Kinésithérapie


Rédigé par Charline D. et publié le 8 avril 2020

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La kinésithérapie est une discipline paramédicale qui repose sur diverses techniques : massages, mouvements de gymnastique avec ou sans instrument, physiothérapie, etc. Ce professionnel de santé travaille en étroite collaboration avec l’équipe médicale. Il exerce aussi bien à l’hôpital qu’en clinique, en maison de retraite ou en cabinet de ville, et intervient à tous les âges de la vie.

Définition et objectifs

Qu’est-ce que la kinésithérapie ?

kine-seanceÀ savoir ! Le terme « masseur-kinésithérapeute » vient des mots grecs « masseins » (pétrir), « kinésis » (mouvement) et « therapeuein » (soigner).

Le masseur-kinésithérapeute effectue, manuellement ou à l’aide d’instruments, des soins de rééducation et de réadaptation visant à préserver, restaurer ou suppléer l’intégralité, à la fois structurelle et fonctionnelle, d’une personne confrontée à un traumatisme, une maladie ou un handicap.

En France, l’exercice de la kinésithérapie nécessite l’obtention d’un diplôme paramédical d’Etat dispensé à l’issue de 4 ans de formation (plus 1 année de préparation). Cette profession est récente. En effet, ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, pour soigner et rééduquer les blessés de guerre que le diplôme de masseur-kinésithérapeute est créé. Plus tard, la loi de santé publique du 9 aout 2008 fait naître l’Ordre des masseurs kinésithérapeutes.

Si le kinésithérapeute soigne les affections bénignes comme les lombalgies, les torticolis ou les entorses, il traite aussi les traumatismes en lien avec des accidents ou les conséquences du vieillissement. Le champ d’application de la kinésithérapie est donc très large : pathologies neurologiques, traumatologie, affections rhumatismales, troubles de l’équilibre, incontinence urinaire et fécale, cancérologie, affections respiratoires, affections cardiovasculaires, troubles de la déglutition, rééducation, etc. Le kinésithérapeute intervient à tous âges dans la vie des patients.

À savoir ! Le kinésithérapeute peut se spécialiser dans divers domaines dont le sport, la rhumatologie, la kinésithérapie respiratoire, voire même en kinésithérapie animalière.

Ainsi, bien que la majorité des kinésithérapeutes exercent en cabinet médical, ils peuvent aussi être présents : à l’hôpital, en centre de rééducation, en maison de retraite, en Ehpad (Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou dans des thermes.

Quels objectifs ?

L’objectif d’une prise en charge kinésithérapique dépend de la condition de son patient.

Il peut ainsi s’agir :

  • De restituer à ce dernier ses capacités fonctionnelles ou sa capacité à mobiliser son corps ;
  • De maintenir des capacités susceptibles de se détériorer à cause d’une pathologie ou d’un accident ;
  • D’apprendre au patient à compenser une perte fonctionnelle dans le but d’améliorer sa qualité de vie.

Techniques et déroulement d’une séance

Les différentes techniques

kinesitherapie-suivi-patientPour la mise en œuvre des traitements prescrits par le médecin, le kinésithérapeute peut utiliser les techniques suivantes :

  • Les massages. Le massage est défini comme étant l’ensemble des techniques utilisant les mains (pétrissage, pressions, etc.) et s’exerçant sur différentes parties du corps à dessein thérapeutique. En France, le massage à usage thérapeutique est réservé aux kinésithérapeutes ;
  • Les postures et actes de mobilisation articulaire ;
  • La mobilisation manuelle de toutes articulations ;
  • Des étirements musculo-tendineux ;
  • La mécanothérapie (procédé de rééducation par des appareils permettant de mobiliser les articulations) ;
  • La réalisation et l’application de contentions souples, adhésives ou non, d’appareil de rééducation et de postures ;
  • La relaxation neuromusculaire ;
  • L’électro-physiothérapie (basée sur l’application de courants électriques ou d’ondes) ;
  • La thermothérapie (utilisation de la chaleur) et la cryothérapie (utilisation du froid) très utilisées dans le traitement des douleurs. La chaleur produit un effet antalgique en réduisant les contractures musculaires, améliorant la circulation sanguine et en activant des mécanismes de contrôle de la douleur. A l’inverse, le froid permettrait, selon plusieurs études, de limiter la transmission des messages douloureux, et donc aboutirait également au soulagement du patient ;
  • La kiné-balnéothérapie (soins basés sur des bains de corps ou de l’une de ses parties) ;
  • L’Hydrothérapie(traitement par l’eau) ;
  • La pressothérapie (traitement des troubles circulatoires grâce à un manchon qui se gonfle et se dégonfle automatiquement).

