Cancer colorectal (cancer du colon)

30 avril 2021 par

cancer du colon

Le cancer du côlon ou cancer colorectal est une atteinte maligne de la muqueuse du gros intestin, le dernier maillon du tube digestif. Dans la majorité des cas, ce cancer se développe à partir de tumeurs bénignes appelées polypes. En 2017, on évaluait le nombre de cas du cancer du côlon en France à près de 45 000. Ce qui place cette pathologie au troisième rang des cancers les plus fréquent chez l’homme et au deuxième chez la femme. Avec un dépistage précoce et une prise en charge adaptée, les chances de survie augmentent.

Définition et symptômes du cancer colorectal

Qu’est-ce que le cancer du côlon ?

Le cancer du côlon (ou colorectal) est une tumeur maligne du côlon ou du rectum. Le plus souvent c’est un adénocarcinome (tumeur d’une partie de la muqueuse).

Ce cancer a la particularité de se développer majoritairement (60 à 80 % des cas) à partir de tumeurs bénignes appelées polypes adénomateux. Anatomiquement, ces polypes correspondent à des excroissances de la partie interne du côlon ou du rectum. Ces polypes peuvent se transformer ou non en tumeur maligne (adénocarcinome). Ce phénomène peut prendre de quelques mois à plusieurs années. La détection des lésions bénignes du côlon est un véritable enjeu de santé publique afin de limiter le nombre de décès lié à ce cancer.

L’alimentation et le mode de vie sont des facteurs très impactants dans l’émergence de cancers du côlon. Il existe des disparités mondiales importantes vis-à-vis du risque de développer ce cancer.

La France est considérée comme un pays où le risque est élevé. Tous sexes confondus, c’est le 3ème cancer le plus fréquent. Il arrive même en 2ème position chez la femme (derrière le cancer du sein) et en 3ème position chez l’homme (derrière le cancer de la prostate et le cancer du poumon).

En 2017, on a dénombré près de 44 000 nouveaux cas de cancers du côlon dans le pays. Sa mortalité représente 17 245 personnes chaque année, avec un taux de survie à 5 ans de près de 60 %.

À savoir ! Les populations africaines et asiatiques sont jusqu’à 10 fois moins sujettes au cancer du côlon que celles d’Amérique du Nord ou d’Australie. Le régime alimentaire plus riche et le mode de vie plus sédentaire sont incriminés.

On distingue plusieurs facteurs de risque pour le cancer du côlon :

L’âge

On observe un accroissement du nombre de cancers du côlon après 50 ans si bien que 94 % des cas concernent des personnes de plus de 50 ans.

L’hérédité

  • Le contexte familial : 10 à 15 % des cancers colorectaux apparaissent chez des personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal. Si bien que le risque d’être atteint de ce type de cancer est 2 fois plus élevé lorsqu’un membre de la famille au premier degré (parent, frère, sœur ou enfant) a déjà eu un cancer du côlon.
  • Les prédispositions génétiques dans 5 % des cas (syndrome de Lunch et polyposes familiales) :

Le mode de vie

Plusieurs études montrent un fort impact de ces facteurs dans l’émergence de cancers du côlon, on peut notamment discerner : une alimentation trop calorique, une alimentation riche en graisse, la consommation excessive d’alcool, la consommation de tabac qui multiplie le risque par 2 à 3, et enfin l’inactivité physique et le surpoids.

Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI)

Les maladies inflammatoires chroniques les plus fréquente de l’intestin sont : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH). Ces deux pathologies sont caractérisées par l’inflammation chronique de l’intestin grêle ou du côlon. Or cette dernière modifie l’activité cellulaire et augmente le risque qu’une cellule saine devienne cancéreuse.

Quels symptômes ?

La plupart du temps, le cancer du côlon se développe sans symptôme particulier. Cependant, l’association de certains signes particuliers doit interpeller et inciter à consulter :

  • Des rectorragies : présence de sang de manière plus ou moins abondante dans les selles. Ces saignements peuvent être visibles à l’œil nu ;
  • Des symptômes digestifs (surtout après 40 ans) mais d’apparitions récentes ou récemment modifiées. Par exemple : des troubles du transit avec des alternances diarrhée / constipation et associés à des douleurs abdominales ;
  • Une masse détectable lors d’une palpation abdominale ou au toucher rectal ;
  • Un syndrome rectal caractérisé par des faux besoins, une tension douloureuse dans la région de l’anus avec sensation de brûlure et envie constante d’aller à la selle et des douleurs abdominales répétitives dans la partie finale du rectum s’achevant par une fausse envie pressante et urgente d’aller à la selle.
  • Une occlusion intestinale si le cancer évolue.

Cancer colorectal

Diagnostic et traitement du cancer colorectal

Quel diagnostic ?

cancer du colon, médecin qui palpe le ventre d'un patientDepuis une dizaine d’années, il existe un programme de dépistage organisé du cancer colorectal sur l’ensemble du territoire français. Il concerne toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans.

C’est un moyen efficace de lutter contre ce type de cancer, car il permet de détecter les cancers à un stade débutant et de les traiter avec de meilleures chances de guérison. Il permet aussi de mettre en évidence les lésions bénignes comme les polypes, avant qu’elles n’évoluent en véritable tumeur (adénocarcinome). Le dépistage du cancer colorectal consiste en une recherche de sang caché dans les selles et s’effectue chez soi, tous les deux ans.

