Cancer de l’œsophage


Rédigé par Charline D. et publié le 25 novembre 2019

Illustration 3D du cancer de l'œsophage chez un être humain

Le cancer de l’œsophage est une tumeur affectant le tube musculaire reliant le pharynx à l’estomac. C’est un cancer de mauvais pronostic qui peine à être diagnostiqué précocement en raison des symptômes qui ne se développent souvent que tardivement. La prise en charge dépend de la nature et de l’évolution de la tumeur, elle peut être endoscopique, chirurgicale, à base de chimiothérapie ou de radiothérapie.

Définition

Prévention du cancer de l'œsophage avec des dessins trop mignonsQu’est-ce que le cancer de l’œsophage ?

Un cancer de l’œsophage désigne la présence d’une tumeur maligne au niveau de l’œsophage. Selon certaines caractéristiques microscopiques, on distingue deux types de cancer de l’œsophage : le cancer épidermoïde qui représente les trois quarts des cas, et l’adénocarcinome.

À savoir ! L’œsophage est l’un des organes qui constitue le tube digestif. Il permet de relier le pharynx à l’estomac afin d’assurer la progression du bol alimentaire vers l’estomac où a lieu la digestion.

Le pronostic de ce cancer est médiocre. La survie des patients à 5 ans est estimée à 13,9% en France, et 30% pour les patients ayant survécu à la première année.

Est-il fréquent ?

Au niveau mondial, en 2012, le nombre de nouveaux cas était estimé à 456 000, soit 3,2% de la totalité des cancers. Il est le 6ème en terme de fréquence. Près de 400 000 décès ont été comptabilisés cette même année sur l’ensemble du globe.

En France, en 2012, le nombre de nouveaux cas de cancer de l’œsophage était estimé à 4632. Il occupe la 3ème place parmi les cancers digestifs, derrière le cancer colorectal et le cancer de l’estomac.

À noter qu’il existe d’importantes variations entre les diverses régions du monde. Ainsi, le nombre de cas de cancer de l’œsophage peut être 20 fois plus important dans les pays les plus touchés par rapport à ceux qui sont les plus épargnés. 80% des cas sont localisés dans les régions les moins développées.

Enfin, ce cancer semble être plus fréquent chez les hommes que chez les femmes. Les hommes auraient 2 fois plus de risque de développer un cancer de l’œsophage que les femmes.

Quels sont les facteurs de risque ?

Un facteur de risque désigne tout agent, substance ou exposition capable d’augmenter la probabilité d’un individu de développer un cancer. Concernant, le cancer de l’œsophage, les facteurs de risque suivants ont été mis en évidence scientifiquement :

  • Le tabac ;
  • L’alcool ;
  • La chique de bétel (pratique courante dans les pays asiatiques) ;
  • Des antécédents de reflux gastro-œsophagien pathologique ;
  • Une lésion chimique de l’œsophage ;
  • Des antécédents de cancers des voies respiratoires supérieures ;
  • Une exposition à des rayonnements ionisants ;
  • Des antécédents familiaux de cancer de l’œsophage ;
  • La consommation de boissons très chaudes ;
  • Un surpoids, une obésité ou un poids insuffisant ;
  • Le syndrome de Plummer-Vinson (syndrome très rare caractérisé par l’association d’une dysphagie, d’une anémie et la présence de membranes œsophagiennes) ;
  • Achalasie (maladie rare affectant l’œsophage) ;
  • Tylose (maladie héréditaire rare).

D’autres facteurs sont dits « probables » : une exposition à des produits de nettoyage à sec, une faible consommation de fruits et légumes, une consommation trop importante de viande rouge ou transformée (charcuterie), une fibrose kystique, une infection au virus du papillome humain et certaines mutations génétiques.

À savoir ! Le cancer épidermoïde serait en lien avec la consommation d’alcool, de tabac et de boissons trop chaudes, tandis que l’adénocarcinome serait attribuable au reflux œsophagien, à l’excès alimentaire et à une insuffisance d’activité physique.

