verrues

Aussi dénommées les « papillomes viraux », les verrues correspondent à de petites lésions cutanées, sans grande gravité et pouvant atteindre tout le monde. Ces petites protubérances, souvent dures, ont la particularité de se loger et de se développer dans l’épiderme, suite à la pénétration d’un virus à travers une lésion de la peau (petite coupure, écorchure). Il faut compter à peu près 2 ans pour observer une disparition complète d’une verrue.

Verrues : définition

PapillomavirusCes excroissances cutanées appelées verrues sont liées à une contamination de la peau par un virus, le « Human Papillomavirus » (HPV ou virus des papillomes humains), existant sous différents types. Ce virus infecte la peau en stimulant de façon anormale la production de kératine (protéine nécessaire à la pousse des cheveux et des ongles) dont la surproduction s’étend jusque dans les couches supérieures de l’épiderme. C’est notamment cette surproduction de kératinocytes qui est responsable de l’aspect rigide et granuleux de la verrue telles que nous la connaissons.

Contrairement au papillomavirus touchant le col de l’utérus, ces virus HPV ne déclenchent en aucun cas des cancers de la peau.

Bien que les verrues cutanées soient connues pour être assez courantes, la plupart d’entre elles disparaissent assez vite (de l’ordre de quelques mois) mais peuvent persévérer selon les individus.

Environ 1 personne sur 4 est touchée par ce type d’infection cutanée : ce sont surtout les enfants de 5 à 15 ans les plus concernés ainsi que les patients immunodéprimés ou touchés par une dermatite atopique.

Parmi les enfants, on considère que :

  • 50 à 70% développeront des verrues de types vulgaire (les plus communes) ;
  • 20 à 30% des verrues plantaires.

(La description de ces 2 types de verrues est établie dans la partie suivante.)

Un simple contact direct via la peau avec une personne porteuse de verrues peut occasionner la transmission du virus et contaminer simultanément un grand nombre d’individus, si aucune mesure de prévention n’est adoptée. Une propagation du virus peut aussi se produire dans d’autres situations : dans les douches collectives, par le sol des vestiaires de salles de sport ou des piscines qui sont des endroits très fréquentés par les enfants et adolescents.

Les différents types de verrues

Il existe différents types de verrues, localisés aussi bien sur la peau des mains que sur le visage ou les pieds.

Les verrues communes (ou vulgaires)

verrues communes De l’ordre de quelques millimètres de diamètre, ces verrues adoptent une forme arrondie (ressemblant à un dôme) associée à une texture rugueuse. Dans les cas les plus courants, ces types de verrues sont localisées sur les doigts et le dos des mains mais peuvent aussi se répandre sous les ongles ou à leur périphérie, causant des douleurs plus violentes.

Moins fréquentes, ces verrues peuvent aussi adopter une forme allongée, dite « filiforme ». Elles sont plutôt retrouvées sur le visage, en particulier autour de la bouche, et chez l’homme, au niveau des zones de rasage. Elles restent plus fréquentes chez les hommes que les femmes.

Les verrues plantaires

Comme son nom l’indique, ces verrues sont particulièrement localisées sur la plante des pieds. On peut distinguer deux formes de verrues plantaires :

  • La myrmécie (dite aussi verrue plantaire unique) : il s’agit d’une lésion cutanée unique, marquée par un anneau de corne et des petits points noirs au centre. Des douleurs peuvent être ressenties au niveau d’un point appui (lors de la marche par exemple) ou éventuellement lors d’un toucher ;
  • Les verrues mosaïques (dites aussi verrues plantaires multiples) : elles sont qualifiées en « mosaïques » puisqu’elles ont tendance à se développer sous forme de plaques « épaissies » au niveau de la plante des pieds mais aussi au niveau des mains ou la périphérie des ongles. Il s’agit de lésions superficielles et moins douloureuses que les verrues uniques.

A savoir ! Quelle différence entre verrue et cor d’un pied ?

