La maladie de Dupuytren est une affection de la main caractérisée par une flexion progressive et irréductible de certains doigts. Elle touche environ 4 à 10 % de la population française.

Maladie de Dupuytren

Maladie de Dupuytren : définition

Pour des raisons encore obscures, les tissus appelés aponévroses dont le rôle est la protection des vaisseaux, des nerfs et des muscles de la main, vont s’épaissir et se rétracter attirant alors les doigts vers l’intérieur de la main.

A savoir ! La maladie a été décrite pour la première fois en 1831 par le Baron Dupuytren qui pensait qu’elle était due aux nombreuses années passées à tenir les rênes d’un cheval ! 

L’origine de la maladie de Dupuytren est inconnue. Cependant, le facteur génétique est fréquemment évoqué. Le diabète, la prise d’antiépileptiques ou encore la consommation excessive d’alcool semblent favoriser l’affection.

Par ailleurs, cette maladie est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes et apparaît généralement autour de 40 à 50 ans. Elle touche plus volontiers les quatrièmes et cinquièmes doigts, mais peut aussi atteindre l’ensemble de la main. Dans ses formes les plus sévères, les patients peuvent être atteints en plus de maladies proches touchant les plantes de pieds (Maladie de Ledderhose) ou dans de plus rares cas d’autres parties du corps comme le pénis (maladie de Lapeyronie).

Symptômes

En se rétractant l’aponévrose entraîne la formation de nodules durs et palpables, de dépressions en capitons et de bandes de tissu épais (appelées brides de rétractation) dans la paume de la main. La rétractation du tissu limite l’extension du ou des doigts, mais l’affection est généralement indolore.

Dans 75 % des cas, l’atteinte débute par le 4ème et 5ème doigt et dans 50 % des cas les lésions sont bilatérales. Plus les symptômes sont précoces, plus l’atteinte est grave.

Diagnostic

Le diagnostic de la maladie de Dupuytren repose uniquement sur les signes cliniques, aucun examen en plus n’est nécessaire.

Traitement

Traitement maladie de dupuytrenA l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement à part la section ou l’ablation du tissu malade. Le traitement ne doit être envisagé que si la rétractation empêche une extension complète des doigts. Pour cela, un test très simple existe. Il suffit de poser sa main bien à plat sur une table :

  • Le test est négatif quand la main est bien à plat et donc aucun traitement n’est justifié ;
  • Le test est positif et justifie un traitement si un ou plusieurs doigts ne s’allongent pas suffisamment pour être à plat sur la table.

Lorsque le test est négatif, l’évolution de la maladie peut être suivie en autonomie par le patient en effectuant régulièrement à son domicile ce test. Lorsque le test devient positif, le patient doit contacter son médecin afin de le confirmer. En effet, il est important de dépister une aggravation de la maladie de Dupuytren afin de programmer une intervention chirurgicale le plus précocement possible. Plus le doigt est rétracté, plus il sera difficile au chirurgien de lui redonner une extension complète.

Deux types de traitement peuvent être proposés :

  • L’aponévrotomie (section d’une bride à l’aiguille sous anesthésie locale). Le geste est renouvelable, cependant le tissu malade n’étant pas retiré, le risque de récidive est élevé ;
  • L’aponevrectomie (retrait d’un maximum de tissu malade), est une chirurgie délicate en raison de la proximité des nerfs. Une greffe de peau, prélevée au niveau du bras ou avant-bras, peut être nécessaire lorsque la peau est trop envahie ou en cas de récidive. Les récidives sont rares avec cette technique, mais l’impact esthétique plus important. Par ailleurs, le chirurgien peut parfois décider de laisser ouvert une partie de la cicatrice afin de limiter les complications. Une rééducation ainsi que le port d’une attelle pour étendre les doigts sont souvent nécessaires.

La chirurgie n’est pas sans risque : les hématomes ou nécrose d’une partie des lambeaux cutanés pouvant nécessiter une reprise sont les troubles les plus fréquents. Plus rarement, on peut observer un syndrome algodystrophique (douleurs, 3 % dans la littérature) ou des lésions nerveuses (2.5 %).

Lorsque le traitement est réalisé au bon moment, il est efficace et permet de rétablir l’extension complète des doigts. Dans la littérature, on parle de 90 % de réussite, et de 50 % dans les cas les plus avancés de la maladie.

Charline D., Pharmacien

– Maladie de Dupuytren. Institut Français de Chirurgie de la Main. Consulté le 14 juin 2017.
– Maladie de Dupuytren. Larousse Médical. Consulté le 14 juin 2017.