décrit, en France ou dans le reste du monde.

En France, les moules des lagunes méditerranéennes, et plus particulièrement celles de la lagune d’Ingril, sont les plus concernées par la contamination par les pinnatoxines. L’ANSES recommande d’éviter de consommer des moules provenant de la lagune d’Ingril. Parallèlement, l’agence préconise d’inclure les pinnatoxines dans les programmes de surveillance des coquillages dans les zones de production française. Enfin, il est nécessaire d’informer les professionnels de santé sur les éventuels symptômes neurologiques que les pinnatoxines pourraient provoquer chez les amateurs de moules.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Pinnatoxines : des biotoxines marines émergentes à surveiller dans les coquillages. ANSES. Consulté le 1 Juillet 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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