Comme le cor du pied correspond aussi à un épaississement de la peau localisé spécifiquement au niveau des zones de frottement, il peut souvent être confondu avec une verrue plantaire. En cas de doutes, mieux vaut consulter auprès d’un spécialiste (médecin dermatologue ou pédicure-podologue) qui saura le mieux faire un diagnostic.

Dans tous les cas, il ne faut surtout pas retirer ou gratter la corne de la lésion car s’il s’agit d’une verrue, des risques de saignement et d’augmentation de l’infection peuvent survenir et entraîner des complications plus graves.

Les verrues planes

Ce sont des verrues fréquemment observées au niveau du visage et le dos des mains, sous forme de petites surélévations cutanées « à sommet plat ». Elles peuvent prendre une couleur très proche de celle de la peau ou bien un teint plus foncé.

En créant des plaques à la surface cutanée, elles représentent des formes géométriques à plusieurs angles.

Les verrues génitales (ou condylomes)

Ces types de verrues correspondent à des lésions des muqueuses génitales externes et de l’anus, également dues à un virus HPV (Human Papillomavirus). Ces verrues se forment suite une contamination par voie sexuelle. De ce fait, elles sont reconnues comme l’une des IST (Infection Sexuellement Transmissible) les plus fréquentes..

Diagnostic

Le temps d’apparition d’une verrue peut varier de quelques semaines à plusieurs mois selon la sensibilité de la personne. En effet, chacun possède un système immunitaire qui lui est propre et qui fait que certains ne développeront pas de verrue, même en ayant été au préalable en contact avec des individus porteurs du HPV.

Le diagnostic des verrues cutanées est surtout d’ordre clinique. Dans de nombreux cas, il n’a pas lieu d’effectuer des examens complémentaires sauf s’il s’agit de lésions atypiques ou ulcéreuses qui peuvent se rapprocher de certaines formes de cancer. De ce fait, une biopsie ou autre examen peut être proposé au patient concerné.

Par ailleurs, le dermatologue peut aussi s’appuyer sur la dermatoscopie pour distinguer une verrue plantaire d’un cor ou autre élément cutané suspect.

A savoir ! La dermatoscopie est un examen microscopique de surface de la peau permettant de différencier les lésions malignes (mélanome, carcinome basocellulaire, etc) des lésions cutanées bénignes telles que les grains de beauté, cor des pieds, etc.

Cet examen s’appuie sur l’utilisation d’une sorte de loupe, appelée le dermatoscope. Celui-ci permet une visualisation in vivo non invasive de structures cutanées épidermiques, dermo-épidermiques et dermiques, accessibles et non accessibles à l‘œil nu.

Traitement

Bien que certaines verrues puissent disparaître naturellement, certaines peuvent perdurer. Après avoir posé le diagnostic avec un médecin traitant ou un dermatologue, plusieurs méthodes peuvent être envisagées selon l’âge du patient, la sévérité et la localisation de la verrue. Dans tous les cas, ces méthodes ont pour objectif de détruire la verrue, sans pour autant permettre d’éradiquer le virus responsable de la contamination. Un risque important de récidive peut donc se produire…

Les traitements physiques

Il existe plusieurs méthodes physiques de destruction de la verrue, nécessitant parfois une anesthésie locale.

Parmi elles, figurent principalement :

  • La cryothérapie (traitement à froid) : il s’agit de la méthode la plus utilisée pour traiter physiquement une verrue. Elle consiste à appliquer localement de l’azote liquide (soit à l’aide d’un coton-tige, soit par pulvérisation via un spray) sur la lésion cutanée, permettant ainsi de « geler » la verrue.

Selon l’état de sévérité de la verrue, cette méthode peut être efficace dès la première utilisation mais, parfois, plusieurs séances s’avèrent nécessaires pour éliminer totalement la ou les verrue(s).

