L’Encéphalomyélite Myalgique (Em), connue sous le nom de Syndrome de Fatigue Chronique (SFC) concerne 2 millions de patients en France. L’EM/SFC fait partie des maladies neurologiques classées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) dans la Classification Internationale des maladies. Elle est caractérisée par une fatigue handicapante qui affecte tout le corps et rend difficile le quotidien des malades.

femme endormie sur son bureau Syndrome de Fatigue Chronique

Symptômes du Syndrome de Fatigue Chronique

Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre. En règle générale, le premier signe déclencheur d’un SFC est une sensation de fatigue persistante accompagnée de troubles tels que :

  • Des troubles de la mémoire à court terme
  • Des troubles de la concentration
  • Des douleurs à la gorge
  • Une myalgie
  • Des maux de tête inhabituels
  • Des douleurs abdominales
  • Des nausées

À savoir ! On parle de SFC lorsque les symptômes perdurent ou récidivent plus de 6 mois.

Causes

Le Syndrome de Fatigue Chronique est une maladie multifactorielle complexe. Par ailleurs, certaines études ont démontré que celle-ci avait une composante plus génétique qu’environnementale. Différents facteurs déclenchants ont été identifiés :

  • Infection virale, bactérienne ou chronique aiguë ou chronique.
  • Exposition à des produits toxiques (pesticides)
  • Vaccination récente
  • Important traumatisme physique ou émotionnel.
  • Antécédent grippal

Le SFC est souvent associé à un dérèglement du système immunitaire ce qui rend le sujet encore plus vulnérable aux infections. Le système hormonal semble également être lié à la maladie depuis que des médecins ont noté un niveau anormalement bas de cortisol et d’hormones de croissance chez certains patients atteint par le Syndrome de Fatigue Chronique.

Suite à une telle maladie, on peut voir apparaitre d’autres complications physiopathologiques telles que :

  • Anomalies immunitaires
  • Anomalies neuroendocriniennes
  • Dysfonctions cérébrales
  • Déficiences neurocognitives
  • Troubles du système nerveux et cardiovasculaire

À savoir ! l’anxiété secondaire peut apparaître suite aux bouleversements causés par le SFC. Elle est caractérisée par une inquiétude excessive et certains symptômes physiques associés (fatigue excessive inexpliquée après l’effort).

Diagnostic

Poser le diagnostic est déjà une première étape de traitement pour les malades, souvent inquiets par leur faiblesse. Un diagnostic clinique est possible et repose sur la description claire des symptômes principaux par le patient. Toutefois, à ce jour, aucun test de laboratoire ne permet le diagnostic spécifique de la maladie. Certains biomarqueurs font toutefois l’objet de recherche.

L’anamnèse fait partie de l’enquête diagnostique. Elle permet de retracer les antécédents médicaux et sociaux du malade pour tenter de faire resurgir des événements marquants, ayant affectés son inconscient. Enfin, un examen physique est également possible. La prise en compte de certains symptômes visibles, souvent subtils tels qu’une pâleur, des cernes ou encore des yeux contusionnés peuvent renseigner sur l’état du malade.

Traitements

La thérapie anti-SFC repose essentiellement sur l’autogestion de la maladie. Son objectif consiste à atténuer les effets de la maladie et à améliorer la qualité de vie du patient en établissant un programme thérapeutique spécifique, adapté à chaque cas.

À savoir ! Il est indispensable d’assurer la continuité et le suivi de la maladie par le médecin traitant.

Ainsi, différents symptômes peuvent être atténués en améliorant chacun des facteurs suivants :

Sommeil réparateur

Le sommeil joue un rôle majeur pour la santé mentale et physique du patient. Sans sommeil réparateur, le patient ne peut régénérer son énergie, si peu soit elle. Les recommandations suivantes peuvent aider le patient à retrouver un sommeil profond réparateur :

