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Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

neutropenie-troubles-sanguinsLorsque la neutropénie ne comporte pas de symptômes spécifiques, ce trouble n’est pas suspecté. Une neutropénie est évoquée devant la survenue d’infections fréquentes ou inhabituelles.

Le diagnostic repose sur deux examens : la numération de la formule sanguine (NFS) et un examen de la moelle osseuse (myélogramme).

L’objectif de la NFS est de compter et d’analyser les cellules sanguines. Une simple prise de sang suffit pour réaliser ce test. Le sang prélevé est conservé dans un tube contenant un anticoagulant afin de maintenir les cellules sanguines intactes jusqu’à leur analyse au microscope. Une faible numération de neutrophiles indique la présence d’une neutropénie.

A noter ! Dans beaucoup de cas, la neutropénie est prévisible et son origine connue, par exemple chez les patients qui suivent une chimiothérapie ou une radiothérapie.

Lorsque la cause est inconnue, et que la neutropénie est issue d’une découverte fortuite à l’occasion d’un bilan sanguin de routine, le médecin recherche la présence d’une éventuelle infection invisible.

La première des hypothèses investiguées est généralement celle des médicaments. Le médecin interroge donc son patient sur ses traitements et les potentielles expositions à des toxiques.

Dans un second temps, le médecin recherche la présence d’infections ou de maladies pouvant provoquer une neutropénie. Pour cela, il prescrit un myélogramme qui consiste à prélever une petite quantité de moelle osseuse, aspirée par une aiguille. Ce geste est réalisé sous anesthésie locale. L’échantillon est analysé au microscope afin de déterminer si son aspect, le nombre de précurseurs des neutrophiles et le développement des neutrophiles sont normaux. Le myélogramme permet donc de préciser au médecin si le trouble est en lien avec une production cellulaire insuffisante ou si il est dû à une utilisation ou destruction excessive. Parfois, le myélogramme révèle la présence d’un cancer ou d’une infection.

Des examens complémentaires peuvent être prescrits lorsqu’il subsiste un doute sur le diagnostic. Par exemple, en cas de gêne intestinale, un scanner de l’abdomen peut être demandé en complément.

Quel traitement ?

En cas de neutropénie découverte suite à une infection, la priorité est de traiter cette dernière. En effet, chez les individus souffrant de neutropénie sévère, les infections s’aggravent vite, et peuvent rapidement devenir mortelles sans traitement antibiotique.

La prise en charge d’une neutropénie dépend de sa cause et de sa gravité. En cas de neutropénie d’origine médicamenteuse, le médicament suspecté doit être arrêté le plus tôt possible. L’exposition à d’éventuels toxiques doit être éliminée.

La moelle osseuse n’a pas toujours besoin de traitement pour se régénérer. Par exemple, la neutropénie associée à la grippe guérie spontanément en même temps que l’infection. Ainsi, les individus ayant une neutropénie modérée sans symptôme, ne sont pas systématiquement traités.

Les neutropénies sévères, en revanche, sont prises en charge à l’hôpital avec des antibiotiques par voie intraveineuse, en raison de leur risque important d’infections graves. La fièvre est généralement le premier symptôme chez ces patients. Elle doit conduire à consulter un médecin en urgence.

L’injection de facteur de croissance pour stimuler la production de globules blancs au niveau de la moelle osseuse est parfois nécessaire.

Lorsque la neutropénie est due à une pathologie (cancer, tuberculose), la prise en charge repose sur celle de cette dernière.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Neutropénie. LE MANUEL MSD. Consulté le 5 avril 2020.
– Neutropénie. LAROUSSE. Consulté le 5 avril 2020.