La graisse abdominale impliquée dans le cancer

Sep 5, 2017 par

C’est un fait, tous les scientifiques s’accordent là-dessus : l’obésité est un facteur de risque du cancer. Cependant, le mécanisme en cause reste flou. Une récente étude américaine offre de nouveaux détails. Le responsable serait en réalité une petite protéine, libérée par les tissus graisseux et plus particulièrement par la graisse abdominale, capable de transformer les cellules non cancéreuses en cellules cancéreuses.

graisse abdominale

Graisse et cancer

Jamie Bernard, professeur en pharmacologie et toxicologie et auteur principal de l’étude déclare « Bien qu’il y ait eu plusieurs progrès dans le traitement du cancer et l’amélioration de la qualité de vie des patients, le nombre de nouveaux cas continue de croître.  Il est important de comprendre la cause afin que nous puissions mieux travailler à la réduction du nombre de cas de cancer, par des modifications alimentaires ou des moyens thérapeutiques ».

Plusieurs recherches l’attestent, la graisse augmente le risque de développer un cancer. Ainsi, le cancer du sein, de l’utérus, du colon ou encore de la prostate seraient liés à l’obésité. Or, plus d’un tiers de la population américaine est concerné par l’obésité et donc exposé au risque de cancer. Les taux devraient même atteindre 42% d’ici 2050, selon les auteurs de l’étude.

Malgré cette hausse, on connaît jusqu’à présent, peu de choses sur la façon dont la graisse est capable d’influencer le processus de cancérisation. L’équipe Américaine dirigée par le professeur Jamie Bernard s’est donc attelée à l’examination en profondeur des effets de la graisse sur le développement du cancer.

On parle de graisse viscérale pour désigner la graisse déposée autour des organes vitaux de l’abdomen comme le foie, les pancréas ou les intestins, tandis que le terme « graisse sous-cutanée » fait référence à la graisse stockée sous la peau.  Dans la littérature, on peut parfois lire « graisse active » signifiant que cette dernière n’a pas seulement un rôle de stockage d’énergie, mais qu’elle est également impliquée dans le métabolisme via la production d’un certain nombre de protéines.

La protéine FGF2 en cause

Afin d’étudier la croissance tumorale et les effets de la graisse abdominale, les chercheurs ont nourri des rongeurs avec un régime riche en matières grasses. Ils ont ensuite induit la formation de cellules cancéreuses par exposition des rongeurs à des rayons ultra-violets. Enfin, les scientifiques ont effectué un prélèvement des tissus graisseux.

Après analyse des prélèvements, l’équipe du professeur Bernard a finalement mis en évidence une production beaucoup plus importante de certains facteurs de croissance appelés « FGF2 » par la graisse abdominale comparée à la graisse sous-cutanée.

Par ailleurs, les chercheurs de l’étude ont démontré que le facteur FGF2 était capable d’entraîner la prolifération cancéreuse de certaines cellules, notamment de la peau et des glandes mammaires, déjà vulnérables face à la protéine.

Les scientifiques ont également étudié plusieurs échantillons de graisse abdominale issus de femmes ayant subi une hystérectomie (ablation de l’utérus). Ils ont constaté que lorsque le tissu présentait une quantité plus élevée en FGF2, il était à l’origine de plus de tumeurs cancéreuses une fois transplanté chez la souris.

Finalement, le professeur Bernard conclut que l’excès de poids est un des facteurs de risque du cancer : « Notre étude suggère que l’indice de masse corporelle, ou IMC, n’est peut-être pas le bon indicateur. L’obésité abdominale, et plus précisément, les niveaux de FGF2 qui peuvent être un meilleur indicateur du risque de transformation cancéreuse ». Il termine en disant qu’il existe d’autres facteurs de croissance à étudier, dont il ne faut pas sous-estimer le rôle. L’équipe de chercheurs espère à présent trouver un composé ayant la faculté de bloquer ce processus.

Charline D., Pharmacien

– This is how belly fat could increase your cancer risk. Science daily. Le 24 août 2017.
Belly fat protein may cause cancer. Medical news today. Le 25 août 2017.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
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