  • Une heure d’activité de détente relaxante avant le coucher
  • Fixer l’heure du lever et du coucher en faisant en sorte qu’elles soient les mêmes
  • Ne pas faire de sieste après 15h, opter plutôt pour une heure de repos.
  • Eviter tout aliment contenant de la caféine.
  • Eviter de dormir avec des bruits dans la chambre ou des ronflements
  • Assurer l’obscurité totale de la chambre ou prendre un masque opaque de sommeil
  • En cas d’incapacité à dormir, se lever et pratiquer une activité relaxante, calme jusqu’à la somnolence.
  • Ne pas dormir à n’importe quelle heure
  • Le lit ne doit être consacré qu’au sommeil et à l’activité sexuelle

Douleur

Certaines interventions non pharmacologiques sont bénéfiques pour contrer et soulager la douleur, elles comprennent :

  • La gestion du rythme des activités
  • La physiothérapie
  • Les étirements
  • Les massages
  • L’acupuncture
  • L’hydrothérapie
  • La chiropraxie
  • Le yoga
  • Le tai chi
  • La méditation

Il est également conseillé de prôner les bains chauds ou tièdes ou la balnéothérapie, les liniments musculaires, les masseurs électriques, la neurostimulation électrique transcutanée ou encore la stimulation magnétique transcranienne.

Fatigue et malaises après l’effort

Certaines recommandations sont à préconiser en cas de forte faiblesse musculaire, ressentie après un effort. Elles reposent essentiellement sur la surveillance de la fréquence cardiaque et la structuration des activités physiques. Par exemple, au lieu d’enchaîner les tâches de ménages, les diviser en tâches plus courtes tout en alternant avec des moments de repos suffisants. Des pauses qui soulagent le cœur et offrent à l’organisme le temps de récupération dont il a besoin. En ce qui concerne l’activité physique, élaborer un programme structuré favorise l’amélioration de symptômes liés à la fatigue musculaire. Préconiser des périodes d’entrainement de courte durée et peu intenses. La marche, la nage et le vélo accompagnés de séances de Yoga ou de Tai chi peuvent être bénéfiques.

Déficiences cognitives

  • Garder un même cahier pour les prises de notes.
  • Prendre certaines habitudes comme laisser des objets spécifiques du quotidien à la même place pour les retrouver.
  • Eviter les sources de stimulation sensorielles intenses
  • Ne pas se forcer à fournir trop d’effort
  • Eviter toute situation menant à une aggravation des symptômes cognitifs

Dépression et anxiété

40% des personnes atteintes de SFC se disent être en dépression, stressées ou anxieuses. Les points suivants permettent d’atténuer ces effets :

  • Expliquer aux proches la maladie et les laisser apporter leur soutien
  • Élaborer un programme d’activités agréables et peu exigeantes pouvant être source de bien-être.
  • Réduire tout facteur susceptible de stimuler de la colère, de l’inquiétude et du pessimiste.
  • Participer à des groupes d’entraide et à des programmes de soutien
  • Se référer à un groupe de bénévoles EM/ SFC

Hygiène alimentaire

Une approche par le régime alimentaire peut également améliorer l’état du patient. Prôner une alimentation saine et équilibrée ne peut qu’apporter des effets bénéfiques à l’organisme et au psychique. Voici les recommandations qui y sont liées :

  • Eviter l’excès de certains aliments gras et/ou sucrés
  • Eviter la caféine
  • Préconiser des repas légers
  • Prendre suffisamment de produits laitiers
  • Réduire voire éliminer la consommation d’alcool
  • En cas d’intolérance alimentaire, préférer un régime de rotation plutôt qu’un régime d’exclusion
  • Prendre les compléments alimentaires recommandés (vit D, vit B 12, vit B6, vit C)
  • Prendre la quantité d’acides gras essentiels recommandée et les compléments associés (acide eicosapentaenoique, biotine, niacine, acide folique, sélénium, zinc, magnésium)
  • Les plantes médicinales et remèdes à base de plantes (menthe, gingembre, camomille)

À savoir ! Attention aux interactions de certaines plantes avec les médicaments prescrits. La mention « naturel » ne veut pas forcément dire sans danger !

Lina R., Journaliste Scientifique

– « Syndrome de fatigue chronique, encéphalomyélite myalgique ». AQEM. Consulté le 22 mars 2018.
– « Syndrome de fatigue chronique ». ASFC. Consulté le 22 mars 2018.
– Classification internationale des maladies. OMS. Consulté le 22 mars 2018.