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La dystrophie musculaire ou myopathie de Duchenne est une affection rare d’origine génétique qui touche les muscles. Elle est en lien avec une anomalie du gène DMD, responsable de la production d’une protéine impliquée dans le soutien de la fibre musculaire. Près de 15 nouveaux nés sur 100 000 naissances sont concernés, soit 100 à 150 nourrissons par an. Environ 3000 personnes sont atteintes de cette maladie en France. Pour l’instant, aucun traitement ne permet de traiter la maladie.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que la myopathie de Duchenne ?

La myopathie de Duchenne est une pathologie héréditaire appartenant à la famille des dystrophies musculaires. Une dystrophie musculaire est une pathologie, ou plus exactement un ensemble de pathologies congénitales rares pouvant beaucoup varier les unes des autres. Elles sont caractérisées par une atteinte musculaire appelée dystrophie qui se traduit par une faiblesse musculaire conduisant à leur atrophie.

schéma décrivant comment se présente la myopathie de dychenne

À savoir ! La myopathie de Duchenne a été décrite pour la première fois en 1868 par le docteur Duchenne.

La myopathie de Duchenne est due à une anomalie génétique concernant le gène DMD localisé sur le chromosome X.

Pour rappel, un chromosome est un élément microscopique constitué de molécules d’ADN. Il contient donc les gènes, supports de l’information génétique qui sont transmissibles à la descendance. Les chromosomes vont par paire. Tout individu sain dispose de 23 paires de chromosomes. La paire 23 contient les chromosomes sexuels qui déterminent le sexe de l’individu qui les porte : XX chez une femme, et XY chez un homme.  Enfin, les chromosomes d’une même paire sont identiques, autrement dit, ils portent les mêmes gènes. Ainsi, il n’existe pas une version d’un même gène, mais deux, on parle d’allèle.

Le gène anormal est responsable de l’absence d’une protéine musculaire : la dystrophine. Cette dernière joue un rôle important dans tous les muscles de l’organisme, son absence se traduit par une dégénérescence (ou destruction) des fibres musculaires, et donc par l’apparition d’une myopathie de Duchenne.

À noter ! une dysfonction génétique moins sévère est à l’origine d’une production partielle de la protéine, entraînant une myopathie moins grave : la dystrophie musculaire de Becker. Les symptômes sont moins sévères, et la maladie moins fréquente que la myopathie de Duchenne.

À savoir ! Cette maladie affecte quasi exclusivement les garçons. Certaines filles peuvent être concernées, mais les symptômes sont généralement absents. En revanche, elles peuvent transmettre l’anomalie génétique à leur descendance.

La myopathie de Duchenne est la dystrophie musculaire la plus fréquente chez l’enfant. On compte, en effet, entre 100 et 150 nouveaux nés atteints chaque année, en France.

Quels symptômes ?

Les symptômes de la myopathie de Duchenne et son évolution diffèrent d’un patient à un autre.

De manière générale, la maladie est caractérisée par des difficultés motrices associées à une perte progressive de la force musculaire. L’atteinte est prédominante au niveau des membres inférieurs, et plus particulièrement les muscles du bassin et des cuisses. Le dos et les membres supérieurs sont, en effet, moins sévèrement affectés.

Les premiers signes de l’affection se manifestent aux alentours des 3 ans du patient. Parfois, un retard de l’acquisition de la marche les précède. Les symptômes se traduisent d’abord par une fatigabilité à la marche puis des difficultés pour courir ou monter les escaliers. Petit à petit, les chutes sont de plus en plus fréquentes. Les mollets augmentent de volume, la démarche de l’enfant est plus dandinante et il a tendance à marcher sur la pointe des pieds. Le petit patient peut aussi avoir du mal à se relever lorsqu’il est au sol.

Progressivement, les difficultés de redressement apparaissent également à partir de la position assise ou allongée. La marche est de plus en plus difficile à mesure que l’enfant grandit, elle est complètement perdue à l’adolescence.

L’atteinte des membres supérieurs est plus tardive. Elle se manifeste par des difficultés à attraper des objets en hauteur ou à lever les bras.

A cause de la diminution de la force musculaire, des complications orthopédiques apparaissent. L’atteinte musculaire du dos implique une déformation de la colonne vertébrale. La faible mobilité musculaire et le déséquilibre de force entre les muscles les plus touchés et les muscles les moins touchés sont à l’origine de rétractations musculaires (ou raccourcissements musculaires) et de désaxations articulaires. Les articulations s’enraidissent, en commençant par les chevilles puis les hanches, les genoux et les bras, et se déforment.

Les troubles musculaires et articulaires finissent par avoir des répercussions sur les fonctions vitales (respiration, digestion, etc.) de l’organisme et aboutissent à des complications respiratoires, cardiaques et digestives.

À savoir ! La perte de la marche entraîne souvent une obésité chez les patients atteints de myopathie de Duchenne.

Dans beaucoup de cas, il existe également des troubles d’apprentissage et de l’attention, car la dystrophine est normalement également exprimée dans le cerveau.

L’espérance de vie avec une myopathie de Duchenne est réduite. Le décès du patient survient tôt à l’âge adulte.