Démences : l’intérêt des thérapies non médicamenteuses pour agir sur l’agressivité

Nov 1, 2019 par

Dans le monde, 50 millions de personnes souffrent de démence. Chez 75% d’entre eux, on retrouve des symptômes neuropsychiatriques comme l’agressivité, l’agitation et l’anxiété. En passant en revue 163 études cliniques sur le sujet, des chercheurs de l’hôpital St Michael de Toronto ont mis en évidence que les thérapies non médicamenteuses, comme la musicothérapie ou les massages, étaient aussi efficaces que les traitements pharmacologiques.

Des personnes âgées

Une analyse sur plus de 23 000 patients

Quelle est l’efficacité des soins non médicamenteux pour traiter les patients atteints de démence ? Pour tenter de répondre à cette question, l’équipe de Sharon Strauss, de l’hôpital St Michael et de l’université de Toronto, a passé en revue 163 essais contrôlés randomisés. Au total, l’analyse a porté sur 23 143 personnes atteintes de démence et âgées de plus de 75 ans.

Ce travail avait pour objet d’étudier l’efficacité des interventions pharmacologiques et non pharmacologiques sur l’agressivité, l’anxiété et l’agitation des patients atteints de démence.

À savoir ! La démence est définie par l’OMS comme un “syndrome dans lequel on observe une dégradation de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de l’aptitude à réaliser les activités quotidiennes”. La maladie d’Alzheimer est la forme la plus fréquente de démence (60% à 70% des cas de démence). Les autres formes de démence sont la démence vasculaire, la démence à corps de Lewy, et la démence fronto-temporale.

Activités physiques, massages pour agir surla nervosité et l’agressivité

La revue systématique et la méta-analyse, publiées dans la revue Annals of Internal Medicine, suggèrent que les activités en plein air et les exercices physiques étaient, dans certains cas, plus efficaces sur le plan clinique que les médicaments antipsychotiques pour traiter l’agitation et l’agressivité physique.

À savoir ! Les médicaments antipsychotiques, anciennement nommés neuroleptiques, sont généralement indiqués pour contrôler les symptômes de la schizophrénie et des troubles bipolaires. Certains antipsychotiques ont aussi d’autres indications spécifiques pour traiter certains symptômes de l’autisme ou pour le traitement de la dépression majeure.

Les massages et la thérapie tactile donnaient également de très bons résultats chez certains patients présentant une agressivité physique et/ou verbale. Dans certains cas, ces interventions non médicamenteuses étaient plus efficaces qu’un traitement  pharmacologique.

À savoir ! Les médicaments étudiés comprenaient des antidépresseurs, des antipsychotiques, des médicaments spécifiques contre la démence, des cannabinoïdes et le dextrométhorphane-quinidine destinés à traiter les pleurs et les rires incontrôlables.

“Malheureusement, notre compréhension de l’efficacité comparative des interventions médicamenteuses par rapport aux interventions non médicamenteuses pour le traitement des symptômes psychiatriques a été limitée en raison de l’absence d’essais comparatifs comparant les deux voies” souligne l’équipe de chercheurs.

Mettre le patient au centre du parcours de soins

Cette analyse de l’efficacité de différentes thérapies sur les symptômes neuropsychiatriques liés à la démence a permis de conclure que :

  • Le traitement doit être adapté à chaque patient en fonction desa propre expérience;
  • Il faut donner la priorité aux thérapies non médicamenteuses pour agir sur l’agressivité et l’agitation ;
  • Les soins multidisciplinaires associant thérapies non médicamenteuses (activités en plein air, exercices physiques, massages, musicothérapie et stimulation cognitive) et thérapie médicamenteuse sont efficaces et compatibles avec une approche de soins centrée sur le patient.

Il faut désormais comprendre l’influence des caractéristiques individuelles des patients (âge, catégorie sociale, diagnostic de démence ou  autres pathologies, présence de l’entourage) sur la réponse aux différents types d’interventions.

Par ailleurs, les chercheurs ont souligné la nécessité d’analyser les différences en termes de coûts entre les interventions pharmacologiques et celles non pharmacologiques.

Julie P., Journaliste scientifique

– Non-pharmacologic treatments may be more effective for psychiatric symptoms of dementia. Medicalxpress Consulté le 22 octobre 2019
Julie P.
Journaliste scientifique.
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