L’activité physique : un réel impact sur les risques de décès ?

Oct 5, 2017 par

Il n’est plus à démontrer que pratiquer une activité physique régulière est bénéfique pour l’organisme. Mais récemment, la plus grande étude internationale jamais réalisée à ce jour sur les bienfaits de l’activité sur la santé a montré que suivre les recommandations de l’OMS en matière d’activité physique permet de prévenir une mort sur douze.

Activité physique et risque de décès

Une société de plus en plus sédentaire

Si l’on prend l’exemple de la France, les résultats de l’étude ESTEBAN 2014-2016 publiés le 26 Septembre 2017 sont alarmants. En 10 ans, l’inactivité physique chez les femmes a progressé de 16% alors qu’elle est restée stable chez les hommes. De plus, 90% des adultes déclarent au moins 3 heures d’activité sédentaire en dehors du travail ; constat qui est étroitement relié à une augmentation du temps passé devant un écran.

A savoir !  L’inactivité physique, se définit comme la non atteinte des recommandations de l’OMS en matière d’activité physique, à savoir 30 minutes 5 fois par semaine. La sédentarité représente quant à elle, une activité qui n’entraîne qu’une très faible consommation d’énergie.

La situation est également préoccupante auprès des plus jeunes. Seuls 25% des 6-17 ans pratiquent une activité physique modérée ou intense chaque jour. L’étude révèle également que l’inactivité progresse principalement chez les adolescents et le temps passé devant l’écran est pointé du doigt comme facteur aggravant. En effet, l’étude révèle que plus de 60% des enfants et des adolescents sont sédentaires. De plus, depuis 2006, le pourcentage d’enfants inactifs a été multiplié par 5 chez les garçons, et par 3 chez les filles, en corrélation avec une diminution de la pratique du sport en club.

Ce comportement sédentaire augmente le risque de développer un diabète ou une maladie cardiovasculaire, voire une neuropathie.

Pourquoi pratiquer une activité physique au quotidien ?

Alors que la sédentarité et l’inactivité physique progressent en France, il est bon de rappeler qu’avoir une activité physique régulière présente de très nombreux avantages. Elle permet entre autre un renforcement du système cardiovasculaire, du système respiratoire, du squelette et des muscles. L’activité physique englobe aussi bien la pratique du sport que les activités ludiques ou ménagères.

A savoir ! L’OMS a établi des recommandations mondiales concernant l’activité physique en fonction de tranches d’âge. Ces dernières sont consultables sur ce lien.

L’activité physique joue également un rôle dans le bien-être des individus et dans la prévention ou l’accompagnement de certaines pathologies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers ou encore l’ostéoporose.

Cependant, la majorité des études réalisées à ce jour sur son impact réel sur la santé n’ont été réalisées que dans des pays à hauts revenus où l’activité physique est généralement associée aux loisirs. Ce n’est pas le cas de l’étude internationale du Dr Scott A Lear qui prend en compte toutes sortes d’activités (sports mais aussi les tâches ménagères ou encore l’activité professionnelle.)

Pratiquer une activité physique diminue-t-il réellement les risques de décès ?

Cette étude a collecté des données auprès de 130 843 participants âgés de 35 à 70 ans, ne présentant pas de troubles cardiovasculaires et vivant dans les zones rurales et urbaines de 17 pays présentant des revenus par habitant variés. Ces derniers devaient remplir un formulaire précisant leur activité physique, sa variété et les antécédents médicaux dans leur famille. Suite à cet enregistrement, ils ont réalisé une visite de suivi tous les 3 ans pendant 9 ans.

Sur ces participants, près de 107 000 suivaient les recommandations minimales de l’OMS concernant la bonne pratique d’une activité physique. Ces personnes ont présenté un taux de mortalité inférieur aux participants présentant un niveau d’activité physique inférieur aux recommandations, ainsi qu’un risque amoindri de développer un accident cardiovasculaire. Selon leur estimation, pratiquer une activité régulièrement permettrait de prévenir un décès sur douze et un cas de maladie cardiovasculaire sur vingt.

A savoir ! Depuis Janvier 2016, le sport peut être prescrit dans le cadre du parcours de soins d’une affection de longue durée.

L’étude a également montré que les risques de mortalité et de maladies cardiovasculaires diminuent d’autant plus que le niveau d’activité physique hebdomadaire est important.

Il est également important de préciser qu’une alimentation saine et équilibrée en complément de cette activité physique constitue une combinaison gagnante pour vivre en bonne santé.

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Romain R., Docteur en Biologie Cellulaire et Moléculaire

– The effect of physical activity on mortality and cardiovascular disease in 130 000 people from 17 high-income, middle-income, and low-income countries: the PURE study. The Lancet. Dr Scott A. Lear et al. Le 21 Septembre 2017.
– Une mort sur 12 pourrait être évitée grâce à 150 minutes d’activité physique par semaine. Le Quotidien du médecin. Fabienne Rigal. Le 22 septembre 2017.
– Des Français pas assez actifs, rivés aux écrans : l’alerte de Santé publique France. Le Quotidien du médecin. Coline Garre. Le 26 septembre 2017.
Romain R.
Docteur en Biologie Cellulaire et Moléculaire.
Biologiste passionné par le sport et les nouvelles technologies.
Particulièrement intéressé par tout ce qui a trait au Génie Génétique, au Métabolisme et aux Biotechnologies.
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