  • Le curetage chirurgical : ce procédé consiste à retirer la verrue mais est plutôt réservé aux lésions volumineuses uniques ou pédiculées. Une cicatrice douloureuse peut apparaître suite à ce type d’intervention.
  • Le laser à gaz carbonique (CO2) : cette méthode utilise un rayon laser pour détruire la verrue. Il s’agit donc d’une méthode relativement coûteuse et qui laisse dans 50% des cas, une cicatrice au niveau de la lésion. De ce fait, cette technique est plutôt utilisée dans le cas de l’éradication de verrues plantaires.

Les traitements chimiques

Les méthodes chimiques correspondent à des traitements à base de kératolytiques qui renferment des concentrations variant de 10 à 60 % d’acide salicylique associé ou non à d’autres acides. Ce type de traitement vise à éliminer la couche superficielle de la peau et donc agit en « décapant » la verrue ciblée.

Son application quotidienne est rendue possible sous un pansement occlusif (fermé, imperméable à l’eau et à l’air), jusqu’à disparition de la lésion. Cela peut prendre environ 1 à 2 semaines.

Les traitements en vente libre

Il existe différents produits en vente libre permettant de combattre les verrues mais pour choisir le produit le plus adapté à son cas, mieux vaut demander conseil auprès du pharmacien : il s’agit de médicaments verrucides dont l’application peut s’effectuer sur toute partie du corps sauf le visage ou les organes génitaux due à son effet corrosif sur la verrue.

Les pansements occlusifs sont une autre alternative, disponibles en pharmacie, permettant d’éliminer la verrue en empêchant la respiration de la peau atteinte. Son usage demande plusieurs semaines pour éradiquer la verrue mais ne peut pas être utilisé sur le visage ou près des ongles.

Précautions à adopter en cas de verrues cutanées

Mis à part les traitements, plusieurs conseils peuvent être appliqués pour éviter au maximum la transmission de la ou des verrue(s) :

  • Éviter de manipuler les verrues, de les gratter, de les mordiller ou de ronger les ongles des doigts atteints. Ces gestes peuvent faciliter l’auto-contamination (apparition de verrues à d’autres endroits du corps) et la contamination d’autres personnes.
  • Ne pas tenter de couper, d’arracher ou de brûler les verrues.
  • Ne pas appliquer de pansement adhésif sur les verrues. Le retrait du pansement peut entraîner une lésion ou favoriser la propagation du virus.
  • Bien se laver les mains après avoir touché ses verrues ou après application d’un produit de traitement.

Mesures de prévention

Avant qu’il ne soit trop tard, certaines mesures d’hygiène peuvent aider à prévenir leur survenue.

Voici quelques recommandations à adopter sans plus tarder :

  • Ne jamais toucher ou gratter les verrues d’une autre personne ;
  • Éviter d’utiliser des serviettes ou gants de toilette ayant servi à une personne porteuse de verrues ;
  • Éviter de porter les chaussures, voire même les chaussettes d’une personne contaminée ;
  • Éviter de marcher pieds nus dans des lieux publics (abord des piscines, vestiaires, salles de sport, douches publiques, etc) ;
  • Utiliser des sandales ou des tongs dans les lieux d’activités aquatiques ;
  • Ne pas utiliser de lime ou de pierre ponce ayant déjà servi à une précédente verrue ;
  • Bien se sécher les pieds après une douche ou un bain (que ce soit à la maison ou dans un lieu collectif).

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

– Définition et causes des verrues cutanées. Ameli Santé. Le 04 mai 2017.
– Les verrues. Dermato-Info/Société Française de Dermatologie. Mis à jour le 06 juillet 2017.
– Traitement de verrue : comment enlever ou soigner une verrue ? Dermatonet. – Consulté le 07 septembre 2017.
– Les verrues : signes et traitements, ce qu’il faut savoir. Scholl. – Consulté le 06 septembre 2017.
– Verrue : solution contre les verrues. Dermatonet. – Consulté le 08 septembre 2017.