La vaccination maternelle contre le VRS réduit le risque d’hospitalisation des nourrissons

Par |Publié le : 21 avril 2026|Dernière mise à jour : 20 avril 2026|4 min de lecture|

Une stratégie préventive pendant la grossesse montre des résultats spectaculaires contre une infection redoutée des tout-petits. Des données inédites confirment un impact majeur sur les formes graves.

Le VRS est l’une des principales causes d’infections respiratoires graves chez les bébés.

Une simple injection pendant la grossesse pourrait-elle changer la donne face à l’un des virus les plus redoutés chez les tout-petits ? C’est ce que met en évidence une étude britannique présentée lors du congrès ESCMID Global 2026 le 18 avril dernier. Menée par l’UK Health Security Agency (UKHSA), elle montre qu’une vaccination maternelle contre le virus respiratoire syncytial (VRS) réduit de plus de 80 % le risque d’hospitalisation chez les nourrissons, à condition d’être administrée suffisamment tôt avant la naissance.

Le VRS n’est pas un virus anodin. Très répandu, il est l’une des principales causes d’infections respiratoires graves chez les bébés, notamment les bronchiolites et les pneumonies. Chaque année, il conduit à de nombreuses hospitalisations à travers le monde. Au-delà de l’épisode aigu, une infection précoce peut aussi laisser des traces : respiration sifflante récurrente, risque accru d’asthme ou altération durable de la fonction pulmonaire.

Vacciner les femmes enceintes pour protéger dès la naissance

Face à ce fardeau, l’Angleterre a introduit dès septembre 2024 un programme national de vaccination destiné aux femmes enceintes, à partir de la 28e semaine de grossesse. L’objectif est simple : transmettre des anticorps au fœtus avant la naissance, afin de protéger le nourrisson pendant ses premiers mois de vie, période particulièrement vulnérable.

Pour mesurer l’impact réel de cette stratégie, les chercheurs de l’UKHSA ont analysé les données de près de 290 000 nourrissons nés entre septembre 2024 et mars 2025, soit environ 90 % des naissances en Angleterre sur cette période. Sur 4 594 hospitalisations liées au VRS, une écrasante majorité concernait des enfants nés de mères non vaccinées. Ces derniers, bien qu’ils ne représentent que 55 % de la cohorte, concentrent 87,2 % des hospitalisations.

Le bon timing, clé de l’efficacité

À l’inverse, lorsque la vaccination avait été réalisée au moins deux semaines avant l’accouchement, le risque d’hospitalisation chutait fortement, avec une efficacité estimée à 81,3 %. « Cette étude, la plus vaste à ce jour sur l’impact de ce vaccin sur les hospitalisations infantiles, apporte des preuves solides que la vaccination offre une protection substantielle contre les formes graves de la maladie chez les nourrissons. Nous avons constaté une corrélation claire entre le moment de la vaccination et la protection : l’efficacité augmente avec l’allongement de l’intervalle entre la vaccination et la naissance, atteignant près de 85 % lorsque la vaccination a lieu au moins quatre semaines avant l’accouchement », explique dans un communiqué de presse le professeur Matt Wilson, épidémiologiste à l’UKHSA.

Le calendrier apparaît en effet déterminant. « Bien qu’un délai d’au moins deux semaines soit généralement nécessaire pour une protection optimale, les nourrissons nés 10 à 13 jours après la vaccination ont présenté environ 50 % d’hospitalisations en moins que ceux dont les mères n’étaient pas vaccinées. En revanche, aucune réduction n’a été observée lorsque la vaccination avait lieu moins de 10 jours avant la naissance. Ceci souligne l’importance de vacciner le plus tôt possible dans la période recommandée, tout en montrant que même administrée plus tard pendant la grossesse, une certaine protection reste possible environ 10 jours avant la naissance, bien qu’une vaccination plus précoce demeure préférable. »

Prématurés : une protection particulièrement attendue

Les résultats sont également encourageants pour les bébés prématurés, parmi les plus exposés aux formes graves. Chez eux, l’efficacité atteint près de 70 % lorsque le délai de deux semaines est respecté. « Ces résultats sont particulièrement importants pour les nourrissons prématurés, qui figurent parmi les plus vulnérables aux formes graves d’infection par le VRS », souligne Pr Matt Wilson, qui insiste sur l’intérêt d’une vaccination dès le début du troisième trimestre.

« Bien que le taux de survie à la bronchiolite à VRS soit élevé dans les pays à revenu élevé, cette maladie demeure une cause majeure de mortalité infantile dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Ces résultats mettent en évidence les avantages potentiels d’un déploiement plus large de la vaccination maternelle contre le VRS à l’échelle mondiale, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. » 

Sources
– Maternal RSV vaccination cuts infant hospitalization risk by over 80%, major UKHSA study finds. www.eurekalert.org. Consulté le 20 avril 2026.

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Elodie Vaz
Elodie Vaz
Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023, Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes. Carte de presse numéro 143067