La chimiothérapie acheminée vers la tumeur par des bactéries magnétotactiques

26 décembre 2020 par

La chimiothérapie reste encore aujourd’hui la principale thérapie anticancéreuse, utilisée dans le traitement de nombreux cancers. Mais ces médicaments présentent des effets secondaires souvent importants. La mise au point d’un nouveau procédé technologique, les bactéries magnétotactiques, pourraient permettre de réduire les effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuses. Explications.

La chimiothérapie acheminée vers la tumeur par des bactéries magnétotactiques

Chimiothérapie anticancéreuse et effets secondaires

La plupart des cancers (tumeurs solides, cancers du sang, …) peuvent être traités par des médicaments de chimiothérapie. Ciblant les cellules cancéreuses, et notamment leurs capacités de multiplication, ces médicaments présentent des effets secondaires souvent importants, dégradant parfois considérablement la qualité de vie des patients.

Les effet secondaires des chimiothérapies sont en effet nombreux et souvent importants, avec entre autres :

  • Une baisse des différentes cellules sanguines ;
  • La fatigue ;
  • Des nausées et des vomissements ;
  • Une perte d’appétit ;
  • Une perte des cheveux et des poils ;
  • Des troubles du transit intestinal (diarrhée, constipation) ;
  • Une inflammation des muqueuses ;
  • Des douleurs ;
  • Des modifications de l’aspect cutané ou des fonctions sensorielles (vision, goût, odorat ou audition) ;
  • Des atteintes de certains organes.

Des bactéries magnétotactiques venues des océans

Dans ce contexte, les chercheurs tentent d’une part de développer des médicaments de chimiothérapie avec moins d’effets secondaires, et d’autre part de mettre au point des procédés technologiques réduisant l’action de la chimiothérapie sur d’autres cellules que les cellules cancéreuses. Récemment, des chercheurs ont ainsi présenté un procédé innovant, basé sur des bactéries magnétotactiques.

Cette approche utilise de véritables bactéries vivantes, dotées naturellement de capacités magnétotactiques. Ces bactéries, capables d’accumuler le fer dissous dans l’eau de mer, ont été découvertes dans les océans il y a quelques décennies. A l’intérieur, se forment des cristaux d’oxyde de fer, sensibles à l’exposition d’un ou plusieurs champs magnétiques.

Une chimiothérapie plus efficace, avec des effets secondaires réduits

Ces bactéries pourraient ainsi acheminer les médicaments de chimiothérapie directement au niveau de la tumeur, orientées par un jeu de différents champs magnétiques. De plus, ces bactéries sont naturellement attirées par le milieu faiblement oxygéné de la tumeur. Un tel procédé pourrait réduire de manière importante les effets secondaires des médicaments. Après des essais menés avec des micro-robots sensibles aux champs magnétiques, l’idée d’utiliser des bactéries vivantes a déjà séduit plusieurs équipes de recherche.

Mais à ce stade, il reste à démontrer que ces bactéries une fois dans l’organisme humain ne présentent aucun risque de toxicité. Puis, il faudra vérifier que les médicaments de chimiothérapie sont acheminés sur le site de la tumeur, grâce à l’action des champs magnétiques. Si les résultats de ces études se révèlent prometteurs, la chimiothérapie anticancéreuse pourrait s’avérer plus efficace, plus spécifique et donc moins impactante pour le patient !

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Source
– Living, Self‐Replicating Ferrofluids for Fluidic Transport. onlinelibrary.wiley.com. Consulté le 21 décembre 2020.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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