Cancer du poumon

31 mai 2021 par

cancer du poumon

Le cancer du poumon, aussi appelé cancer broncho-pulmonaire est très fréquent. Il fait 10 millions de morts chaque année dans le monde. Le tabac est le facteur risque principal. Cette maladie se manifeste par des troubles pulmonaires persistants comme de la toux, des difficultés respiratoires et du sang dans les crachats. Une biopsie pulmonaire permet de confirmer le diagnostic. Plusieurs options thérapeutiques peuvent être proposées : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.

Définition et symptômes du cancer du poumon

Qu’est-ce que le cancer du poumon ?

Le cancer du poumon ou cancer broncho-pulmonaire regroupe un ensemble de pathologies causées par la transformation cancéreuse d’un type cellulaire bronchique conduisant à la formation d’une masse qualifiée de tumeur maligne. On différencie deux grands types de cancer du poumon : les cancers dit « non à petites cellules » (85 % des cas) et les cancers à petites cellules (15% des cas).

Le cancer du poumon compte parmi les 3 cancers les plus fréquents. On évalue à environ 40 000 le nombre de nouveaux cas par an en France dont 70% surviennent chez l’homme. Il représente la 2ème cause de cancer chez l’homme (derrière la prostate) et la 3ème chez la femme (derrière le cancer de l’ovaire et le cancer du sein).

La survie à 5 ans est de 15% en moyenne. Il est, en effet, de mauvais pronostic. Le cancer du poumon est la première cause de décès chez les hommes de plus de 45 ans et de moins de 65 ans.

Il existe plusieurs facteurs de risque du cancer du poumon : le tabac, les expositions professionnels et les antécédents personnels et familiaux.

Le tabac

L’exposition au tabac est le facteur de risque numéro 1 du cancer bronchique.

Un homme fumeur multiplie par 10 à 15 le risque d’être atteint du cancer. Le tabac serait responsable de près de 81% des décès liés à ce cancer dans l’hexagone. Le risque est qualifié de dose dépendant c’est-à-dire que plus le fumeur consomme de cigarettes plus son risque augmente. De plus, l’ancienneté de l’exposition au tabac est elle aussi déterminante. En pratique courante, on estime qu’un patient a un fort risque de cancer broncho-pulmonaire dès lors qu’il atteint 20 Paquets-Années (Cela correspond à la consommation d’un paquet de cigarettes par jour pendant une durée d’un an soit 7300 cigarettes par an).

À savoir ! Il est plus « risqué » de fumer un demi-paquet par jour pendant 40 ans (10 cigarettes/jour pendant 40 ans) que de fumer 1 paquet par jour pendant 20 ans (à cause de la durée d’exposition).

Expositions professionnelles

L’exposition professionnelle correspond au contact d’un travailleur avec des substances d’origines chimiques, biologiques ou physiques potentiellement cancérogènes, c’est-à-dire qu’elles peuvent provoquer, aggraver ou sensibiliser au cancer ou à son apparition.

L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) estime que 15 % des cancers du poumon seraient d’origines professionnelles. De plus, si cette exposition est associée au tabagisme, le risque est majoré de 20 à 50%.

L’amiante est majoritairement en cause. Les fibres d’amiante ont la propriété d’être extrêmement fines (2000 fois plus fines qu’un cheveu) et de pouvoir se loger au plus profond de l’arbre broncho-pulmonaire sans avoir la possibilité d’être éliminées par l’organisme. L’accumulation de fibres d’amiante au niveau pulmonaire provoque une inflammation chronique, induisant une souffrance cellulaire, qui sera un siège très favorable à la formation d’un cancer broncho-pulmonaire. L’exposition professionnelle à l’amiante concerne plus particulièrement les maçons, plombiers, électriciens, chauffagistes, mécaniciens et aussi la construction navale. On estime que l’amiante multiplie le risque de cancer pulmonaire par 5 et si elle est couplée à l’exposition au tabac le risque est alors multiplié par 50 par rapport à la population générale.

D’autres produits sont également répertoriés comme étant des substance carcinogènes pulmonaires : les gaz d’échappement des moteurs diesel, l’arsenic, le nickel, le cobalt, le chrome, la silice, le radon.

Les antécédents personnels et familiaux

La présence de toute affection respiratoire représente un risque augmenté de développer un cancer du poumon :

  • La Broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) : affection respiratoire chronique amenant à une obstruction progressive des voies aériennes le plus souvent irréversible ;
  • La silicose : définit comme une fibrose pulmonaire causée par l’exposition prolongée à la silice. Elle est reconnue comme une pathologie professionnelle chez les mineurs ;
  • La tuberculose : infection respiratoire causée par le bacille de Koch ;
  • Facteurs génétiques : de nombreuses études sont actuellement en cours afin de caractériser certains gènes qui pourraient être imputables à l’apparition de cancer broncho-pulmonaire et ainsi mieux comprendre les prédispositions notamment chez les non-fumeurs.

Quels symptômes ?

toux persistanteLes symptômes du cancer du poumon sont non-spécifiques, et c’est leur persistance ou leur aggravation additionnée à la prise en compte de facteurs de risques comme le tabac qui doit conduire à consulter un médecin.

Les symptômes pulmonaires :

  • D’une toux persistante sans cause apparente ;
  • D’une dyspnée (difficulté respiratoire) ;
  • D’une hémoptysie (crachats sanglants) ;
  • D’infection respiratoire récurrente : pneumopathie, bronchite ;
  • Douleurs thoraciques.

