Le cancer frappe aussi les enfants …

Mar 1, 2017 par

journee cancer enfant

Chaque année en France, 2 500 nouveaux enfants sont touchés par le cancer. Les cancers pédiatriques sont très différents de ceux rencontrés chez les adultes. A l’occasion de la journée internationale des cancers de l’enfant, Santé Sur le Net revient sur les enjeux liés aux tumeurs pédiatriques.

Le cancer : seconde cause de mortalité chez l’enfant

Les cancers pédiatriques représentent 1 à 2 % des cancers, et causent chaque année le décès de près de 500 enfants et adolescents. Très différents de ceux rencontrés chez l’adulte, ces cancers peuvent toucher tous les organes, être localisés ou engendrer des métastases (extensions de la tumeur à un ou plusieurs autres organes).

Une soixantaine de tumeurs pédiatriques est ainsi dénombrée, parmi lesquels les leucémies, les tumeurs du système nerveux central, les lymphomes, les carcinomes, les tumeurs germinales et épithéliales, les sarcomes osseux et extra-osseux, etc.

D’immenses progrès ont été effectués au cours des dernières décennies et permettent aujourd’hui d’atteindre un taux moyen de survie à 5 ans de 80 %. Cependant, les traitements sont lourds et entraînent de nombreux effets secondaires. Ils laissent également des séquelles importantes chez 20 à 40 % des patients, en particulier au niveau de la fertilité (de nombreux enfants se retrouvent totalement stériles à l’issue des traitements).

A savoir ! Le taux moyen de survie à 5 ans est une donnée largement utilisée dans le suivi des patients cancéreux. Il correspond à une rémission totale observée 5 ans après le diagnostic du cancer.

De nombreux organismes publics et privés se mobilisent au quotidien dans la lutte contre les cancers pédiatriques. La recherche fondamentale et clinique est indispensable pour améliorer la prise en charge des enfants et de leurs familles. Parmi les projets de recherche menés ces dernières années en France, il est possible à titre d’exemple de citer :

  • L’identification des paramètres génétiques favorisant le développement ou l’apparition de récidives;
  • Les complications de la radiothérapie et les moyens de les détecter ;
  • Le diagnostic moléculaire basé sur l’analyse des altérations génétiques de la tumeur pour mieux adapter le traitement à chaque patient ;
  • Une étude approfondie du sarcome d’Ewing.

Un réseau associatif dense et impliqué

Malgré l’importance et la diversité des cancers de l’enfant, actuellement seuls 2 à 3 % des fonds dédiés à la recherche contre le cancer sont alloués aux tumeurs pédiatriques. L’association ImagineforMargo organise chaque année un colloque (conférence) au Sénat pour sensibiliser le monde politique à l’importance d’une recherche spécifique sur les cancers pédiatriques. L’importance d’études cliniques dédiées, d’un engagement réel des industries pharmaceutiques et d’une implication forte des pouvoirs publics (français et européens) est capitale pour faire progresser la lutte contre les tumeurs de l’enfant.

De nombreuses associations ont été créées en France et mènent diverses actions pour :

  • Soutenir la recherche ;
  • Améliorer les traitements et la prise en charge ;
  • Financer des activités de loisirs dans et en dehors de l’hôpital ;
  • Informer et sensibiliser la population ;
  • Accompagner les familles.

La survenue d’un cancer pédiatrique constitue un important bouleversement dans la vie d’une famille à plus d’un titre. La plupart de ces associations ont été développées par des parents d’enfants victimes d’un cancer. Elles travaillent en étroite collaboration avec les établissements hospitaliers, les organismes de recherche et les pouvoirs publics. Elles sont ainsi devenues en quelques années des acteurs incontournables dans le domaine des cancers pédiatriques.

Et la situation dans le monde ?

Au-delà de la France, les cancers de l’enfant touchent tous les pays du monde et provoquent près de 90 000 décès chaque année. Dans les pays en voie de développement, le taux de survie à 5 ans est seulement de 10 à 20 %, contre 80 % dans les pays industrialisés. La situation est ainsi critique dans de nombreux pays, notamment en Afrique.

Ainsi, seuls 10 à 15 % des enfants touchés en Afrique sub-saharienne sont diagnostiqués et traités. Le Groupe Franco-Africain d’Oncologie Pédiatrique (GFAOP), fondé en 2000, souhaite porter ce chiffre à 25% dans les cinq prochaines années. Il regroupe actuellement 16 pays du Maghreb et d’Afrique francophone.

Pour parvenir à cet objectif, différentes actions sont menées :

  • La création de nouvelles unités d’oncologie pédiatrique ;
  • La sensibilisation des institutions internationales, des professionnels, des familles et des médias ;
  • L’implication des autorités sanitaires de chaque pays pour une meilleure prise en charge ;
  • La formation des professionnels de santé, grâce à l’école africaine d’oncologie pédiatrique (plus de 200 professionnels ont déjà été formés) ;
  • Les jumelages avec des services français d’oncologie pédiatrique.

A ce jour, 7 500 enfants ont pu être soignés grâce au GFAOP, avec des taux de guérison allant de 54 à 70 % selon le type de cancer.

Le GFAOP a initié des partenariats avec plusieurs organismes français tels que l’institut Curie, la fondation Gustave Roussy, le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International ou encore le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé. Cette coopération permet de soutenir les actions du GFAOP par différents moyens :

  • L’aide à la mise en place d’unités de soins;
  • La formation du personnel médical et paramédical ;
  • La mise au point de protocoles et l’envoi de médicaments;
  • L’accompagnement des familles et la création de maisons des parents;
  • La sensibilisation des autorités, des professionnels et du grand public pour une meilleure prise en charge.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie


Sources :

Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique. Communiqué de presse. Seuls 10 à 15% des enfants atteints de cancer en Afrique francophone sub-saharienne sont soignés, les équipes du GFAOP ont pour ambition d’atteindre 25% des enfants d’ici 5 ans. 23 novembre 2016.
Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique et l’institut Curie. Communiqué de presse. L’Institut Curie a annoncé, en cette fin d’année, son soutien au Groupe Franco Africain d’Oncologie Pédiatrique dans sa lutte contre le cancer des enfants en Afrique. Décembre 2016.
Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique. Communiqué de presse. Un bien beau partenariat entre le Groupe Franco-Africain d’Oncologie Pédiatrique et Expertise France. 21 décembre 2016.
Guéri d’un cancer. Communiqué de presse. Le 15 février Journée internationale des cancers de l’Enfant et de l’Adolescent. 9 février 2017.
Institut Curie. Journée internationale du cancer de l’enfant 2017. 13 février 2017.
La ligue contre le cancer. 15 février – Journée internationale du cancer de l’enfant. 14 février 2017.

Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.