Obésité


Rédigé par Charline D. et publié le 4 octobre 2021

femme en surpoids et en obésité

L’obésité fait référence à un excès de graisse, essentiellement causé par une alimentation trop copieuse combinée à une activité physique insuffisante. Quelques facteurs comme la présence de certaines pathologies chroniques ou psychologiques favorisent le développement de l’obésité. Le diagnostic repose sur le calcul de l’indice de masse corporelle ou IMC qui correspond au poids divisé par la taille au carré. La prise en charge de l’obésité repose sur un rééquilibrage entre activité physique et apport alimentaire. Dans certains cas, une chirurgie bariatrique, ou une prescription médicamenteuse peuvent être proposées en complément.

Définition et symptômes de l’obésité

Qu’est-ce que l’obésité ?

En France, l’obésité atteint 9,6% des adultes et 12% des enfants. A titre indicatif, le surpoids (IMC > 25) concerne 30% de la population adulte.

Médicalement, l’obésité peut être définie comme étant un “excès de masse grasse entraînant des inconvénients pour la santé”.

En France, l’obésité atteint 17% des adultes soit près de 10 millions d’individus et 12% des enfants. Par ailleurs, 54% des hommes et 44% des femmes étaient en surpoids ou obèses en 2015.

Les causes qui expliquent le surpoids sont multiples et résultent surtout d’une évolution des modes de vie. L’obésité est due au stockage excessif de graisse dans le corps. Généralement, elle résulte d’un déséquilibre entre apport alimentaire et dépenses énergétiques, en cas :

  • D’apports caloriques trop importants. Lorsque les proportions alimentaires sont trop grandes, ou que l’alimentation est trop riche en graisses, sucres, alcool, et pauvre en fibres ;
  • De dépenses énergétiques insuffisantes, par exemple par une sédentarité trop importante (temps devant la télévision ou jeux vidéo trop important), ou une inactivité physique.

La masse grasse d’un individu est constituée d’adipocytes plus ou moins remplies de graisses. Le tissu adipeux représente chez la femme environ 32% de son poids, et 16% du poids d’un homme. On parle de masse maigre pour le poids des muscles, des organes et viscères.

tableau de l'imc obésité

Lorsque la balance énergétique est déséquilibrée, le poids augmente et les adipocytes de gorgent de graisses. Le surpoids survient. Si le poids reste élevé, les adipocytes se multiplient, ce qui augmente la capacité de stockage graisseux, et engendre une prise de poids supplémentaire.

Cependant, d’autres facteurs peuvent également influencer la prise de poids : hérédité, médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs, antiépileptiques, antidiabétiques, etc.), facteurs hormonaux, arrêt du tabac, facteurs psychologiques et sociaux (troubles anxieux et dépressifs), régimes trop restrictifs, consommation alcoolique excessive, etc.

Quels symptômes ?

L’obésité se traduit par une prise de poids dans la totalité du corps.

Outre le préjudice esthétique, l’obésité peut entraîner un risque plus important de développer certaines pathologies cardiovasculaires :

  • Hypertension artérielle ;
  • Hypertriglycéridémie et hypercholestérolémie ;
  • Angine de poitrine ;
  • Infarctus du myocarde ;
  • Insuffisance cardiaque ;
  • Accident vasculaire cérébral ;
  • Artérite des membres inférieurs ;
  • Phlébite ;
  • Varices

Par ailleurs, les individus en surpoids peuvent également souffrir de diabète de type 2, de goutte, de reflux gastro-œsophagien, de calculs biliaires, de douleurs articulaires, d’apnée du sommeil, d’incontinence urinaire, de transpiration excessive, de mycoses cutanées, etc.

Diagnostic et traitement de l’obésité

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’obésité repose sur le calcul de l’Indice de Masse Corporelle (ou IMC) qui tient compte du poids et de la taille. En effet, deux personnes de poids égal n’ont pas la même corpulence selon leur taille.

La valeur de l’IMC permet de déterminer un état, reflet de la “corpulence” : normalitésurpoids ou obésité.

Une personne est en surpoids lorsque son IMC dépasse 25 kg/m2, et en obésité lorsqu’il excède 30 kg/m2.

À savoir ! Les valeurs indiquées ne sont applicables ni chez les enfants, ni chez les personnes de plus de 70 ans.

