Une nouvelle piste pour optimiser l’immunothérapie anticancéreuse

12 décembre 2020 par

Le cancer représente en France la première cause de mortalité prématurée, avec environ 150 000 décès chaque année. L’immunothérapie s’est imposée au cours des dernières années comme un progrès majeur dans le traitement de plusieurs cancers. Récemment, des chercheurs ont découvert un mécanisme de résistance à l’immunothérapie, une découverte qui pourrait permettre d’améliorer les thérapies existantes. Explications.

Une nouvelle piste pour optimiser l’immunothérapie anticancéreuse

Cancer et immunothérapie

Depuis quelques années, une nouvelle thérapie anticancéreuse ne cesse de se développer, l’immunothérapie, offrant un espoir de traitement pour des formes avancées de plusieurs cancers, notamment :

A la différence de la chimiothérapie, l’immunothérapie ne s’attaque pas directement aux cellules tumorales, mais stimule les défenses immunitaires de l’organisme, pour qu’il détruise lui-même les cellules cancéreuses. L’une des principales cibles de l’immunothérapie sont les lymphocytes NK (Natural Killer), dont il est possible de moduler l’activité grâce à des anticorps monoclonaux, agissant comme des immunomodulateurs.

Certains patients répondent peu ou pas à l’immunothérapie

Ces anticorps immunomodulateurs permettent de lever les mécanismes d’inhibition du système immunitaire induits par les cellules tumorales. Administrés aux patients par voie intraveineuse, ils agissent à la fois :

  • Sur les tumeurs primaires ;
  • Sur les métastases.

Validée sur sept cancers et en cours d’étude sur d’autres formes avancées de cancer, l’immunothérapie n’est pourtant pas efficace chez tous les patients traités. Récemment, des chercheurs français et australiens ont analysé les résultats de 19 études menées sur 11 640 patients atteints de différents cancers, pour mieux comprendre pourquoi certains patients répondent à l’immunothérapie, et d’autres non.

La molécule CD226 indispensable à l’efficacité de l’immunothérapie

Leurs analyses leur ont permis d’identifier une molécule indispensable au bon fonctionnement des lymphocytes NK, le CD226. Cette molécule est capitale pour que les lymphocytes reconnaissent les cellules cancéreuses, une étape cruciale dans le processus de destruction de ces cellules. L’absence de CD 226 empêche la reconnaissance des cellules cancéreuses par les cellules NK et constitue donc un facteur de mauvais pronostic chez les patients atteints de mélanome, de cancer du sein, de cancer du poumon ou de cancer hépatique.

Au-delà de sa présence, le niveau d’expression de la molécule CD226 est également un élément clé de la réussite de l’immunothérapie anticancéreuse et pourrait être un facteur prédictif de la réponse du patient à l’immunothérapie. Une telle découverte pourrait permettre de développer de nouveaux traitements ciblés sur le CD226, afin d’améliorer la réponse thérapeutique à l’immunothérapie. Une piste pour optimiser le traitement de nombreux cancers, mais aussi le traitement de certaines maladies virales impliquant les lymphocytes NK.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Cancer : un mécanisme clé de résistance à l’immunothérapie identifié. Communiqué de presse. Université de toulouse. Consulté le 7 décembre 2020.
– Immunothérapie dans le cancer du poumon : évaluation à 5 ans. Communiqué de presse. CHU de Toulouse. Consulté le 7 décembre 2020.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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