Les signes généraux ou extra-pulmonaires :

  • D’une asthénie importante (épisode de fatigue majeure) ;
  • De perte d’appétit anormale ;
  • Une perte de poids inexpliquée ;
  • Une dysphagie (difficulté à la déglutition) ;
  • Des œdèmes de la base du cou et palpébral : autrement dit un gonflement de la paupière et du cou.

Diagnostic et traitements du cancer du poumon

Quel diagnostic ?

radiographie thorax

Le diagnostic du cancer du poumon repose sur un examen clinique et divers examens complémentaires dont une prise de sang, une radiographie et une biopsie.

Le bilan comprend :

  • Un examen clinique ;
  • Une radiographie du thorax : pouvant faire apparaitre des opacités (tâches) sur les poumons ;
  • Un scanner thoracique ou Tomodensitométrie (TDM) avec produit de contraste : examen beaucoup plus précis que la radiographie thoracique permettant de confirmer ou non la présence d’une masse qui peut-être une tumeur. De plus, le TDM offre la possibilité d’apporter au médecin des caractéristiques sur la taille et la localisation précise de la tumeur éventuelle ;
  • Une biopsie: elle permet de confirmer le diagnostic. C’est grâce à l’examen au microscope (dit anatomo-pathologique) d’un échantillon de tissu bronchique que le type de cancer est déterminé : le cancer broncho-pulmonaire de « non à petites cellules » ou de cancer à petites cellules.

Quel traitement ?

La prise en charge thérapeutique d’un cancer du poumon dépend de plusieurs paramètres : type cellulaire, taille et localisation (locale ou métastatique) de la ou des tumeurs. En tenant compte de ces éléments, les différents médecins impliqués dans la prise en charge élaborent un protocole en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Celui-ci est ensuite soumis au patient par son médecin référent afin qu’il donne son accord.

La prise en charge du cancer du poumon, comme pour la quasi-totalité des cancers, comporte 3 grands axes : la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie. Ces trois types de traitements ont la spécificité de devoir être utilisés soit à visée systémique (ensemble de l’organisme) soit à visée locorégionale (une partie ou un organe en particulier).

La chirurgie

chirurgie cancer poumonLorsqu’elle est réalisable, c’est le traitement de référence du cancer du poumon. Il s’agit de la meilleure thérapie connue. L’acte chirurgical en oncologie consiste le plus souvent en :

  • Une lobectomie : le poumon est un organe constitué de lobes qui sont au nombre de 3 du côté gauche et de 2 du côté droit. La lobectomie est une ablation d’un lobe pulmonaire. Le chirurgien retire par exemple, l’ensemble du lobe où se trouve la tumeur. L’ablation ne concerne pas uniquement la masse cancéreuse car il faut une « marge » de sécurité pour être certain de l’ablation complète du cancer.
  • La pneumonectomie : c’est l’ablation complète d’un des deux poumons.
  • Curage ganglionnaire : associé à la lobectomie ou à la pneumectomie, ce geste permet de retirer des ensembles ganglionnaires qui sont potentiellement porteurs de cellules cancéreuses.

La radiothérapie

La radiothérapie est un traitement local qui repose sur l’utilisation des rayonnements ionisants dans le but de détruire les cellules cancéreuses. Cette méthode thérapeutique permet de cibler une zone à traiter tout en préservant au maximum les tissus sains avoisinants.

Dans le cadre du cancer du poumon, la radiothérapie est associée soit à la chimiothérapie soit à la chirurgie en fonction de la gravité de la maladie.

La chimiothérapie

chimiotherapieLe terme « chimiothérapie » englobe l’ensemble des médicaments agissant sur les cellules cancéreuses, pour les détruire ou pour limiter leur multiplication. Les traitements de chimiothérapie peuvent être utilisés par voie veineuse ou par voie orale, selon la ou les molécules prescrites.

Dans le cas du cancer du poumon, la chimiothérapie est utilisée dans deux cas de figure : en complément d’une chirurgie et/ou en première ligne thérapeutique dans les cancers avancés et non opérables. Ce sont majoritairement des associations de différentes molécules (polychimiothérapie) qui sont prescrites afin d’avoir une efficacité maximale sur la tumeur. Le choix des traitements dépend de la localisation et du type de tumeur.

On utilise plus particulièrement :

  • Des anticancéreux cytotoxiques : ce sont des molécules toxiques pour les cellules. Elles stoppent leurs multiplications ou les détruisent. Dans le cancer du poumon par exemple, la cisplatine a la propriété de se lier à l’ADN de la cellule cancéreuse pour bloquer sa prolifération. Cependant, ces produits touchent aussi les cellules non-cancéreuses ce qui a pour conséquence des effets indésirables comme la chute des cheveux.
  • Des thérapies ciblées : médicaments ciblant spécifiquement un mécanisme impliqué dans le développement de la tumeur. Ils ont souvent moins d’effets secondaires que les cytotoxiques car ils sont dirigés plus particulièrement contre les cellules cancéreuses. On utilise par exemple l’Erlotinib qui empêche l’action des facteurs de croissance qui stimulent la multiplication tumorale.

Publié le 12 avril 2017. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 31 mai 2021.

Sources
– Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. has-sante.fr. Consulté en mars 2021.
– Cancer. who.int. Consulté en mars 2021.
– Epidémiologie des cancers. e-cancer.fr. Consulté en mars 2021.
– Les dangers de l’amiante. ligue-cancer.net. Consulté en mars 2021.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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