Covid-19 : quand le risque de forme grave se lit dans les gènes

Coronavirus (COVID-19) Santé au quotidien (maux quotidiens)

Rédigé par Estelle B. et publié le 10 mars 2022

Au-delà des facteurs de risque déjà identifiés, comment mieux prédire si une personne peut développer une forme grave de la Covid-19 suite à l’infection par le SARS-CoV-2 ? Une nouvelle étude, publiée dans la célèbre revue scientifique Nature, vient répondre en partie à cette question. Elle s’est basée pour cela sur le séquençage du génome de plus de 50 000 patients ayant contracté le SARS-Cov-2.

covid séquencage

Covid-19 et séquençage du génome des patients

Les formes sévères de la Covid-19 nécessitent une hospitalisation en soins intensifs, et dans les formes les plus graves une admission en réanimation avec la mise en place d’une respiration artificielle. Bien que la campagne de vaccination et la mise au point de quelques traitements ont permis au fil des mois de réduire la proportion de ces formes graves, il reste capital pour les médecins de prédire dès l’infection l’évolution vers une forme sévère de la maladie.

Plusieurs facteurs de risque ont clairement été identifiés dès le début de l’épidémie. Cependant, ils ne suffisent pas toujours à expliquer les cas graves. En effet, il reste une proportion de patients jeunes, sans problèmes de santé apparents, qui évoluent vers une forme sévère après l’infection par le SARS-CoV-2. Comment identifier au plus tôt ces patients afin de les prendre en charge le plus précocement possible ?

Des facteurs de prédisposition génétique aux formes sévères de la Covid-19

Résoudre cette question constitue un enjeu important dans le contrôle de l’épidémie de la Covid-19. Une récente étude vient apporter des données importantes pour y répondre. Les chercheurs ont séquencé le génome de 7 491 patients ayant été admis en soins intensifs pour une infection par la Covid-19 sévère. Ils l’ont ensuite comparé avec le génome de 48 400 patients contrôles. De cette analyse comparative, ils ont pu mettre en évidence 23 variants génétiques indépendants. Ces 23 variants seraient autant de facteurs de prédisposition génétique aux formes graves de la maladie.

Parmi ces variants génétiques, les scientifiques ont identifié un lien entre les formes graves de la maladie et plusieurs paramètres physiologiques :

  • La voie des interférons (substances intervenant dans les réactions immunitaires) ;
  • La différenciation des globules blancs ;
  • Les antigènes présents à la surface des cellules.

De nouvelles cibles thérapeutiques à étudier

Par ailleurs, ils ont mis en évidence que l’expression de plusieurs gènes étaient affectée chez les patients atteints de formes sévères de la Covid-19, en particulier :

  • Une réduction de l’expression d’une enzyme membranaire ;
  • L’augmentation de l’expression des mucines (substances qui protègent les épithéliums comme l’épithélium pulmonaire contre différentes agressions, dont les virus).

Enfin, l’analyse génomique a révélé de nouvelles cibles potentielles pour développer de nouvelles thérapies contre le SARS-CoV-2.

Ces nouvelles données constituent une avancée majeure dans la compréhension des mécanismes physiopathologiques de la Covid-19, et en particulier des formes sévères. Les sujets génétiquement plus à risque de développer une forme sévère de la maladie sont ceux qui présentent une altération des mécanismes immunitaires contrôlant la réplication des virus ou ceux prédisposés à l’inflammation pulmonaire ou à la coagulation intravasculaire. Détecter ces points faibles dès le début de l’infection ou lors de l’admission à l’hôpital pourrait permettre de mieux prendre en charge ces patients et d’éviter l’aggravation de la fonction pulmonaire.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Whole genome sequencing reveals host factors underlying critical Covid-19. www.nature.com. Consulté le 10 mars 2022.

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