Maladie de Crohn

juin 2021 par

Maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une maladie dite « inflammatoire et chronique de l’intestin ». Des facteurs génétiques, environnementaux et immunitaires favorisent la survenue de cette maladie. Les symptômes caractéristiques sont digestifs : diarrhées, douleurs abdominales, etc. Le diagnostic de certitude repose sur une endoscopie digestive. Le traitement de la maladie de Crohn vise à traiter les poussées, prévenir les rechutes et améliorer le confort du patient. Il est médicamenteux dans un premier temps, et éventuellement chirurgical si besoin.

Infographie Santé sur le Net

MICI – Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales

Définition et symptômes de la maladie de Crohn

Qu’est-ce que la maladie de Crohn ?

La maladie de Crohn fait partie des deux principales Maladies Inflammatoires de Chronique l’Intestin (MICI) avec la rectocolite hémorragique. Elle est considérée comme rare du fait de sa faible prévalence, avec 140 cas pour 100 000 habitants en France. La maladie est particulièrement présente dans les pays industrialisés (Europe, Amérique du Nord).

Elle peut toucher n’importe quel segment du tube digestif (de la bouche à l’anus). Néanmoins la maladie de Crohn se déclare le plus souvent à la jonction de l’intestin grêle et du côlon. Elle s’exprime par des phases de crise, pouvant aller de plusieurs mois à quelques jours, et phases de rémission.

L’origine de la maladie de Crohn reste inconnue. L’apparition des premiers symptômes serait une résultante de facteurs génétiques et environnementaux. Il est cependant connu que l’inflammation du tube digestif est liée à une hyperactivité du système immunitaire. De nombreux stimuli comme des bactéries ou des virus peuvent être responsables de cette réaction disproportionnée du système immunitaire. En effet, de nombreux micro-organismes non pathogènes présents dans l’intestin sont, dans ce cas précis, reconnus comme une potentielle menace et induisent une réaction immunitaire. Le tabac et le stress comptent parmi les facteurs environnementaux connus pour favoriser l’apparition de la maladie.

Il a été montré qu’entre 8 et 10% des personnes atteintes de la maladie de Crohn avaient un voire plusieurs parents également affectés. Cependant, les gènes responsables n’ont pas encore été identifiés.

Quels symptômes ?

Les symptômes peuvent se distinguer en deux catégories : ceux directement liés à l’inflammation de l’intestin et d’autres extra-digestifs que l’on retrouve assez régulièrement dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Symptômes directement liés à l’inflammation de l’intestin :

  1. Diarrhée persistante ;
  2. Saignements rectaux ;
  3. Crampes et douleurs abdominales ;
  4. Nausées et vomissements.

Symptômes extra-digestifs liés aux maladies inflammatoires de l’intestin :

  1. Fièvre ;
  2. Perte d’appétit ;
  3. Perte de poids ;
  4. Douleurs articulaires ;
  5. Fatigue ;
  6. Inflammation oculaire ;
  7. Anémie.

À savoir ! L’anémie du patient atteint de la maladie de Crohn n’aurait pas pour cause les saignements rectaux mais la mauvaise métabolisation du fer (composant essentiel à la formation des globules rouges).

Schéma maladie de Crohn

Associées à ces symptômes, plusieurs complications peuvent survenir. Chez le malade, les parois de l’intestin se durcissent et le diamètre des voies digestives se réduit. La diminution du diamètre de l’intestin (sténose) peut entrainer des bouchons (obstruction) ou des nœuds intestinaux (occlusion). Cette complication est potentiellement grave et peut provoquer l’hospitalisation. Elle se matérialise notamment par une constipation et des crampes intestinales.

La colite aigüe grave est également une complication connue de la maladie. Elle provoque l’émission de selles sanglantes jusqu’à six fois par jour ainsi qu’une anémie et un amaigrissement.

La paroi de l’intestin peut être directement touchée avec l’apparition d’une fistule (communication anormale entre le tube digestif et un autre organe) ou encore une perforation intestinale avec possible présence d’abcès.

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Il n’existe pas de moyen permettant de diagnostiquer la maladie de Crohn de manière simple et immédiate. Etablir un tel diagnostic nécessite d’éliminer les autres causes pouvant expliquer les symptômes observés. On parle de diagnostic différentiel.