Depuis 2015, la France dispose d’un test immunologique de détection, simple d’utilisation qui permet d’effectuer le test en 1 seul prélèvement de selles contre 6 auparavant.

En pratique, le test est positif dans environ 3 à 4 % des cas. Bien qu’un test positif indique la présence de sang dans les selles, il ne permet cependant pas de conclure immédiatement que le patient a un cancer, car il existe de multiples causes d’avoir du sang fécal comme par exemple les hémorroïdes.

La positivité au test doit en revanche inciter à une consultation en gastro-entérologie afin de réaliser une coloscopie de contrôle.

Cette méthode de référence permet, quant à elle, de détecter l’origine du saignement qui peut être une lésion cancéreuse dans 8 % des cas et précancéreuse dans 30 % des cas (polypes bénins ou en cours d’évolution vers l’adénocarcinome).

À savoir ! Il est fondamental de participer à cette campagne de dépistage sans avoir peur d’avoir un résultat positif, car vous maximisez très grandement vos chances de guérison et d’avoir accès à un traitement peu contraignant ou difficile. Pour avoir une échelle de grandeurs quant à l’impact du moment de diagnostic : un stade précoce a plus de 91 % de survie à 5 ans tandis celui d’un stade métastatique est de 11 %, soit une différence de près de 80 % !!

Quel traitement contre le cancer colorectal ?

La prise en charge d’un cancer du côlon dépend de diverses caractéristiques comme la localisation (locale ou métastatique) de la ou des tumeurs et la sévérité des lésions (grade tumoral). La stratégie thérapeutique est choisie au cas par cas lors d’une réunion de concertation entre les différents professionnels de santé impliqués. La décision retenue est ensuite soumise au patient par son médecin référent. C’est lui donne le « feu vert » pour la prise en charge thérapeutique.

Comme pour la quasi-totalité des cancers, la prise en charge comporte 3 axes majeurs : la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie.

Ces trois traitements peuvent être utilisés soit à visée systémique (corps entier) soit à visée locorégionale (une partie ou un organe en particulier).

La Chirurgie

Lorsqu’elle est réalisable, la chirurgie est le traitement de référence du cancer du côlon. L’objectif principal de l’acte chirurgical est de retirer la tumeur ou des portions de côlons contenants des lésions cancéreuses.

Avant toute intervention, une prise en charge nutritionnelle est mise en place chez le patient ainsi qu’une « purge colique » correspondant à un lavement du côlon.

Plusieurs approches peuvent être proposées :

  • Par endoscopie : le chirurgien réalise l’ablation d’un ou plusieurs polypes en passant par voie rectale. Ce traitement est recommandé pour les formes très localisées.
  • Par laparotomie : le chirurgien réalise une incision dans l’abdomen pour accéder aux organes. Cette technique permet d’inspecter avec précision toute la cavité abdominale avant de retirer la portion de côlon malade.
  • Par cœlioscopie : Le chirurgien réalise 3 à 4 incisions permettant le passage d’un système optique et du matériel chirurgical à l’intérieur de l’abdomen. Elle permet également de traiter ou de retirer des portions de côlon malade et permet d’accélérer la récupération post-chirurgicale par rapport à la laparotomie.

La Radiothérapie

La radiothérapie est un traitement locorégional utilisant des rayonnements ionisants de hautes énergies pour détruire des cellules cancéreuses.

Cette méthode thérapeutique permet de cibler très précisément une zone à traiter pour irradier la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains avoisinants.

Dans le cadre de la prise en charge du cancer du côlon, la radiothérapie n’est indiquée qu’en complément de chimiothérapie dans le but :

  • Soit de diminuer la taille de la tumeur avant la chirurgie
  • Soit de détruire d’éventuelles cellules cancéreuses restantes après la chirurgie

La Chimiothérapie

La chimiothérapie comprend l’ensemble des thérapeutiques médicamenteuses agissant sur les cellules cancéreuses et ayant pour but soit de les détruire soit d’en limiter la multiplication.

C’est la seule approche thérapeutique qui agit sur la totalité de l’organisme. Les traitements de chimiothérapie peuvent être utilisés par voie veineuse ou par voie orale selon les molécules prescrites.

A noter ! La chimiothérapie est utilisée en complément d’un autre traitement, par exemple après un premier traitement chirurgical.

Pour le cancer du côlon, la chimiothérapie est proposée dans les formes locales et métastatiques.

Dans certains cas, en complément du traitement par chimiothérapie, un traitement par thérapie ciblée est proposé. Une thérapie ciblée repose sur l’utilisation d’un anticorps dirigé spécifiquement contre les cellules cancéreuses. Ce type de traitement entraîne généralement moins d’effets secondaires qu’une chimiothérapie.

Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 30 avril 2021.

Sources
– Tumeurs bénignes colorectale. e-cancer.fr. Mis à jour en mars 2010. Mis à jour le 08 février 2021.
– Epidémiologie et Dépistage du cancer colorectal. ligue-cancer21.net
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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