Bientôt un carnet de vaccination sous la peau ?!

Feb 5, 2020 par

Pour connaître le statut vaccinal d’une personne, le médecin consulte généralement son carnet de santé ou son carnet de vaccination. Mais que faire lorsqu’il n’existe plus de document papier pour attester des vaccinations effectuées ? Des chercheurs américains viennent de développer des microparticules, qui injectées sous la peau, pourraient constituer le carnet de vaccination du futur. Explications.

Un carnet de vaccination sans papier

L’un des principaux obstacles à l’amélioration des couvertures vaccinales dans le monde, et en particulier dans les pays en voie de développement, est l’incapacité des médecins à déterminer précisément le statut vaccinal d’un enfant ou d’un adulte. En effet, le carnet de santé ou de vaccination, qui est le support le plus couramment utilisé dans le monde pour justifier des vaccinations, peut être :

  • Erroné ;
  • Perdu par les familles.

Face à ce problème, des chercheurs américains ont envisagé une solution : un carnet de vaccination qui serait injecté sous la peau et ne quitterait donc plus l’enfant ou l’adulte.

Des microparticules injectées lors de la vaccination

Les chercheurs ont développé des microparticules, qui pourraient être injectées directement sous la peau, au moment d’une vaccination. Une fois sous la peau, ces microparticules émettent une lumière fluorescente, invisible à l’œil nu, mais perceptible sur un smartphone spécifiquement adapté à cet usage.

En pratique, l’injection des microparticules est réalisée à l’aide d’un patch de plusieurs microaiguilles. Les microparticules se répartissent sous la peau selon un motif précis, un cercle, une croix ou encore un rectangle. En injectant ces microparticules en même temps que le vaccin, le symbole resterait visible pendant plusieurs années, indiquant au médecin le statut vaccinal de la personne.

Un carnet de vaccination sous-cutané bientôt testé

L’injection de microparticules aboutit ainsi à une sorte de carnet de vaccination sous-cutané. Cette option serait peu coûteuse, facile à utiliser et donc envisageable dans tous les pays du monde. Les tests menés sur des fragments de peau ont montré que les microparticules étaient capables de résister à l’équivalent de cinq années d’exposition solaire. Ce dispositif a ensuite été testé in vivo chez des rats et pourrait bientôt être testé chez l’homme.

Des limites se profilent néanmoins pour ce dispositif. En effet, les microparticules ne pourraient être utiles que si elles deviennent une norme incontournable dans les schémas vaccinaux. Sinon, les médecins ne seront pas capables de différencier un enfant non vacciné d’un enfant vacciné sans microparticules. Par ailleurs, la tolérance d’un tel dispositif devra être évaluée, car les enfants ou adultes vaccinés devront accepter l’injection de microparticules à chaque nouvelle vaccination. Enfin, les tests chez l’homme devront répondre à la question d’une éventuelle migration des microparticules au cours de la croissance des enfants.


Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Biocompatible near-infrared quantum dots delivered to the skin by microneedle patches record vaccination. SCIENCE TRANSLATIONAL MEDICINE. Consulté le 24 janvier 2020.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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