Quels sont les symptômes ?

Souvent, un cancer de l’œsophage se traduit par :

  • Une sensation de gêne ou de blocage lors de la déglutition. On parle de dysphagie. Cet état se manifeste progressivement et il est permanent.
  • Une altération de l’état général (fatigue, perte d’appétit, amaigrissement) ;
  • Des régurgitations ;
  • Un hoquet ;
  • Une mauvaise haleine.

Femme tenant sa poitrine avec une grosse tache rouge à cause du cancer de l'œsophagePlus rarement, on peut aussi observer : des douleurs dans la partie haute de l’abdomen et lors de la déglutition, des douleurs dans la poitrine, derrière le sternum ou entre les deux omoplates, une dysphonie (changement de voix), une toux à la déglutition, un épanchement pleural (accumulation de liquide au niveau de l’enveloppe des poumons), des saignements digestifs (vomissements sanglants) et des adénopathies (augmentation de la taille des ganglions) au niveau du cou ou des clavicules.

Parfois, le cancer est silencieux, il n’y a aucun symptôme. Il est alors découvert fortuitement à l’occasion d’un bilan médical.

En cas de présence d’un ou des symptômes décrits, il faut consulter son médecin traitant.

Diagnostic et traitement

Comment diagnostiquer un cancer de l’œsophage ?

Dans la plupart des cas, le cancer de l’œsophage est évoqué devant la présence de certains symptômes caractéristiques comme :

  • Une dysphagie progressive ;
  • Une altération de l’état général (fatigue, amaigrissement, perte d’appétit) ;
  • Des régurgitations, un hoquet ou une mauvaise haleine.

Le diagnostic nécessite un examen clinique du patient associé à une endoscopie de l’œsophage et de l’estomac. Des biopsies peuvent être effectuées pendant l’endoscopie puis analysées en laboratoire afin de confirmer le diagnostic.

D’autres examens d’imagerie peuvent être prescrits dans le but d’évaluer l’extension du cancer.

Quels traitements ?

Il existe divers traitements possibles pour un cancer de l’œsophage : un traitement par endoscopie, la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie. Ils peuvent être utilisés seuls ou en association.

Le traitement choisi diverge selon le type de cancer de l’œsophage. La meilleure approche thérapeutique est préalablement discutée et débattue lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui réunit plusieurs professionnels, dont l’oncologue et l’hépato-gastro-entérologue. A l’issue de celle-ci, un compte-rendu ainsi qu’un exemplaire du programme personnalisé de soin (PPS) est remis au médecin traitant du patient. Ainsi, selon les cas, l’objectif du traitement est de :

  • Supprimer la tumeur ou les métastases ;
  • Ralentir le développement de la tumeur et ses métastases ;
  • Réduire le risque de récidive ;
  • Traiter les symptômes.

Lorsque le cancer est précoce, le traitement de référence repose sur une résection endoscopique de la tumeur. La chirurgie peut être proposée en alternative.

En cas de cancer localisé, c’est la chirurgie qui est le traitement de référence. On parle d’œsophagectomie. Autrement dit, l’œsophage entier ou en partie est retiré. La continuité de l’œsophage est rétablie dans le même temps par chirurgie de reconstruction. Une chimiothérapie seule ou associée à une radiothérapie (radio chimiothérapie) peut également être proposée.

Pour le cancer localement avancé, une radio chimiothérapie préopératoire est habituelle. Elle peut être proposée aussi en cas de contre-indication à la chirurgie.

Enfin, le traitement de référence du cancer métastatique est la chimiothérapie. L’objectif est alors de ralentir la progression de la maladie et soulager le patient.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Cancer de l’œsophage. Société Nationale Française de Gastro-Entérologie. Consulté le 23 mai 2019.
– Syndrome de Plummer-Vinson. Orphanet. Consulté le 23 mai 2019.
– Cancer de l’œsophage. Cancer environnement. Consulté le 23 mai 2019.
– Le cancer de l’œsophage : points clés. Institut national du cancer. Consulté le 23 mai 2019.