Cancer du rein


Rédigé par Alexia F. et publié le 1 juin 2022

cancer du rein

Le cancer du rein concerne chaque année près de 15 000 Français, essentiellement des hommes. La plupart du temps, il est asymptomatique. Son diagnostic repose sur un examen clinique couplé à un ensemble de bilans paracliniques (biologie, imagerie, biopsie). Trois types de traitement peuvent être proposés : la chirurgie, la radiothérapie et/ou la chimiothérapie.

Cancer du rein, définition et facteurs de risque

Le rein est le principal organe épurateur de l’organisme. Il filtre le sang en continu pour éliminer les déchets de l’organisme, par les urines. Un cancer du rein correspond à la transformation maligne d’une cellule normale rénale qui devient cancéreuse.

Les cellules cancéreuses prolifèrent de manière anarchique et forment un assemblage plus ou moins organisé appelé tumeur maligne.  Sans traitement, le cancer peut continuer à se développer et à envahir les tissus environnants.

Le cancer du rein est relativement rare avec 15 000 nouveaux cas en 2018 en France. Il représente environ 3 % de l’ensemble des cancers, et touche plus volontiers les hommes. L’âge moyen est de 65 ans lors du diagnostic.

Il existe plusieurs facteurs de risque de survenue d’un cancer du rein :

  • Une consommation chronique de tabac favorise l’apparition du cancer du rein. Un fumeur a environ 1.5 fois plus de risque de développer la maladie par rapport à un non-fumeur. En effet, les reins traitent certaines substances carcinogènes du tabac pour les éliminer.
  • Obésité et surpoids : Il est désormais clairement établi qu’une personne souffrant de surpoids ou d’obésité a un risque plus élevé de développer un cancer du rein.
  • Dialyse depuis plus de 3 ans : La dialyse est une méthode thérapeutique visant à prendre le relais d’une fonction rénale défaillante, en éliminant à la fois les déchets du sang et l’eau en excès dans l’organisme.

prise de sang

Une dialyse de plus de trois ans peut conduire à la formation de kystes dans le rein, qui favorise la survenue de la dysplasie multikystique (DMK) qui est un facteur favorisant du cancer rénal. Au sein de la population dialysée, il existe 10 fois plus de cancer du rein que dans la population générale.

  • Facteurs génétiques : Il existe des formes familiales héréditaires de cancer du rein. Ces formes représentent seulement 2 à 3 % de l’ensemble des cancers du rein. La maladie de von Hippel-Lindau est la plus fréquente, elle prédispose au cancer rénal, mais aussi aux cancers de la rétine et de la moelle épinière.

Symptômes du cancer du rein

Le développement du cancer du rein est la plupart du temps asymptomatique (sans symptôme). Ainsi, c’est souvent une échographie ou un scanner fortuit qui permettent de le découvrir. Néanmoins, il existe parfois des signes révélateurs comme :

  • Une hématurie : présence de sang dans les urines de manière indolore et récidivante ;
  • Une douleur du flanc ;
  • La palpation d’une masse lombaire ;
  • La révélation par une métastase : le cancer du rein se propage dans les poumons dans 75 % des cas. On peut donc révéler un cancer du rein par l’ensemble des signes du cancer du poumon ;
  • Une altération de l’état général avec perte de poids et fièvre inexpliquée.

Cancer du rein, diagnostic et traitements

Le diagnostic d’un cancer du rein comprend :

  • Un examen clinique : interrogatoire sur les antécédents personnels et familiaux (recherche de forme familiale), recherche de symptômes évocateurs. Ce bilan est en général normal sauf si la tumeur est suffisamment importante pour être palpée directement par le médecin.
  • Un scanner abdominal ou Tomodensitométrie (TDM), l’examen de référence pour le diagnostic de cancer du rein. Du fait de sa précision, il permet d’affirmer si le patient a une masse au niveau du rein, sa localisation exacte ainsi que sa taille. Ces informations sont indispensables à la suite de la prise en charge et servent à prendre ou non, la décision d’un geste chirurgical.
  • La confirmation diagnostique se réalise le plus souvent par le biais de l’examen anatomo-pathologique (observation au microscope des cellules) de la pièce opératoire ou d’une biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu rénal). Il faut y ajouter des examens moléculaires pour préciser exactement de quel type de cancer du rein il s’agit.

Quels sont les traitements disponibles ?

La prise en charge thérapeutique dépend du type cellulaire, de la taille, de la localisation (locale ou métastatique) de la ou les tumeurs.

Comme pour la quasi-totalité des cancers, la prise en charge comporte 3 grands types de traitement : la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie. Ces trois types de traitements ont la spécificité de devoir être utilisés soit à visée systémique (corps entier) soit à visée locorégionale (une partie ou un organe en particulier).

La chirurgie

Lorsqu’elle est réalisable, c’est le traitement de référence du cancer du rein local. La néphrectomie correspond à l’ablation totale ou partielle du rein (selon le stade et de la localisation de la tumeur).

opération cancer du rein

Si le cancer rénal est purement local, la prise en charge peut s’arrêter là et le patient est potentiellement guéri. En revanche, dans les formes métastatiques disséminées, un traitement de chimiothérapie et/ou radiothérapie complète la chirurgie.

La radiothérapie

La radiothérapie s’utilise très occasionnellement dans le traitement du cancer du rein. C’est un traitement dit locorégional qui repose sur l’utilisation des rayonnements ionisants de hautes énergies pour éliminer les cellules cancéreuses.

La radiothérapie permet de cibler très précisément une zone à traiter pour irradier la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains avoisinants.

Dans le cadre de la prise en charge du cancer du rein, la radiothérapie n’est indiquée que dans les formes disséminées et sert à traiter majoritairement les métastases non rénales.

La chimiothérapie

Les traitements de chimiothérapie s’utilisent par voie veineuse ou par voie orale en fonction des molécules employées.

Pour le cancer rénal, la chimiothérapie est le plus souvent proposée dans les formes métastatiques.

Les traitements de référence sont les thérapies ciblées et l’immunothérapie. Ces nouvelles molécules, apparues au début des années 2000, sont dirigées contre un mécanisme spécifique de la tumeur pour stopper ou ralentir la progression de la maladie. Plus particulièrement, le principe de l’immunothérapie est d’accroitre le potentiel de notre système immunitaire à lutter contre la tumeur.

Publié le 21 décembre 2021 par Jean C., Pharmacien. Mis à jour par Alexia F., Docteure en Neurosciences le 1er juin 2022.

Sources
– Cancer du rein. vidal.fr. Consulté le le 1er juin 2022.
– Facteurs de risque. e-cancer.fr. Consulté le 1er juin 2022.