Connaissez-vous la natalophobie ou phobie de Noël ?

Actualités Psychiatrie

Rédigé par Estelle B. et publié le 21 décembre 2023

D’après un sondage mené en France en 2022, 40 % des femmes et 25 % des hommes seraient angoissés par la période des fêtes de fin d’année. Une angoisse qui, pour certaines personnes, peut devenir une véritable phobie, la natalophobie. A quelques jours de Noël, Santé Sur le Net s’est penchée sur cette phobie saisonnière.

natalophibie

Qu’est-ce que la natalophobie ?

Les phobies appartiennent à la famille des troubles anxieux. Le sujet phobique est incapable de résister au besoin irrépressible d’éviter l’objet de sa peur. De multiples phobies sont décrites : l’arachnophobie pour les araignées, l’agoraphobie pour la foule, l’acrophobie pour les lieux élevés, etc. Sur la longue liste des phobies, l’une d’elles est saisonnière et associée aux fêtes de fin d’année, la natalophobie ou phobie de Noël.

Pour les sujets natalophobes, l’arrivée du mois de décembre marque le début d’une période compliquée, avant un retour à la vie normale au mois de janvier. Alors que la majorité des enfants et des adultes se réjouissent de cette période festive, les natalophobes vivent les fêtes de fin d’année comme une corvée et peuvent tout mettre en œuvre pour s’y soustraire. Comme pour les autres phobies, la natalophobie est généralement bénigne, sauf lorsqu’elle oblige la personne phobique à restreindre ses activités en impactant sa qualité de vie.

Du stress de préparer les fêtes à la natalophobie

Dans le contexte de la natalophobie, ces formes sévères de phobie s’expriment par le refus de fêter Noël et le Nouvel An, avec souvent un important repli sur soi en cette période habituellement considérée comme conviviale. L’arrivée de ces festivités est associée pour les natalophobes à une source de stress, des symptômes anxieux voire dépressifs, qui peuvent entraîner des signes psychosomatiques (douleurs, troubles du sommeil, palpitations cardiaques, difficultés à respirer, …). Comment expliquer une telle phobie ? Pour certains spécialistes, la natalophobie prendrait naissance dans les contraintes et la pression exercées par cette période de fêtes :

  • Trouver les cadeaux de Noël, se les procurer et financer leur achat (stress organisationnel et financier) ;
  • Organiser les réveillons ;
  • Faire les courses et préparer les repas de fêtes ;
  • Gérer des réunions de familles, parfois avec des tensions ou des sujets qui fâchent.

Autre aspect, la temporalité. Noël arrive en toute fin d’année, au moment où les jours sont les plus courts, où l’hiver débute. Une saison qui ne donne pas le sourire à tout le monde et qui peut aussi raviver certains souvenirs d’enfance, un passé familial compliqué ou des périodes difficiles de la vie. Noël est parfois perçu par les natalophobes comme la fin d’un cycle, avec une forme de bilan de fin d’année, pas toujours très serein.

Ne pas hésiter à demander de l’aide

Dans la majorité des cas, les natalophobes présentent des symptômes modérés. Ils préfèrent éviter les grandes tablées, les repas qui se prolongent et la multiplication des festivités. Tant que cette phobie ne les isole pas socialement et familialement, ils peuvent adapter cette période à leurs envies. Après tout, rien n’oblige à fêter Noël et le Nouvel An avec l’ensemble de la famille, autour d’un repas préparé des jours ou des heures à l’avance. Le natalophobe peut opter pour plus de simplicité et ainsi calmer ses angoisses. Côté financier aussi, il n’est pas obligatoire de voir les choses en grand. Un Noël à prix raisonnable, c’est aussi possible.

Mais dans certains cas, la natalophobie, comme les autres phobies, peut devenir problématique sur un plan personnel mais aussi familial. En parler avec un professionnel (médecin, psychologue) est conseillé pour trouver ensemble des solutions pour se sentir mieux durant les fêtes de fin d’année : psychothérapie, thérapie cognitivo-comportementale, techniques de relaxation et de méditation, voire traitement médicamenteux … des solutions existent. Les personnes souffrant de dépression peuvent également être plus vulnérables en cette période. Attention aux signes de rechute ou d’aggravation des symptômes. En résumé, pour lutter contre la Noëlophobie, il faut essayer de ne pas se mettre la pression pour les fêtes, choisir des festivités adaptées à ses envies et ne pas hésiter à consulter en cas de besoin.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
-Qui sont les natalophobes, ces personnes qui souffrent d’une phobie de Noël. www.ina.fr. Consulté le 4 décembre 2023.
– Natalophobie : ils détestent Noël.www.psychologies.com. Consulté le 4 décembre 2023.