La maladie de Crohn apparait régulièrement sous la forme d’une diarrhée aigüe. Seuls les tests complémentaires des selles permettent de déterminer qu’il s’agit de la maladie de Crohn. Outre l’examen clinique classique du patient (antécédents familiaux, régime alimentaire et environnement), des analyses plus poussées sont à effectuer. Une analyse sanguine permet notamment de déceler une anémie et de doser les marqueurs d’une éventuelle réaction inflammatoire (grand nombre de globules blancs, protéine C réactive, etc.).

Un examen visuel approfondi du tube digestif (endoscopie) sera également nécessaire pour un diagnostic de la maladie. Il en existe deux types : la coloscopie ou l’endoscopie des voies supérieures du tube digestif. La coloscopie est la technique la plus souvent utilisée. Elle permet d’identifier l’inflammation, les saignements ou les ulcères de la paroi du côlon. En plus de cet examen visuel, il peut être envisagé une biopsie (prélèvement et analyse des tissus du tube digestif) permettant de confirmer le diagnostic.

À savoir ! Certaines parties inaccessibles de l’intestin ne peuvent être visualisées à l’aide des techniques d’endoscopie. Il peut être nécessaire d’avoir recours à des techniques d’imagerie.

Quel traitement ?

Il existe différentes mesures permettant un meilleur contrôle de la maladie. La prise en charge s’effectue par une adaptation du régime alimentaire, une médication adaptée et, dans certains cas, le recours à la chirurgie.

Le régime alimentaire

Alors que l’appétit diminue, les besoins énergétiques augmentent. S’ajoutent à cela les diarrhées induisant une malabsorption de certains nutriments. Il est donc nécessaire pour les patients de suivre un régime riche et varié leur permettant un apport énergétique et nutritionnel adapté à leur situation.

Les médicaments

Les traitements envisagés ont deux buts essentiels : réduire l’inflammation du tissu (origine de la maladie de Crohn) et réduire l’apparition des symptômes (diarrhée, fièvre et douleurs abdominales). Les médicaments utilisés ont pour principal rôle de réguler la réponse immunitaire et ainsi d’éviter la réaction inflammatoire.

Les anti-inflammatoires utilisés sont :

  1. Les dérivés salicylés (mésalazine ou sulfasalazine) par voie orale et/ou rectale ;
  2. Les corticoïdes (prednisone ou prednisolone) par voie orale, principalement utilisés pour les poussées d’intensité moyenne à sévère. Les corticoïdes ne sont pas dénués d’effets indésirables. Une corticothérapie prolongée peut entrainer une insuffisance surrénalienne qui nécessitera un arrêt progressif par doses dégressives.

Les immunomodulateurs sont utilisés pour les maladies de Crohn résistantes et dans un contexte particulier (traitement d’attaque et de fond des formes sévères et fistulisées, abcès exclus). Les traitements recommandés sont principalement l’azathioprine, l’infliximab et l’adalimumab. La Haute Autorité de Santé (HAS) mentionne que le 6-MP et le méthotrexate sont parfois utilisables, mais dans un cadre hors-AMM (autorisation de mise sur le marché).

Les antibiotiques sont souvent utilisés dans le cadre de la maladie de Crohn. Les complications liées à la maladie de Crohn augmentent le risque d’infection. Le diagnostic est systématiquement effectué par un spécialiste. En cas d’infection intestinale, les molécules utilisées sont la quinolone et le métronidazole

La supplémentation en fer par voie orale peut s’avérer nécessaire en cas de carence martiale. Si la carence est majeure, elle peut nécessiter une hospitalisation pour une injection intraveineuse.

La chirurgie

Environ 70 % des patients atteints de la maladie de Crohn auront recours à la chirurgie au cours de leur vie. La chirurgie est envisagée lorsque la médication n’est pas suffisante et pour certaines complications comme les fistules, les abcès et les occlusions intestinales. Souvent, la chirurgie consiste en une résection de la partie inflammée de l’intestin. Bien que les symptômes puissent disparaître pendant plusieurs années, il arrive fréquemment de voir la maladie réapparaître.

Publié le  23 mai 2016. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 3 juin 2021.

Sources
– Maladie de Crohn. ameli.fr. Consulté le 3 juin 2021.
– Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). inserm.fr. Consulté le 3 juin 2021.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
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