Un implant de buprénorphine face à la dépendance aux opiacés

Actualités Addiction

Rédigé par Estelle B. et publié le 30 mai 2019

La dépendance aux opiacés est un problème majeur de santé publique en France. Face à ce fléau, les médicaments de substitution disponibles ne répondent pas toujours de manière optimale aux enjeux de la prise en charge. Dans ce contexte, le comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne du médicament vient d’approuver un nouvel implant de buprénorphine, l’une des deux substances les plus utilisées dans les traitements de substitution.

implant-dependance

Dépendance aux opiacés et traitements de substitution

La dépendance aux opiacés est un enjeu majeur de santé publique. Elle peut se développer dans plusieurs contextes :

  • L’usage de drogues telles que l’héroïne, la cocaïne ou d’autres substances dérivées de l’opium ;
  • Un traitement médicamenteux prolongé et/ou mal suivi, à base de médicaments opiacés (la morphine ou l’un de ses dérivés).

En cas de dépendance aux opiacés, un traitement de substitution est nécessaire, à base d’opiacés de synthèse. Actuellement, deux substances sont principalement utilisées :

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Un implant qui délivre la buprénorphine en continu

La méthadone, comme la buprénorphine, doivent aujourd’hui être administrées quotidiennement, parfois plusieurs fois par jour. Malheureusement, ce mode d’administration ne facilite pas l’observance des patients, et le risque est important, soit d’un mésusage des traitements de substitution, soit d’un abandon en cours de traitement.

Face à ce problème, les laboratoires tentent de développer des traitements de substitution de longue durée d’action. Ainsi, l’Agence européenne du Médicament vient d’approuver un dispositif innovant, un implant de buprénorphine. Cet implant se compose de quatre bâtonnets introduits dans la partie supérieure du bras, grâce à une incision de la peau réalisée sous anesthésie locale.

Ce dispositif permet de délivrer en continu de la buprénorphine pendant une durée de six mois. Les essais cliniques menés ont permis de démontrer l’efficacité et la sécurité d’emploi de cet implant. Comparé à un traitement par la buprénorphine par voie orale, 96,4 % des patients ont répondu au traitement avec l’implant, contre seulement 87,6 % avec le traitement par voie orale.

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Un dispositif innovant pour un tiers des patients dépendants

Sur le plan des effets indésirables, ils étaient les mêmes que ceux observés avec les traitements de substitution classiques à savoir des maux de tête, une constipation et des insomnies.

Un tel dispositif délivrant en continu de la buprénorphine pourrait permettre selon les spécialistes d’améliorer l’observance et l’adhésion au traitement, en limitant le risque de retourner vers l’addiction. De plus, il limite considérablement les risques d’ingestion accidentelle des médicaments, en particulier par les enfants.

Si des implants à base de buprénorphine sont déjà disponibles aux USA depuis 2016, cet implant sera le premier commercialisé sur le territoire européen. Néanmoins, il ne sera pas indiqué pour tous les patients, en raison d’une faible posologie. L’implant de buprénorphine sera ainsi réservé aux adultes dépendants aux opiacés stables, n’ayant pas besoin de plus de 8 mg de buprénorphine par voie orale, et toujours en complément d’une prise en charge médicale, sociale et psychologique.

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Estelle B., Docteur en Pharmacie

– New long-lasting implant to treat opioid dependence. EMA. Consulté le 27 mai 2019.
  • Bonjour
    8mg et ensuite comment baisser sa posologie à 6mg 4mg etc. Je voie cela comme un médicament à vie dans ce cas-là !
    Cela va seulement servir aux prisons pour qu’il n’y ait pas détournement ou trafic, je trouve cela tout bonnement honteux que ce soit pour l’un ou l’autre.
    Il serait bien d’en parler dans vos textes, merci…

    Reply
    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Nous ne pouvons pas prendre de position sur les indications thérapeutiques des médicaments et des dispositifs médicaux.
      Nous nous devons à la plus grande objectivité.
      Bonne journée,
      L’équipe Santé sur le Net

      Reply
    • Un implant se retire !
      J’en ai eu pas mal de chose implanté dans mon corps et retirer, des VVC, des PAC, ou pensez à la pilule sous cutanée des femmes peuvent les retirer, les prothèses mammaires se retire aussi.

      Et médicament a vie, ceux qui prennent de la buprénorphine comme moi pour des sevrages lourds, on sait que cela n’est pas obligatoirement à vie mais ce n’est pas forcement non plus l’inverse. À titre d’exemple, je sors de 12 ans de prise de tramadol a 400mg/j pour raison de santé et opératoire, et quand on a détecté ma dépendance, celle-ci est si forte qu’on n’envisage même pas un arrêt des sevrages (même sur 7 jours avec observation car je suis trop fragile pour le supporter)

      Après la question de la buprénorphine comparer à la méthadone par exemple peut se poser dans certains cas…

      PS : les propos tenus concernant la durée de prise de buprénorphine ne peuvent être appliquer à un cas différent du mien, seul un examen, et prise en charge spécialisé décidera de la quantité de mg de buprénorphine et la durée de sevrage à envisager. J’ai juste publier cela a titre indicatif pour signaler que traitement a vie pour cela est à considérer comme possible.

      Reply
  • MacLessBus says:

    Bonjour, il s’agirait de 4 bâtons de 2mg donc 8mg au total, pour baisser de 2mg en 2mg il suffit de ne mettre que 3 bâtons, ensuite 2 bâtons et ainsi de suite.
    Es ce que c’est déja en cours de commercialisation en France, la dernière fois que j’ai vérifier les dates étaient pour 2020, nous sommes en 2021, est t’il possible pour un médecin ou cssp de délivrer??? Sinon à quel date serait il disponible en France?

    Reply
  • MacLessBus says:

    Bonjour, il s’agirait de 4 bâtons de 2mg donc 8mg au total, pour baisser de 2mg en 2mg il suffit de ne mettre que 3 bâtons, ensuite 2 bâtons et ainsi de suite.
    Es ce que c’est déja en cours de commercialisation en France, la dernière fois que j’ai vérifier les dates étaient pour 2020, nous sommes en 2021, est t’il possible pour un médecin ou cssp de délivrer??? Sinon à quel date serait il disponible en France?

    Reply
    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Merci de faire confiance à Santé sur le Net pour trouver des informations sur votre santé. Merci de partager votre expérience. A notre connaissance, ce médicament n’est pas encore disponible.
      Nous vous souhaitons une bonne journée.
      L’équipe Santé sur le net.

      Reply
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