La mesure du tour de taille permet de diagnostiquer un excès de graisse abdominale. L’obésité abdominale est évoquée lorsque le tour de taille est supérieur à 90 cm chez la femme, et 100 cm chez l’homme. L’obésité abdominale augmente le risque cardiovasculaire : diabète, hypertension, hypertriglycéridémie, etc.

Le Collectif National des Associations d’Obéses (CNAO) suit depuis 2003 les patients obèses.

cnao logo

Le CNAO constitue un lien entre les institutions, les associations régionales, les patients. Il est porte-parole pour les personnes souffrant de problème de poids (surpoids et obésité)

Les objectifs du CNAO sont multiples :

  • Faire reconnaître l’obésité parmi les maladies chroniques;
  • Contribuer à l’amélioration de la prise en charge des personnes souffrant d’obésité ;
  • Mettre en place des actions préventives auprès de la population ;
  • Informer les personnes concernées par le surpoids et l’obésité.

Quel traitement ?

Le premier objectif de la prise en charge de l’obésité est la maîtrise du poids. La démarche à mettre en œuvre pour parvenir à cet objectif est définie par le médecin. Elle repose généralement sur :

  • Des conseils alimentaires ;
  • La reprise ou poursuite d’une activité physique.

A noter ! L’intervention d’autres professionnels de santé peut être utile : nutritionniste, diététicien, psychologue.

Le second objectif de la prise en charge de l’obésité est le traitement des complications associées : diabètehypertension, gêne respiratoire, douleurs articulaires, etc.

La chirurgie de l’obésité (ou la chirurgie bariatrique) peut être proposée dans certains cas. Elle reste, cependant, une mesure exceptionnelle utilisée en cas d’échec de tout autre traitement médical et destinée à réduire les apports alimentaires.

Le recours à la chirurgie doit rester une mesure exceptionnelle et uniquement dans le cas où l’obésité n’a pas pu être contrôlée par le traitement médical.

La chirurgie gastrique n’est envisagée que dans les cas suivants :

  1. IMC supérieur ou égal à 40 kg/m2 (ou 35 kg/m2 s’il existe des complications médicales).
  2. Echec de la prise en charge médicale de l’obésité. La durée de la prise en charge médicale doit être supérieure à 1 an et avoir inclus des approches complémentaires comme un suivi diététique, la pratique d’une activité physique, la prise en charge des troubles du comportement alimentaire, et le traitement des complications associées à l’obésité.
  3. Patient majeur et de moins de 60 ans;
  4. Absence de contre-indications ou de risque opératoire.

La chirurgie gastrique est déconseillée pour les patients présentant certaines affections psychologiques (dépression sévère…), ou difficultés comportementales (par exemple un alcoolisme), psychologiques ou sociales (isolement …).

Plusieurs méthodes chirurgicales peuvent être employées :

  • Les chirurgies restrictives qui limitent l’ingestion des aliments en réduisant le volume gastrique (pose d’un anneau gastrique ou ablation partielle de l’estomac) ;
  • Le Bypass qui associe restriction gastrique et dérivation digestive. Elle relie le haut de l’estomac à la partie centrale de l’intestin. L’objectif est ainsi de court-circuiter une partie de l’estomac et de l’intestin pour limiter l’absorption des aliments.

Dans tous les cas, la chirurgie bariatrique nécessite une bonne préparation physique et psychologique ainsi qu’un suivi médical renforcé.

Enfin, un seul médicament est disponible pour le traitement de l’obésité : l’orlistat.

Ce médicament permet de bloquer l’enzyme qui contrôle l’absorption des graisses au niveau du tube digestif. Une réduction de près d’un tiers des graisses alimentaires (triglycérides), équivalant à une réduction calorique de 150 à 200 calories/jour peut être obtenue. Les graisses qui ne sont pas absorbées sont éliminées dans les selles.

L’orlistat n’est généralement pas recommandé par les médecins en raison de son efficacité modérée et des effets indésirables parfois graves. Il doit être considéré comme un traitement d’appoint, et ne dispense pas des mesures diététiques et de l’activité physique.

Publié le 6 août 2014. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 4 octobre 2021.Enregistrer

Sources
– Surpoids et obésité. ameli.fr.