Exposition des enfants aux écrans : quelles limites ?

Feb 19, 2020 par

Smartphones, tablettes, télévisions, ordinateurs : les écrans ont envahi notre quotidien à la plus grande joie de nos enfants qui sont les premiers à savoir comment les utiliser ! Et si ces trésors d’innovations n’étaient pas si anodins pour la santé de nos bambins ? C’est ce que suggère le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) qui émet dans son récent rapport une série de recommandations sur l’exposition aux écrans des enfants et des adolescents.

La nécessité d’encadrer l’usage des écrans

Si les études sur le sujet de l’exposition aux écrans sont toujours plus fréquentes, leurs résultats ne s’accordent pas toujours. Le HCSP ne se prononce donc pas sur des «conclusions sûres et unanimes pour tous les paramètres étudiés ».

Mais vu les risques potentiels des écrans et les effets variables selon les âges, le HCSP insiste sur l’importance du respect de certaines règles de base devant encadrer l’usage des écrans par les enfants et adolescents :

  • Pas d’écrans avant 3 ans
  • Pas d’écrans 3D avant 5 ans
  • Pas d’écrans pendant les repas ou avant le coucher
  • Pas d’écrans dans la chambre à coucher de l’enfant

Dès 3 ans, il est impératif que les parents contrôlent l’usage des écrans de leur enfant en fixant un temps d’utilisation déterminé à ne pas dépasser et en surveillant les contenus qu’il visionne. Ils doivent également s’assurer que le temps passé sur les écrans ne nuise pas à ses autres activités comme les activités sportives ou artistiques. Le rôle des parents est ici fondamental car ce sont à eux de montrer à leur enfant la bonne conduite à adopter en ne se montrant pas eux-mêmes « accaparés par les écrans en présence de leurs enfants ».

Les auteurs du rapport du HCSP soulignent la difficulté « de se forger un avis objectif et éclairé  entre affirmation populaire, principe de précaution, point de vigilance, bon sens ou résultats scientifiques ». Il faut dire que la littérature scientifique regorge d’études sur les effets supposés de l’usage des écrans sur l’organisme.

Des effets avérés sur le surpoids et le sommeil

Parmi les effets décrits dans la littérature scientifique, l’association entre le temps passé devant les écrans et le surpoids ou l’obésité a été observée : « Le temps passé devant la télévision est associé à des prises alimentaires augmentées. »

Par ailleurs, lorsque l’usage quotidien des écrans dépasse les 2 heures ou s’effectue juste avant de dormir, les effets sur la qualité du sommeil sont avérés. A noter que les effets sur la vision et l’audition ne font pas l’objet d’un consensus par manque d’études et de preuves.

S’agissant des fonctions cognitives et de la maîtrise du langage, les études menées présentent des résultats contradictoires avec tantôt des effets négatifs sur l’acquisition du langage, tantôt une amélioration des apprentissages. Il en est de même pour les troubles de la santé mentale qui dépendent essentiellement de la « vulnérabilité des adolescents et de leur environnement éducatif et socio-économique ».

Enfin, les troubles émotionnels et affectifs ne sont pas en reste avec un effet dose-réponse avéré. Utilisation excessive d’internet rime donc avec troubles émotionnels mais en même temps, il a été constaté que « les enfants vulnérables sont ceux qui utilisent le plus internet et les réseaux sociaux » faisant de cette relation une relation à deux sens dépendant du type d’écran utilisé ainsi que des contenus visionnés.

Des questions qui restent en suspens

On l’aura compris, le sujet de l’exposition aux écrans soulève beaucoup de questions dont certaines restent encore en suspens. Les effets de l’exposition des jeunes  à des contenus violents, sexuels ou pornographiques n’ont par exemple pas encore été assez documentés.

Dans ce contexte, le HCSP émet les recommandations suivantes :

  • Développer la recherche pluridisciplinaire pour documenter les études
  • Repérer au mieux les signes d’alerte d’une utilisation excessive des écrans (somnolence, isolement ou  baisse des performances scolaires) grâce à la mise en place de mesures de soutien aux parents.

A savoir ! : Il existe une ligne d’appel nationale destinée aux enfants et adolescents confrontés à des problèmes dans leurs usages numériques. Ce numéro vert national baptisé Net Écoute (0800 200 000) est 100% anonyme, gratuit et confidentiel.  Son rôle : écouter, informer et conseiller les enfants et adolescents.

En attendant, on ne saurait que trop conseiller aux parents de se montrer extrêmement vigilants dans l’encadrement de l’usage de tous les types d’écrans par leurs enfants. Leur santé et leur avenir sont en jeu !


Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Pas d’écran avant 3 ans et un usage régulé après, le HCSP fait le point. LE QUOTIDIEN DU MEDECIN. Consulté le 23 février 2020.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue.
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