Cancer du rein


Rédigé par Charline D., publié le 19 avril 2017 et mis à jour le 21 décembre 2021

Le cancer du rein concerne chaque année près de 10 000 français, essentiellement des hommes. La plupart du temps, il est asymptomatique. Son diagnostic repose sur un examen clinique révélant différents symptômes vus ci-dessous couplé à un ensemble de bilans paracliniques (biologie, imagerie, biopsie). Trois types de traitement peuvent être proposés : la chirurgie, la radiothérapie et/ou la chimiothérapie.

Définition et symptômes du cancer du rein

Qu’est-ce que c’est ?

Le rein est le principal organe épurateur de l’organisme. Il filtre le sang en continu pour éliminer les déchets de l’organisme, par les urines. Un cancer du rein correspond à la transformation maligne d’une cellule normale rénale qui devient cancéreuse.

Les cellules cancéreuses prolifèrent de manière anarchique et forment un assemblage plus ou moins organisé appelé tumeur maligne.  Sans traitement, le cancer peut continuer à se développer et à envahir les tissus environnants.

Le cancer du rein est relativement rare avec 13 000 nouveaux cas en 2015 en France. Il représente environ 3 % de l’ensemble des cancers, et touche plus volontiers les hommes. L’âge moyen est de 65 ans lors du diagnostic.

Divers facteurs de risque du cancer du rein sont connus :

  • Tabac

Une consommation chronique de tabac favorise l’apparition du cancer du rein. Un fumeur a environ 1.5 fois plus de risque de développer la maladie par rapport à un non-fumeur. Ceci est en partie lié au fait que certaines substances carcinogènes du tabac sont éliminées par le rein, et donc en contact avec celui-ci.

  • Obésité et surpoids

Il est désormais clairement établi qu’une personne souffrant de surpoids ou d’obésité a un risque plus élevé de développer un cancer du rein.

  • Dialyse depuis plus de 3 ans

La dialyse est une méthode thérapeutique visant à prendre le relais d’une fonction rénale défaillante, en éliminant à la fois les déchets du sang et l’eau en excès dans l’organisme.

Personne sous dialyse cancer du rein

Une dialyse de plus de trois ans peut conduire à la formation de kystes dans le rein, qui favorise la survenue de la dysplasie multikystique (DMK) qui est un facteur favorisant du cancer rénal. Au sein de la population dialysée, il existe 10 fois plus de cancer du rein que dans la population générale.

  • Facteurs génétiques

Certaines formes de cancers du rein sont qualifiées de formes familiales héréditaires. Ces formes représentent seulement 2 à 3 % de l’ensemble des cancers du rein. La maladie de von Hippel-Lindau est la plus fréquente, elle prédispose au cancer rénal, mais aussi aux cancers de la rétine et de la moelle épinière.

Quels symptômes ?

Le développement du cancer du rein est la plupart du temps asymptomatique (sans symptôme) et est découvert de manière fortuite lors d’une échographie ou d’un scanner par exemple. Néanmoins, il existe parfois des signes révélateurs comme :

  • Une hématurie : présence de sang dans les urines de manière indolore et récidivante ;
  • Une douleur du flanc ;
  • La palpation d’une masse lombaire;
  • La révélation par une métastase : le cancer du rein se propage dans les poumons dans 75 % des cas. On peut donc révéler un cancer du rein par l’ensemble des signes du cancer du poumon;
  • Une altération de l’état général avec perte de poids et fièvre inexpliquée.

Diagnostic et traitements du cancer du rein

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’un cancer du rein comprend :

  • Un examen clinique: interrogatoire sur les antécédents personnels et familiaux (recherche de forme familiale), recherche de symptômes évocateurs. Ce bilan est en général normal sauf si la tumeur est suffisamment importante pour être palpée directement par le médecin.
  • Un scanner abdominal ou Tomodensitométrie (TDM), l’examen de référence pour le diagnostic de cancer du rein. Du fait de sa précision, il permet d’affirmer si le patient a une masse au niveau du rein, sa localisation exacte ainsi que sa taille. Ces informations sont indispensables à la suite de la prise en charge et servent à prendre ou non, la décision d’un geste chirurgical.
  • La confirmation diagnostique se réalise le plus souvent par le biais de l’examen anatomo-pathologique (observation au microscope des cellules) de la pièce opératoire ou d’une biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu rénal). Il faut y ajouter des examens moléculaires pour préciser exactement de quel type de cancer du rein il s’agit.

Quel traitement ?

La prise en charge thérapeutique dépend du type cellulaire, de la taille, de la localisation (locale ou métastatique) de la ou les tumeurs.

Comme pour la quasi-totalité des cancers, la prise en charge comporte 3 grands types de traitement : la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie. Ces trois types de traitements ont la spécificité de devoir être utilisés soit à visée systémique (corps entier) soit à visée locorégionale (une partie ou un organe en particulier).

La chirurgie

Lorsqu’elle est réalisable, c’est le traitement de référence du cancer du rein local. La néphrectomie correspond à l’ablation totale ou partielle du rein (selon le stade et de la localisation de la tumeur).

Si le cancer rénal est purement local, la prise en charge peut s’arrêter là et le patient est potentiellement guéri. Dans les formes métastatiques disséminées, la chirurgie doit être complétée par un traitement de chimiothérapie et/ou radiothérapie.

La radiothérapie

La radiothérapie est très occasionnellement utilisée dans le traitement du cancer du rein. C’est un traitement dit locorégional qui repose sur l’utilisation des rayonnements ionisants de hautes énergies pour éliminer les cellules cancéreuses.

Machine pour faire une radiothérapie

La radiothérapie permet de cibler très précisément une zone à traiter pour irradier la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains avoisinants.

Dans le cadre de la prise en charge du cancer du rein, la radiothérapie n’est indiquée que dans les formes disséminées et sert à traiter majoritairement les métastases non rénales.

La chimiothérapie

Les traitements de chimiothérapie peuvent être utilisés par voie veineuse ou par voie orale en fonction des molécules employées.

Pour le cancer du rein, la chimiothérapie est le plus souvent proposée dans les formes métastatiques.

Les traitements de référence sont les thérapies ciblées et l’immunothérapie. Ces nouvelles molécules, apparues au début des années 2000, sont dirigées contre un mécanisme spécifique de la tumeur pour stopper ou ralentir la progression de la maladie. Plus particulièrement, le principe de l’immunothérapie est d’accroitre le potentiel de notre système immunitaire à lutter contre la tumeur.

Publié le 19 avril 2017 par Jean C., Pharmacien. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 21 dcembre 2021.

Sources
– Pronostic du cancer du rein. e-cancer.fr. Consulté le 21 décembre 2021.
– Facteurs de risque : cancer du rein. e-cancer.fr. Consulté le 21 décembre 2021.