A noter ! On distingue deux principaux types de techniques rééducatives : actives ou passives.

Les techniques actives sont basées sur la mobilisation des muscles, par exemple en piscine ou avec des exercices en contre-résistance (poids ou résistance manuelle). Elles ont pour objectif de renforcer la musculation et d’obtenir une meilleure mobilisation articulaire. Le patient est acteur de sa guérison.

Les techniques passives sont manuelles ou instrumentales. Leur objectif principal est l’amélioration de la mobilité en luttant contre la raideur ou les rétractations. Elles sont aussi utilisées pour soulager les douleurs.

La kinésithérapie pédiatrique

seance-kinesitherapie-pediatriqueLa kinésithérapie pédiatrique s’intéresse surtout au développement de l’enfant, aux maladies neurologiques infantiles, aux pathologies cardio-respiratoires, traumatologiques ou orthopédiques des petits patients.

Les principaux domaines concernés sont :

  • La kinésithérapie respiratoire pour lutter contre l’encombrement respiratoire au cours de certaines maladies aiguës (bronchiolite du nourrisson par exemple), des pathologies respiratoires chroniques (mucoviscidose, asthme) et de certains troubles neuromusculaires ou neurologiques entraînant une perte du reflexe de toux et des fausses routes ;
  • La kinésithérapie motrice qui repose sur la rééducation et la réadaptation en cas de malformation à la naissance, de scoliose ou de traumatisme ;
  • La kinésithérapie motrice spécialisée dans les maladies neurologiques (malformations cérébrales ou de la moelle épinière, retard d’acquisitions motrices, paralysies, séquelles de méningite, etc.) ;
  • La kinésithérapie motrice d’entretien dans le cadre de pathologies chroniques comme la spondylarthrite ankylosante ou la polyarthrite.

Plusieurs aspects sont spécifiques en cas de rééducation en pédiatrie. En effet, celle-ci est ajustée selon l’âge de l’enfant. Souvent, le kinésithérapeute travaille sous forme de jeux afin d’obtenir une meilleure collaboration de l’enfant et une meilleure adhésion au traitement.

Le nombre de séances est fixé selon la sévérité de la pathologie ou du trouble à traiter et son caractère évolutif ou non. La durée des séances est également adaptée à l’âge du jeune patient, à sa fatigue, à sa maladie et à sa tolérance au traitement. Afin de renforcer la motivation des enfants, des séances en groupe peuvent être organisées.

En cas de maladie chronique, le niveau de compréhension de l’enfant sur les différents traitements est régulièrement évalué. Il est, en effet, essentiel que l’enfant comprenne le plus tôt possible l’importance de ses séances sur sa santé et sa qualité de vie lorsque la prise en charge est à vie.

En parallèle, les parents sont formés aux exercices quotidiens et aux gestes adaptés de la vie courante pour épauler le patient en dehors du cabinet.

Déroulement d’une séance

Les kinésithérapeutes sont des professionnels de santé qui exécutent leurs actes sur prescription médicale.

Avant toute manipulation, et à partir du diagnostic du médecin, de l’examen d’éventuelles radiographies puis de son examen clinique, le kinésithérapeute établi un diagnostic kinésithérapique. Il permet de définir les objectifs et les techniques les plus adaptées à mettre en œuvre selon les besoins et les caractéristiques de chaque patient.

Le nombre de séances nécessaires et les techniques à mettre en œuvre sont définis par le kinésithérapeute. A l’issu de chaque séance, le professionnel réévalue les besoins de son patient, et réadapte, si besoin, les techniques et appareillages.

Une séance dure en moyenne 20 à 30 minutes, parfois elle peut aller jusqu’à 1 heure.

À savoir ! La sécurité sociale rembourse 60% du prix des séances.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Que fait le kinésithérapeute? ORDRE DES KINÉSITHÉRAPEUTES. Consulté le 28 mars 2020.
– Masseur-kinésithérapeute. MINISTÈRE DES SOLIDARITÉS ET DE LA SANTÉ. Consulté le 28 mars 2020.
– Better statistics for better health for pregnant women and babies in Europe in 2015. INSERM. Consulté le 28 mars 2020.