Covid-19 : gérer la cinquième vague jusqu’à mi-mars, et après ?

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Rédigé par Alexia F. et publié le 24 janvier 2022

Le « pass vaccinal » entre en vigueur aujourd’hui. Il vient compléter l’allègement des restrictions pour freiner l’épidémie de Covid-19 annoncées la semaine dernière. Dans une note d’actualisation sur la vague Omicron, le Conseil scientifique revient sur le covid-19 et cinquième vague, les mesures à mettre en place jusqu’à mi-mars et les espoirs sur l’évolution épidémique.

Covid-19 et cinquième vague : et après ?

Covid-19 et cinquième vague : le point sur la situation actuelle

Cela fera bientôt deux ans que le SARS-CoV-2 sévit dans le monde. La semaine dernière, le nombre de nouveaux cas positifs à la Covid-19 recensés quotidiennement atteignait près de 300 000 en France, soit une augmentation de plus de 23% en 7 jours. Les hospitalisations ont augmenté d’environ 22% sur les 7 derniers jours pour atteindre en moyenne 2 676 nouvelles hospitalisations quotidiennes. Enfin, la bonne nouvelle est que le nombre d’entrées en soins critiques est à la baisse (environ 8%) avec en moyenne 291 nouvelles entrées chaque jour sur la semaine écoulée.

Dans ce contexte épidémique et de concert avec le déploiement du « pass vaccinal », le gouvernement a annoncé un allègement des restrictions pour freiner la progression du virus en deux temps :

  • A partir du 2 février, les jauges seront levées dans les établissements accueillant du public assis et le port du masque ne sera plus obligatoire en extérieur,
  • A partir du 16 février, les discothèques pourront rouvrir, les concerts debout pourront reprendre et la consommation sera à nouveau possible dans les stades, cinémas et transports,
  • Ces allègements sont pondérés par un protocole sanitaire spécifique à chaque lieu et au respect des gestes barrières.

L’allègement des restrictions s’accompagne de la mise en place d’un « pass vaccinal » en vigueur à partir d’aujourd’hui. Il concerne toutes les personnes âgées de plus de 16 ans se rendant dans des lieux qui accueillent du public. Pour le respecter il faut :

  • Une certification de vaccination avec un schéma vaccinal complet,
  • Une certification de rétablissement depuis plus de 11 jours et moins de 6 mois,
  • Une certification de contre-indication vaccinale.

Ce « pass vaccinal » remplace l’ancien « pass sanitaire » et est obligatoire pour accéder :

  • Aux bars et restaurants,
  • À des activités de loisirs telles que le cinéma, les musées ou le théâtre,
  • Aux foires, séminaires et salons professionnels,
  • Aux grand magasins et centres commerciaux,
  • Aux transports interrégionaux.

Selon le Conseil scientifique, l’entrée en vigueur de ce « pass vaccinal » devrait induire une augmentation des primo-vaccinations et ainsi contribuer à la poursuite de la stratégie vaccinale.

Gérer la vague Omicron jusqu’à mi-mars

Dans une note d’actualisation sur la vague Omicron publiée par le Conseil scientifique COVID-19 le 19 janvier 2022, les membres reviennent sur la cinquième vague et sur les prédictions pour les mois à venir. Ils insistent sur le fait que la cinquième vague liée au variant Omicron n’est pas terminée et son retentissement sur notre système de soins va rester élevé, mais en partie gérable, jusqu’à mi-mars. Ce retentissement n’est gérable seulement si les efforts permettant de réduire les contacts et la conservation des gestes barrières demeurent dans les semaines qui viennent.

Jusqu’à mi-mars, le nombre de patients inclus en réanimation et en soins critiques va rester élevé avec une occupation partielle des lits par les personnes infectées par le variant Delta. Si la tension sur le nombre de lits disponibles en réanimation risque d’être très forte en région Sud, elle devrait être maîtrisée au global.

Aux enjeux épidémiques s’ajoutent ceux liés aux déprogrammations d’actes chirurgicaux et médicaux et aux difficultés de gestion en personnel dans les établissements de santé. Il s’agit d’une nouvelle priorité pour les semaines à venir. Selon le Conseil scientifique, une partie importante de la réponse à ce problème réside dans un partenariat public/privé.

Dans cet avis, le Conseil préconise de poursuivre la stratégie de dépistage massif de sorte qu’elle remplisse trois objectifs :

  • Un dépistage précoce pour proposer des traitements précoces aux personnes à risque, disponibles à partir de février,
  • La stratégie « Tester, Alerter, Protéger » pourra être reprise lorsque la circulation du virus le permettra,
  • La surveillance de l’évolution virale post-Omicron par la stratégie criblage-séquençage contribuera au traçage de l’émergence de futurs variants.

Etant donné que la poursuite épidémique observée mi-janvier serait en partie due à la reprise de la vie scolaire, les membres du Conseil scientifique suggèrent de débloquer des moyens supplémentaires pour renforcer les protocoles sanitaires de prévention et de dépistage des infections à l’école et dans les crèches. Ces moyens doivent inclure une protection des personnes fragiles qui sont au contact des enfants ou de leurs parents.

Dans cette note, il est également fait mention que l’optimisation de la mise en place des traitements antiviraux par voie orale pourrait profondément modifier la gestion épidémique chez les non-vaccinés, avec une priorité portée sur les patients immunodéprimés.

« Le début de la fin en mars-avril », vraiment ?

Bientôt 2 ans que nous attendons de pouvoir reprendre une vie normale. Les citoyens attendent impatiemment des réponses claires et encourageantes sur l’évolution épidémique dans les prochains mois. Si Emmanuel Macron, actuel Président de la République, déclarait lors de ses vœux que « 2022 sera peut-être l’année de la fin de l’épidémie de Covid-19 », le Conseil scientifique se montre très prudent.

Précisant qu’il est difficile de se prononcer sur le futur de l’évolution de l’épidémie de Covid-19, les membres du conseil proposent des éléments de débat sur l’après-Omicron :

  • La cinquième vague liée à Omicron et sa très forte contagiosité combinée à une campagne vaccinale massive vont permettre d’atteindre une immunité collective très forte. Cependant, les précédentes expériences avec les variants du SARS-CoV-2 montrent que l’arrivée d’un nouveau variant est très difficilement prédictible. Le renforcement de la veille internationale permettra d’analyser les risques de décours de la fin de la circulation d’Omicron en France,
  • L’anticipation de quatre enjeux majeurs permettra de gérer l’épidémie avec plus de sérénité. Ces enjeux incluent la compréhension de la durée de l’immunité collective naturelle et vaccinale, des mécanismes d’apparition des nouveaux variants et la surveillance de la circulation du virus dans les pays à ressources limitées et peu vaccinés. Enfin, et non des moindres, les capacités des systèmes de surveillance épidémio-cliniques doivent être renforcés et préparés afin de définir très rapidement les caractéristiques des futurs nouveaux variants.

Alexia F., Docteure en Neurosicences

Sources
– La vague omicron : une vague très différente des précédentes. solidarites-sante.gouv.fr. Consulté le 24 janvier 2022.
– Informations Covid-19. gouvernement.fr. Consulté le 24 janvier 2022.
– Le “pass vaccinal”, mode d’emploi. gouvernement.fr. Consulté le 24 janvier 2022.

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